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COURIR IVRE: UNE VRAIE BONNE IDÉE?

4 septembre 2014 par Jérémie Roturier


Courir procure de l’ivresse, tout le monde le sait. Ce que tout le monde sait moins, c’est que l’ivresse peut aussi donner envie de courir. Si vous êtes les rois de la piste chaussés de pointes comme de mocassins à gland,  alors vous aurez très certainement eu un beau jour la brillante idée de courir ivre. Comme nous. Courses le dimanche matin, blessures douloureuses ou lendemains de soirée difficiles, ce ne sont pas les prétextes qui manquent pour prendre les jambes à son cou, l’alcool dans le sang. Une bonne bouteille de Muscador à vos côtés, embarquez pour un tour du propriétaire des bénéfices et maléfices du combo alcool-course à pied.
 

L’alcool, le meilleur ami des runners

1/ « Rien à foutre de la douleur, un peu de whisky et je ne sentirai plus rien! »

L’orteil tout bleu, la mort dans l’âme, vous venez de vous fracturer le quatrième métatarse du gros doigt de pied en frappant de rage dans votre chien. Ce n’est pas l’état du pauvre animal qui vous tourmente, mais plutôt votre forfait certain pour la course de Dimanche prochain. Vous aviez un chrono à faire tomber, et pas question de se taper la messe à la télé. Enfilez-vous trois mignonettes de Whisky juste avant le départ et la douleur sera anesthésiée.
Les 10km  vous semblent en représenter 70, mais vous parvenez en rampant jusqu’à la ligne d’arrivée. Au diable les conseils du médecin, vous l’avez fait! Au programme maintenant: 6 mois d’arrêt.

2/ « C’est pas une petite gueule de bois qui va m’empêcher de faire dix bornes »

6h du matin, vous ouvrez la porte du frigo pour choper le jus de fruits. Il y a seulement une heure de cela vous étiez en train de vous siffler des shooters de téquila avec des inconnus rencontrés lors de cette soirée trop arrosée. Le réveil sonne à 13h, vous émergez péniblement. Vous vous souvenez alors que vous êtes inscrits à ce cross qu’il ne faut pas manquer et pour lequel vous êtes partis en week-end loin de votre canapé. Tant pis, vous en avez vu d’autres et puis en 45 min ce sera plié.  Les cannes sont bonnes au départ, vous fanfaronnez pendant trois kilomètres. Et soudain, le trou noir. Vomi, chute, vomi, marche, dernière place. Crucifié. Mais vous y allez au mental et remontez cinq quinquagénaires dans le finish. L’honneur est sauf.
Prix Nobel

 

















3/ « Pas besoin de perdre du temps au ravitaillement, j’ai bien assez bu! »

Comme le dirait ce cher Maxence Rigottier, « l’astuce pour doubler plein de coureurs c’est de ne pas s’arrêter dans les montées ». Ne pouvant raisonnablement pas être en désaccord avec cette réflexion philosophique, nous extrapolons cette stratégie lors des ravitaillements. La veille de la course, buvez jusqu’à ce que la simple vision d’un gobelet vous donne envie de rendre. À coup sûr, vous ne vous arrêterez pas au ravito et laisserez la boisson à ceux qui veulent perdre du temps.

4/ « Mon coeur je vais courir, je me sentirai mieux après »

Depuis que vous êtes levés, c’est la jungle urbaine dans votre cerveau. Le pâté a touché la boîte et, peu lucide, vous venez d’envoyer un message à tout votre répertoire pour annoncer que vous organisez ce soir une fête dans votre 35 mètres carrés. Il s’agit maintenant d’assurer. Pour cela, vous tenez la parade. C’est parti pour une heure de running. Dès le départ vous transpirez le Cuba Libre de la veille. Vous manquez de vous écrouler au bout de 400m, mais cela vous confère un avantage certain. Personne ne vous approche dans un rayon de 50m. Vous vous arrêtez marcher une quinzaine de fois, mais parvenez au bout de vos peines. La soirée peut commencer.
Des épaves

 

L’alcool, ce fléau

5/ « Putain, j’avance pas. Il y a même un type en Converse qui m’a doublé! »

Et oui, le vent sur votre crâne chauve, le bruit des pavés sous vos souliers, le paysage qui défile, tout cela n’est que vague illusion. Vous arrivez au bout du premier kilomètre, et vous entendez la voix suave de votre super appli de running qui annonce « allure moyenne, six min-utes, vingte – tois se-condes par ki-lomètre ». Chienne de vie, vous qui pensiez taper les 4min au kilo… Vous prenez un véritable coup derrière la tête en voyant un type rondouillet en Kalenji et Chuck Taylor aux panards vous dépasser. Le carnage s’arrêtera là. Vous supprimez le run de la honte de votre application. L’affront doit rester secret.

6/ « J’ai plus une thune, j’ai encore lâché 140€ en discothèque hier soir »

C’est mort pour la 4398è Pasta Running Party avec tous vos potos de la Runnosphère. La soirée s’annonçait magique, avec la team Gémo qui venait présenter ses dernières innovations. Et sur les Grands Boulevards en plus! Mais bon 18€ c’est trop reuch. Tout votre oseille est parti dans la bouteille. Boire ou courir, il faut choisir.

Chacun son sport

 








 

 

 

 

 

 

 

7/ « De toutes façons j’arrête de boire, c’est mauvais pour la santé! »

Rien à rajouter. Se bourrer la gueule, c’est vraiment un truc de sales cons. Ça bousille la santé et ça empêche de se maîtriser.

 8/ « Mais, mon fils, tu es ivre? »

Ce n’était définitivement pas une bonne idée d’accepter d’aller courir avec vos parents. Certes rien ne vaut un petit jogging en famille. Rien, sauf la soirée d’anniversaire de votre meilleur pote Ludovic que vous n’avez pas vu depuis huit mois. Ludo c’est votre poto rigolo qui est parti travailler en Australie. Comme ça s’est mal passé, il n’a pas trouvé de boulot et il s’est fait expulser du pays pour avoir pissé saoûl dans la rue, il est rentré au bout d’un mois et demi. Mais ça il ne faut pas lui en parler, ça le vexe. Du coup pour ne pas perdre la face devant l’enthousiasme de votre maman, vous chaussez votre collant saillant et vos running pour aller cavaler en ce beau dimanche ensoleillé. Après deux kilomètres, vous ne pouvez plus vous retenir. Tout ressort. Les excès de multifruits et de coquillettes se retrouvent dans une flaque high level, sur les New Balance que vous aviez offert à votre mère pour Noël. C’en est trop, le fossé fera un lit parfait.

 




















Vous l’aurez compris, si nous avons décidé d’écrire un tel article, c’est avant-tout pour vous aider. En tant que pratiquants sérieux de la course à pied, nous avons exclu la moindre goutte d’alcool de notre régime alimentaire. Même les Mon Chéri sont interdits pour Noël. Et ça, c’est pas facile.
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About Jérémie Roturier

Sportshaolic & writing junkie.

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