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LA FRACTURE DU COTYLE, MÊME PAS À MON PIRE ENNEMI !

24 janvier 2018 par Thibaud Saint Bernard

Il fait trop froid pour courir ? Tu ne sais pas quelle paire de chaussures choisir pour ta saison 2018 ? Tu dois te faire faire des semelles pour soigner ta tendinite ? Oooh comme vous êtes mignons, toi et tes petits problèmes de bourg. Arrête de saouler tes collègues à la machine à café et écoute un peu le récit d’un coureur qui a vécu un vrai truc : une fracture du cotyle ! Dans cette interview Max nous raconte son « périple » de l’accident à la convalescence. Une histoire de cul, de rage et de courage.

Tout d’abord, Max, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

J’ai 29 ans dont 5 de running. J’ai couru mon premier semi en 2011 [1h31 dans le Beaujolais] et premier marathon l’année suivante [3h29 à Milan]. Et depuis ces deux événements, la course à pied était devenue une sorte de partenaire de vie, ma soupape de décompression.

30 petits points…

Maintenant, raconte-nous un peu ta mésaventure.

Juin 2017, sur les coups de 18h00, Paris, grand beau, le drame ! Tout commence comme un petit run de 40 minutes  sur mon circuit habituel avant d’aller au resto mais en réalité c’était le début d’un long périple… L’histoire est assez bête. J’ai pas bien regardé où je foutais les pieds et j’ai trébuché sur une déformation de la chaussée. En une seconde je me retrouve à terre, mon genou gauche remonté à mi-cuisse, en gros… j’ai la hanche dans le cul ! Là, je passe en mode survie, je pointe du doigt un passant et je lui dis : « toi appelles les pompiers !!! ». Je vous passe les pires 3 minutes de ma vie. À ce stade, je me dis dans ma tête : « OK, j’ai la hanche déboîtée, on va me la remettre en place et d’ici 3 heures je serai de retour dans mon lit ».

La douche froide ça été le diagnostique : fracture complexe du cotyle nécessitant une opération. Les mots du chirurgien ont étés « on voit plus généralement ce genre de fracture chez les défenestrés ou les accidentés de la route«  . Et là mon gars, j’ai compris que je rentrerai pas dormir chez moi ce soir !

Belles vis dans le pelvis

Comment on t’a remis sur pieds ?

Alors, pour résumer : 1 intervention chirurgicale de 4 heures 30, 2 jours d’observation, 1 plaque, 6 vis et 2 tiges dans le bassin, 30 points de sutures, et quelques suppos ! Ensuite un mois et demi d’hospitalisation et trois de rééduc, que j’aime encore aujourd’hui appeler : raie d’uc*.

*raie du cul (pour ceux qui auraient un doute)

La vie trouve toujours un chemin

Ha! Et quelle était ta journée type dans ce bien nommé centre de « raie d’uc » ?

Levé 7h00, biscotte-confiture devant Gulli (sans blague), un petit coup de BFM pour rester en prise avec le monde, puis douche, changement du pansement et j’enfile mes bats de contention. Petite bouffe dégueu au réfectoire avec Marie (20 ans – nécrose du fémur) et Josette (71 ans – 5ème déboitement de prothèse de hanche). Ensuite, séance de kiné et retour au lit juste à temps pour regarder l’arrivée de l’étape du Tour de France, mon petit plaisir de la journée.

« Petit cadeau de ma meuf »

C’est quoi le point positif que tu retiendras de tout ça ?

Le café-morphine de l’hôpital Cochin !  Ça me manque parfois. Je passais l’heure suivante à planer et à raconter ma vie à tout mon répertoire WhatsApp.

On dit qu’il faut remonter sur selle, quel est ton prochain objectif/challenge sportif ?

Réussir ma reconversion du running à la natation. Mais cela dit je m’interdis pas de signer un 10km en moins de 40 minutes dans les deux ans à venir !

Ça n’existe pas en comprimé ?!

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About Thibaud Saint Bernard

J'ai eu 7 au bac de français et 11 en course à pied. Être ici c'est une revanche sur la vie.

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