ITW TEVA : SA PREMIÈRE BACKYARD, EN QUÊTE DE PAIX

Le principe de la backyard est d’une simplicité diabolique : une boucle de 6,706 km à boucler en moins d’une heure. Au top départ de l’heure suivante, on repart. Et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un. Pas de ligne d’arrivée, pas de distance fixée, juste la question qui revient toutes les heures : « Je repars ou j’arrête ? ». Teva a tenté l’expérience sur une backyard confidentielle de la région parisienne, très loin des projecteurs. On l’a fait parler quelques jours après sa première fois.
La découverte
Comment tu as découvert la backyard ? C’était quoi ta première réaction en lisant le règlement ?
Ça fait quelques années que je m’y intéresse, mais il me semble que le déclencheur reste quand même les reportages que je regardais sur la Barkley. Pour le coup, c’est encore notre bon vieux Gary (aka Lazarus Lake) qui en est l’instigateur. Il faisait ça dans son jardin à l’époque, la clope au bec probablement. Il y a de ça 15 ans, déjà. Quand j’ai capté le principe, ça m’a tout de suite paru assez dingue. Surtout sans ligne d’arrivée, « last man standing » quoi. De ne pas avoir de distance finale prédéfinie, à part les 6,7 km que tu te dois d’accomplir dans l’heure. Cet aspect mental énorme, de le faire avec un crew à tes côtés tout du long. Je me suis dit que ça me correspondrait bien plus que n’importe quelle autre course « normale ».
NDLR : la Barkley, on en parlait déjà sur Jolie Foulée en novembre 2014. À l’époque, ça n’intéressait pas grand monde à part nous. Précurseurs, et pas peu fiers. (Re)lire : Barkley race, une course un peu dure.
Pourquoi cette backyard-là, plutôt qu’une course « normale » avec un départ, une arrivée et un tee-shirt finisher ?
C’est l'accessibilité du format qui m’a plu, honnêtement. Te permettre d’aller chercher plus que seulement un temps ou une distance. Mais plutôt de voir jusqu’où t’es capable de pousser dans la difficulté, que ce soit mentale, physique, émotionnelle, spirituelle. Une sorte de saut dans l’inconnu, finalement, un voyage. Et ça permet à certaines personnes d’aborder les kilomètres différemment, en ayant moins de pression. Tu peux évidemment te fixer un objectif, te dire que tu pars pour 3, 10, 24 h, ou tant de kilomètres. Peu importe. Au fond, tu ne sais jamais vraiment comment ton corps, mais surtout ta tête va réagir. Tu peux avoir l’impression d’être prêt et te faire écraser même pas deux boucles après le départ. Il n’est plus question d’âge, de genre, de physique, et ça remet les pendules à l’heure. Faut oublier son ego. Je peux comprendre que les gens aiment gratter des minutes sur marathon, des secondes sur 800, etc. Bon, des tee-shirts finisher, un peu moins ahahah. Mais là, c’est différent. C’est une course qui te ramène face à toi-même, à tes pensées (souvent restreignantes), et surtout face à des limites auto-imposées.
La backyard de Clemquicourt a fait beaucoup de bruit. La tienne, l’Endurance Backyard 95 à Taverny, c’est l’opposé : raconte-nous la différence d’ambiance, d’organisation, de public.
En tout cas, ça a l’air d’être un bon gars ce Clem. Pour le coup, tu peux difficilement faire plus exposé que sa course à lui, c’est clair. C’est à l’image de notre société actuelle : de rameuter un max de grosses têtes sur des lives, des events, forcément ça fait du buzz. Après, c’est cool, ça reste pour une asso, dans ce cas précis. Nous, dans le 95, c’était pas la même mayonnaise. J’ai récupéré mon dossard le vendredi à 13h pétantes, j’étais le premier. Le départ était à 17h avec un briefing de course 15 minutes avant. Tu vas coller ton petit nom sur l’immense affiche qui réunit tous les numéros de dossard de chacun, puis au fond t’espères être le dernier restant, une fois la course terminée. J’étais le numéro 329. Pour le coup, nous, on avait une potentielle « ligne d'arrivée », puisqu’ils avaient des autorisations pour 48h de course, donc jusqu’à dimanche soir si ça tenait. Le camp de base se faisait dans un grand gymnase, et on avait dû choisir notre emplacement au préalable : 3 m² à l’intérieur, ou 10 m² dehors. À cette période de l’année et dans cette zone géographique, disons que c’était un pari de monter notre barnum en extérieur. Mais super content de ce choix honnêtement, c’était parfait. Ça fait un paquet de monde quand tu prends 350 coureurs et leurs accompagnants, tous collés serrés dans un gymnase. L'organisation était au top tout comme l'ambiance. Ils savent ce qu’ils font, ils organisent déjà un gros trail qui s’appelle les 40 Bosses, je crois. Ça ne se prend pas la tête, ce n’est pas un défilé, les gens sont là pour kiffer et se challenger ensemble, tu le sens vraiment. Pour le public, c’était les proches des coureurs en grande partie et les bénévoles, évidemment. Puis t’as toujours des gens random qui se retrouvent là en promenant leur chien le vendredi soir. C’était marrant de les croiser, ils devaient se demander ce qu’on foutait là. Ils ont bien raison.
La prépa
Tu viens du CrossFit et de la musculation. Comment on passe de la barre olympique aux boucles de 6,7 km ?
En tant qu’ancien sportif de haut niveau en BMX Race, on comparait souvent notre course à un 400m haies. C’est une quarantaine de secondes d’effort, donc énormément de puissance, mais clairement pas un sport d’endurance. Tu pouvais presque faire un tour en apnée. Pour notre prépa, c’est vrai qu’on faisait évidemment beaucoup de musculation, qu’on est des profils plus « costauds » : plus lourds, plus forts, plus puissants. Des physiques de coureurs de 60-100m. Puis j’ai fait énormément de CrossFit aussi, après avoir arrêté le BMX, et là pour le coup ça me demandait de bosser sur d’autres filières. J'étais nul en course à pied, je n’aimais pas ça, et je voulais me challenger. Donc j’ai tenté le coup, sans objectif particulier. Tu te prends au jeu, tu découvres des aspects qui te correspondent mieux (le trail, en l’occurrence), puis tu deviens un peu plus assidu de jour en jour. Dans tous les sports que j’ai pratiqués, j’ai toujours adoré l’aspect technique, ou comment rendre un mouvement beau et efficient, à ta façon. Une belle foulée, un départ en BMX, un arraché en haltérophilie, c’est de l’art, c’est du style, et c’est très personnel. Je voulais m'approprier chacun des sports que je pratiquais, mais je n’ai jamais vraiment voulu être le meilleur. D’où l’attrait pour une course sans fin, en quelque sorte.
Qu’est-ce que ce background t’a apporté ? Et qu’est-ce qui t’a manqué ?
Ce que mon « background » m’a apporté : des kilos en trop. Ce qui m’a manqué : des kilos en moins. Blague à part, j’ai une carapace musculaire certes plus épaisse, mais qui me permet d’encaisser vachement plus aussi, je trouve. Après, vu que j’ai été restreint par un pépin physique, est-ce qu’à faible allure je me dois d’être plus léger ? C’est fort probable. Est-ce qu’au contraire, je dois courir plus vite, parce que ça me correspond mieux ? Le temps nous le dira ! Aussi, être en capacité de borner plus en prépa, sans devoir flirter avec les blessures. Mais ce n'était clairement pas la tête l’aspect limitant, au contraire.
Concrètement, ta prépa ressemblait à quoi : volume, séances, renfo, nutrition ?
Qu’on se le dise, tu te lances un peu dans l’inconnu sur une backyard. Du coup, je voulais être fort physiquement, pour que mon corps puisse encaisser la fatigue, l’impact à répétition. Mais je devais aussi être intelligent sur mon volume de course, et comment je l’amenais. J’essayais d’avoir une séance minimum par jour, que ce soit muscu ou run, avec un jour de repos dans la semaine. Je doublais souvent aussi, avec une séance sur piste dans la matinée et un renfo le soir par exemple. J’ai agrémenté mes semaines en fonction de la fatigue, de l’envie, je ne voulais pas de plan précis justement. Avec une cohérence logique. Si je me cassais les jambes au CrossFit le mardi soir, j’envoyais clairement pas un 10x1000 le lendemain matin ahah. J’ai fait pas mal de séances « test » aussi, que ce soit sur tapis, piste, même en trail, en reproduisant des boucles de 6,7 km et le temps de récup correspondant. Spoiler alert, tu cours toujours trop vite ! Mon objectif était de tourner en 48-52 min sur chaque loop, j’alternais course et marche. Ça m’a permis de comprendre l’effort à fournir, et d’être familier avec la distance. Pour la nutrition, rien de particulier, j’ai gardé une alimentation saine et variée jusqu’au jour J. Puis tu testes toujours des gels ou autres en séance, mais ce n’est clairement pas le plus important sur ce format-là.
Le mood : « To Find Peace »
Tu avais floqué ton tee-shirt « To Find Peace ». D’où vient cette phrase, et qu’est-ce que tu cherchais vraiment en t’inscrivant ?
En général, j’ai tendance à être dur avec moi-même. Comme si je n'en faisais jamais assez, tu vois. Alors, quand je me suis inscrit pour cette course, j’ai cherché à mettre des mots sur ce qui pourrait m’aider à accepter la douleur, l’adversité, l’inconnu. Et c’était de trouver la paix, assez simplement, finalement. À travers l’effort que je fournirais à ce moment-là. Sans objectif particulier, juste d’être fier de moi et d’avoir donné mon 100 %, peu importe les circonstances. Me dépasser, voir de quoi j’étais capable quand l’étau se resserre, et être entièrement présent pour profiter de ce moment qui m’appartient. Une manière de faire la paix avec moi-même. D’accepter que je n’étais plus un athlète de haut niveau dorénavant, mais que je pourrais continuer de me dépasser jusqu'à la fin de mes jours. Si je le souhaitais.
Est-ce que tu l’as trouvée, cette paix ? À quel moment ?
Je crois que c’est une question de point de vue, finalement. Lors de la boucle 6, vers 23h, j’ai appelé mon ami Zian. On s’était dit que je pourrais lui téléphoner à n’importe quel moment si besoin, même en pleine nuit. Je sentais que mon esprit divaguait à cause de la douleur, que j’avais perdu le fil de pourquoi j’étais là. Et pour moi, ça me paraissait trop tôt, bien trop tôt. J’ai commencé à souffrir d’une douleur au genou à partir du loop 3, qui n’a fait qu’empirer, et on faisait un peu l’état des lieux sur ce qui me traversait l’esprit à ce moment-là. J’étais lucide, en pleine forme, mais bloqué par ce genou qui ne voulait pas me lâcher. J’avais l’impression de laisser tomber tout le monde, parce que je savais que je ne pourrais plus marcher arrivé à un certain point. Et comme Zian a su me le dire, finalement : « Est-ce que ce n’est pas ça, trouver la paix ? » Faire avec les circonstances du jour et donner mon 100 %, avec ce que j’avais en stock. J’étais parti dans l’objectif de mettre un pied devant l’autre le plus longtemps possible, et c’est tout ce que j’avais à faire. Cette course, je la faisais pour moi. Alors oui, je l’ai trouvée, à partir du moment où j’ai lâché prise sur ce que je ne contrôlais pas.







Attentes vs réalité
Avant le départ, tu te voyais tenir combien de boucles ? Tu avais un objectif secret ?
Justement, ça a été tout le combat mental d’avant-course ! De ne pas me cantonner à une distance, ni même à un nombre d’heures. De ne pas me fixer d’objectif précis, juste un pas après l'autre. C’était comme ça que je voyais la chose, je voulais que ça corresponde à mon approche, de vouloir me dépasser. Ma plus longue course jusqu’alors était la SaintExpress, que j’ai courue y a quasi 1 an maintenant, 45 km. En backyard, 45 km, c’est 7h de course ! T’as le temps de les voir venir, et à la fois, tu ne sais pas à quoi t’attendre. Donc évidemment que tu rêves d’être le dernier debout, mais fallait surtout que je sois réaliste pour une première. J’avais pas d’objectif secret, je voyais plutôt la course par paliers : dépasser mon record de distance (+ de 45 km), puis aller chercher 100 km (15h), ensuite 24h (100 miles / 160 km), et ainsi de suite. On le sait tous, rien ne se passe jamais comme prévu, et c’est ce qui fait la beauté de ces courses.
Raconte-nous la course : le début, le moment où ça bascule, le moment le plus dur.
Première boucle, tu te mets en route, tu te familiarises avec le tracé. Aussi, vu qu’il y avait beaucoup de monde au début, tu pars en décalé, le temps qu'on passe tous la ligne de départ, j’avais déjà facile une minute de retard. Et je ne voulais pas être devant, je voulais prendre mon temps, gérer ma course. Ça me permettait de me placer, de comprendre la boucle, de savoir où je marcherais, où je pourrais accélérer. Et puis de voir les gens avec qui tu cours aussi, c’est sympa. Même si j’étais dans mon monde, j’observais beaucoup les coureurs, et j’avais capté assez vite avec qui je partagerais la plupart de ces kilomètres. Après, ça bascule trop tôt malheureusement, puisque les douleurs au genou gauche arrivent dans le loop 3. J’avais déjà eu ce genre de pépin il y a quelques années de ça et j’étais conscient que ce serait un vrai problème. Je commence à prévenir les gars que c’est la merde, mais je ne me décourage pas pour autant, et j’y retourne. Puis le pic de douleur au loop 6, c’est là où je décide de prendre un médoc. Dernier recours. Ça me fait du bien sur 2 tours, puis la gêne revient de plus belle. Je sais que ça se finira comme ça, à cause du genou, mais je l’accepte. C’est le début de la nuit, et j’espère voir le lever du soleil.
Comment tu as géré la douleur ?
Au début, tu espères que ça passe. Tu te dis que ton corps va prendre le dessus et que ça va aller. Mais là, en l’occurrence, j’ai vite compris que c’était « mécanique », et que je ne pourrais pas faire grand-chose. Alors tu compenses, tu marches dès que tu peux, tu essayes de comprendre sous quel angle poser le pied pour rendre chaque pas moins douloureux. Parfois tu capitules, ça te rend fou, puis miraculeusement la douleur disparaît un instant, tu te remets à espérer. Mais tu continues toujours d’avancer, parce que t’es pas le seul et que tout le monde est dans le même bateau. Tout le monde cherche à cacher la douleur, certains mieux que d’autres. T’as pas d’autre choix que de faire avec.
Le moment où tu t’arrêtes : c’est ta tête ou ton corps qui a tranché ?
C’est le genou qui lâche. Sur le loop 11, je ne suis plus en capacité de courir, mais j'essaye de garder un rythme pour arriver sous l'heure. À ce moment-là, je me retrouve avec 2 autres coureurs, une femme et un gars. Le mec souffre d’une douleur lui aussi depuis un bon moment, elle en a juste sa claque, surchargée mentalement par son taff, de ce qu’elle m’explique. Je lui demande bêtement de me prêter ses jambes, parce que tout ce que je veux, moi, c’est de continuer. Le mental est là, c’est le corps qui cède. Tu te rends compte qu’on mène tous notre propre combat, c’est très personnel. Je rentre en 58 minutes et quelques sur ce loop, et je repars pour un tour d’honneur dans la foulée, sachant que la balade sera longue et que ma course s’arrêtera là. DNF, 12h13 et 81 km plus tard. (La course se gagnera en 33h).
L’assistance et la stratégie
Qui était dans ton assistance, et quel était leur rôle ?
Au final, les gars étaient 3 avec moi. J’ai eu la chance d’avoir le soutien de mes amis Alex et Axel de Rematch, qui m’ont fourni tout le matos nécessaire pour le « campement ». J’avais l’impression d’être sur une base de l’armée américaine ahahah. C’était une pression en moins, puisqu'Alex habitait à 20 minutes, donc vraiment pratique. Un de mes meilleurs amis, Tom, est venu de Dijon juste pour ça, en grand chef. Et notre invité surprise, mais pas des moindres, Rémy T, qui s’est chauffé à passer la nuit ici pour nous aider, et immortaliser ce beau moment ! (Tout ça en ayant un shooting le samedi matin à 7h…). Axel devait, lui, arriver à 6h le samedi, il n'a malheureusement pas eu besoin de se lever. Leurs rôles, c’était de me rendre la vie facile : de me faire à manger (et de me forcer, aussi), me dire quoi prendre pour repartir, de faire en sorte que je ne manque de rien, que je n’oublie rien. De checker si j’avais besoin de me changer, ultra important en backyard. Puis me soigner/masser si nécessaire. Le soutien moral aussi, sans équivoque. Et ils ont kiffé l’expérience, donc je ne pouvais pas espérer mieux. Même si Rémy préférerait une période un peu plus chaude, je me doute ahahah.
NDLR : Rematch, ce sont aussi nos potes de la collab Buff x Rematch x Jolie Foulée, toujours dispo à la vente ici. Barnum et lit de camp non fournis.
Ton setup entre deux boucles : chaise, bouffe, changement de matos, musique ?
Je passe la ligne d’arrivée, je traverse ce foutu gymnase, puis j’arrive dans la tente. Là, les gars ont déjà tout prévu, donc je ferme ma gueule, je m’assois dans une chaise de camping, je pose mes jambes sur la table (et non pas sous), et j’essaye d’engloutir un max de nourriture solide. Pendant ce temps, ils remettent mes écouteurs en charge, me demandent si j’ai besoin de me changer, comment ça va. Puis je m’allonge, si nécessaire, sur le lit de camp, pour me faire masser. Le temps passe vite, les minutes défilent, il est déjà l'heure de remettre de la crème anti-frottement et de me diriger vers la ligne de départ. Un loop avec une gourde d’eau, un loop avec électrolytes. Et toujours des gels/barres sur moi si nécessaire. Je n’ai jamais changé de chaussettes sur les 12h de course, j’ai investi dans des toe-socks, c’est absolument incroyable. Musique tout du long, alors que je ne cours jamais avec quand je m’entraîne. Comme quoi.
Ta stratégie : courir vite pour récupérer plus longtemps, ou trottiner pour arriver pile à l’heure ?
Je me suis fié à un coureur que j’aime beaucoup, qui conseillait de tourner autour des 48-52 minutes. Ce n’est pas le seul à adopter ce style de pacing, et je pense que c’est cohérent avec mon profil. Ça te laisse le temps de récupérer un minimum. Tu peux toujours accélérer le rythme si tu en ressens le besoin, si jamais tu dois rentrer plus tôt sur le camp, peu importe la raison. Pour l’instant, je ne sais pas si c’est la bonne solution. On verra avec le temps et l’expérience ! T’avais des gars qui couraient vraiment « fort » par contre, probablement des habitués. Du coup, ils avaient bien plus de récup. Est-ce que ça a marché pour eux sur le long terme ? Bonne question. Mais je leur laisse bien ahah.
L’avenir
Avec un peu de recul : fierté, frustration, ou un peu des deux ?
Super fier, franchement, parce que je suis allé au bout de la douleur, je ne pouvais pas faire mieux. Ça me paraissait tellement mal embarqué qu’être capable de pousser jusqu’à 12h, c’était vraiment inespéré. Puis évidemment, c’est frustrant d’être restreint par un pépin « physique », mais ça, je n’ai pas le contrôle dessus ! J’ai très vite oublié cet aspect, j’ai surtout hâte de la prochaine. Donc heureux oui, vraiment.
Tu y retournes ? Sur la même, ou tu vises plus gros ? Et qu’est-ce que tu changerais ?
100 % ! Sur le même principe je pense, le format backyard ça me plaît, c’est ma came. Mais ça m’a remis le pied à l’étrier pour des courses typées trail aussi. Comme si je venais de casser une barrière psychologique, finalement. J’ai toujours voulu y aller crescendo, donc je vais continuer comme ça et on verra où ça peut me mener. Sur la course, ce que je changerais, c’est mon approche du temps de récupération. De m’organiser au préalable pour que les gars sachent quoi faire, qu’ils aient toutes les infos nécessaires pour que ça roule comme sur des roulettes. Sinon tu perds des minutes bêtement, mais ça reste purement organisationnel. Y aura toujours des imprévus, faut juste être préparé au mieux pour y faire face. En tout cas, ma team, je ne la changerais pour rien au monde ! C’est un vrai travail d’équipe la backyard, à ne jamais oublier. Sans eux, impossible de pousser aussi loin. Ce partage-là, c’est ce qui fait tout.
Le mot de la fin : la backyard en une phrase ?
To Find Peace.












Photos : l'assistance de Teva, et notamment Rematch (@rematchrematch).