INTERVIEW ON SQUAD RACE LOS ANGELES : JOLIE FOULÉE EN BRONZE !

Il y a quelques semaines, à Barcelone, Emma, Emilie, Zian et Flavien avaient réussi l’impensable : qualifier une équipe Jolie Foulée pour la World Finale de la On Squad Race à Los Angeles. Rien que ça, c’était déjà un hold-up.
Fin septembre, nos quatre relayeurs ont donc posé leurs valises en Californie pour affronter les meilleures équipes de la planète. Le scénario était parfait : en tête aux relais 2 et 3, une avance confortable, et la perspective d’un titre mondial. Puis la dernière ligne droite est arrivée, et avec elle la façon la plus untalented possible de finir une course : avalés à 100 mètres de l’arrivée. Résultat, une médaille de bronze, la première de Jolie Foulée au niveau international, et ce bien avant LA 2028.
Mais comme souvent, ce voyage a offert bien plus que du lactique et une médaille : des sessions de surf, des chutes à vélo, un karaoké douteux et une after party dont on ne saura jamais tout. Pour nous raconter tout ça, on a repris le format de Barcelone et tendu le micro à Emilie et Flavien.
De Barcelone à Los Angeles
Entre Barcelone et LA, vous l’avez préparé comment, ce voyage ? Et dans la valise, l’objet indispensable et celui qui n’a servi à rien ?
Emilie : Comme je viens de l’athlé et que c’est là que je cherche vraiment à performer, j’ai juste continué à m’entraîner et à dérouler ma saison comme elle était lancée. Je savais qu’en septembre je partais à LA, mais c’est seulement 3 ou 4 jours avant que je me suis dit : « Purée, dans 3 jours je suis à LA ! » Et plus ça approchait, plus j’étais excitée. Mon indispensable, c’était mon maillot de bain : il fallait absolument que je me baigne au moins une fois dans le Pacifique. Le truc inutile, c’était toutes les affaires que j’avais prises pour travailler mes cours…
Flavien : Honnêtement, je n’y ai pas trop pensé, parce que j’avais peur que l’attente soit trop longue. Aucune pression : l’objectif, c’était de kiffer Los Angeles à 100 %, on n’était pas là pour la course. Matos obligatoire : les Cloudsoma Moc !


Premier pas à Los Angeles : ça ressemblait à ce que vous imaginiez ?
Emilie : C’était ma première fois aux États-Unis, et j’avais du mal à réaliser que j’y étais pour de vrai. Mais en sortant de l’aéroport, j’ai tout de suite compris que les Américains voient toujours les choses en grand !
Flavien : Comme dans un jeu vidéo ! Je n’ai jamais joué à GTA, mais apparemment tout était identique. Petite claque pour se dire : « Ça y est, cette fois c’est réel, on y est. »
Surf, friperies et équipes rivales
La course a duré quelques minutes, le séjour un peu plus. Votre meilleur souvenir en dehors du chrono ?
Emilie : Vraiment tous ! C’est beaucoup trop dur d’en choisir un seul. Les balades à pied et à vélo sur Venice Beach (on notera au passage la perte d’aura de Zian, qui a voulu faire un dérapage devant les filles et a fini à moitié par terre), les rues à la recherche de friperies, le run bien trop lent avec toutes les autres équipes, notre session de surf, le manège de Santa Monica, ou encore l’observatoire avec vue sur le Hollywood Sign. Je m’arrête là, sinon je vais détailler chaque seconde du voyage et ça va être beaucoup trop long…
Flavien : Le choix est dur. J’hésite entre notre after party chez un mec random, dans un appart random d’un quartier chic de LA, et ma toute première vague de surf, ici, à Los Angeles, sur une planche Barbie. Merci Emilie pour le prêt.
Face aux meilleures équipes du monde, qui vous a le plus bluffés ? Et vous vous êtes fait des copains ?
Emilie : L’équipe des Pays-Bas, qui a fini par gagner, était assez impressionnante. Une des filles avait d’ailleurs couru les mêmes Championnats d’Europe U20 que moi en 2025. Elle sur 400 m, moi sur 3000 m steeple : pas besoin de vous faire un schéma pour savoir qui est la plus rapide. Avant la course, il n’y avait pas tant de discussions que ça, chaque équipe restait entre soi. C’est après la finale que tout s’est ouvert : les gens se félicitaient, s’intéressaient à la discipline de chacun… Mais je crois qu’en réalité, ils voulaient surtout savoir si on comptait faire la fête.
Flavien : L’équipe gagnante était vraiment forte, avec que des coureurs internationaux. On a sympathisé avec l’équipe qui avait fini deuxième de la demi-finale de LA, courue juste avant nous. Les autres étaient beaucoup trop concentrés pour faire du social, alors on s’est mis dans notre bulle nous aussi.

La finale On Squad Race : tout près du hold-up !
En tête aux relais 2 et 3, avec une petite avance. Vous vous êtes dit quoi à ce moment-là ?
Emilie : Je voyais qu’on avait pris pas mal d’avance et je me suis dit qu’on pouvait peut-être gagner. Mais j’en étais un peu moins sûre qu’à Barcelone, parce que la boucle était deux fois plus longue !
Flavien : Au début, j’avoue qu’avec Emma, on avait un peu la flemme. C’était une ambiance hyper compète, comme si on était à un championnat de France (une époque révolue, surtout pour Emma depuis qu’elle est influenceuse). Quand j’ai vu Zian sortir en tête, je n’étais pas surpris, c’était cohérent avec notre stratégie. Mais quand j’ai vu l’avance d’Emma, j’ai vraiment eu l’espoir qu’on allait refaire un hold-up.
Et puis il y a cette dernière ligne droite… Racontez-nous.
Emilie : Je me suis fait doubler juste avant le dernier virage qui remonte vers la ligne. J’étais vraiment dégoûtée, parce que dans la montée, j’avais l’impression que l’écart restait le même jusqu’au bout.
Flavien : Quand j’ai vu Emilie se faire doubler, je n’ai même pas été déçu. Juste le fait d’avoir touché la victoire du bout des doigts, c’était déjà beaucoup trop beau par rapport à nos attentes. J’en ai perdu mes cordes vocales.

Troisièmes mondiaux, mais repris sur la fin. Plutôt fiers ou plutôt frustrés ? Et vous êtes redescendus quand ?
Emilie : Un mélange des deux ! Déjà à Barcelone, je ne m’attendais ni à ce qu’on gagne, ni à ce qu’on aille à LA. Et là, c’était un peu pareil : on avait du mal à savoir de quelle équipe se méfier et où on se situait par rapport aux autres. Donc hyper fière de nous, parce qu’on était tous heureux d’être là et qu’on s’est tous donnés à fond. Et un peu frustrée aussi, c’est le côté compétitif qui ressort : on est tous les quatre athlètes avant tout ! Pour moi, c’est vite redescendu. J’étais déjà nostalgique, et triste de savoir que c’était fini.
Flavien : Je suis tellement fier de mon équipe. On avait zéro ambition, on était les untalented de la compétition, et c’est rare pour nous de se retrouver dans cette posture. L’objectif, c’était juste de se qualifier pour LA. Une fois sur place, la course à pied était le cadet de nos soucis. Alors on a savouré chaque seconde de bonheur aux avant-postes, avant de se faire manger par les fusées. Et on n’est jamais vraiment redescendus : sur le chemin du retour, Zian a dégainé l’enceinte, et l’épreuve suivante, l’after party, on l’a remportée haut la main. Mais tout ce qui s’est passé à LA reste à LA.
Portraits croisés, médiocrités et suite de la saison
Petite remise de prix entre vous : une récompense pour chacun de vos coéquipiers.
Emilie : Emma, c’est la stressée du groupe, et surtout ma grande sœur du voyage. Flav, le petit fouineur : il demandait leurs perfs et leurs records à tout le monde avant la course. Et Zian, le plus drôle et le plus extraverti du groupe, mais surtout le plus nul en anglais (ça n’étonnera personne). Son « My name is Zaïan » m’a achevée.
Flavien : Zian, l’indispensable animateur de colo et aventurier. Emma, la tiktokeuse controversée. Et Emilie, la mimi pleureuse : elle a pleuré plus de fois qu’on a passé de jours là-bas.
Untalented runners oblige : votre plus belle médiocrité du voyage ?
Emilie : Facile ! Le matin même du départ, je tombe pendant mon footing, sur du plat, sans aucune difficulté, et je m’ouvre la main. Ça commençait bien. Et une fois là-bas, en tournant une séquence vidéo, je refais exactement la même chute, sur la même main. Le move le plus untalented que je pouvais faire !
Flavien : Le karaoké à Santa Monica. Je ne suis définitivement pas né chanteur.
Et maintenant, c’est quoi la suite ?
Emilie : Continuer à construire une bonne base d’entraînement, avec un mois de stage à Font-Romeu, pour faire un premier point sur ma rentrée au 10 km de Bordeaux le 8 novembre. Ensuite, le cross de sélection pour les Championnats d’Europe de cross le 22 novembre. Et plus globalement cet hiver : passer un cap sur la route en améliorant nettement mes records sur 5 et 10 km, et m’amuser en allant chercher la meilleure place possible aux championnats de France de cross.
Flavien : Cap sur mon premier semi, au pays de la pizza, pour faire tomber le record JF. Pour le reste, on verra avec l’envie.
Merci à Emilie et Flavien pour leurs réponses, à Emma et Zian pour avoir porté nos couleurs jusqu’aux USA, et à On pour cette ride californienne. Rendez-vous à LA 2028 !









































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