Athens Marathon

ATHENS AUTHENTIC MARATHON : 42KM DE TROP

27 novembre 2016 par Jérémie Roturier

Il y a ceux qui se sont dépucelés avec la première personne entreprenante venue, et ceux qui préfèrent attendre de choper la fille la plus bonne du lycée. Pour le marathon c’est la même chose. Il y a courir son premier marathon à Paris, Londres ou à Berlin, des courses plates sur lesquelles tout le monde peut facilement passer. Et il y a attendre de pouvoir pénétrer le marathon d’Athènes, le tout premier 42km de l’histoire, aux formes généreuses avec ses 20km de montée. Ceux qui mesurent le succès de la conquête au temps de l’ébat n’ont rien compris. Quand la course originelle nous couche, tout ce qui compte c’est de réussir à se relever. Surtout pour son dépucelage.

Après trois mois de préparation sérieuse, Adrien, Jérémie et Kevin se retrouvent enfin au pied de l’Acropole pour partir à la conquête du parcours emprunté par le regretté Philippides 2506 ans plus tôt. Un peu plus prévoyant, ils ont préféré aux sandales, toges et casques jugés trop encombrants, les produits derniers cris des meilleures marques de course à pied. Si la veille de course s’est révélée bien plus agréable que la course en elle-même, avec la visite pas guidée des sites abandonnées des Jeux Olympiques 2004, nous la raconterons dans un nouvel épisode du Guide du Routier. On va faire les choses proprement.

Comme dans les grands magazines de running et les meilleurs blogs, Adrien, Jérémie et Kevin témoignent avec un super style d’écriture pour vous faire vivre le Athens Authentic Marathon de l’intérieur.

« Athènes Ben Arfa »

Il a fallu qu’on se lève à 4h30 du matin pour aller trois fois chacun aux toilettes. On a dû se dépêcher pour arriver à l’heure au rendez-vous pour prendre les navettes à 6h15 et se farcir une heure de route jusqu’à la ville de marathon. Même qu’une jolie fille est venue s’asseoir à côté d’Adrien, la chance. Jérémie lui a dû supporter Kevin pendant tout le trajet. La descente du bus restera un moment chargé d’émotions. Il y a tout le monde qui court dans le champ d’oliviers de l’autre côté de la route pour asperger les arbres. On a pensé à ce moment-là qu’on n’achèterait plus jamais  d’huile d’olive grecque. On a croisé un groupe d’athlètes serbes sur le chemin pour aller à la zone de départ située dans le stade olympique de Marathon. Ils étaient bizarres. Ils avaient des gueules de gens qui ont fait la fête jusqu’à 6h du matin. Et ils fumaient des cigarettes avant la course. On s’est dit que finalement ils allaient encore plus en chier que nous.
Du coup ça nous a fait penser qu’il fallait qu’on aille se décharger de la pression. On était habillé avec des sacs poubelles bizarres, et on savait pas trop s’il fallait mieux aller poser une pêche dans le fossé du verger, ou devoir aller dans les toilettes en plastique disposés tout autour de la piste. Ils auraient pu organiser un 400m laxatif, ça aurait été rigolo. On a choisi les waters, mais c’était pas une bonne idée parce-que c’était vraiment infect à l’intérieur. On a failli vomir.

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« À vos marques. Pas prêt… Partez ! »

À un moment donné on n’avait plus le choix, on a dû aller sur la ligne de départ. Adrien et Jérémie étaient dans le bloc 4, Kevin lui est allé dans le bloc 9. Pépère. On savait qu’il y avait 20km de montée sur ce parcours. Du coup ben on avait un peu peur. Le début de la course était fastoche. On a couru dans la ville de Marathon, à une bonne allure, et puis ça a commencé à grimper mais ça allait. On gérait, on maintenait une allure régulière, on faisait des doigts d’honneur aux gros connards qui couraient avec des sacs à dos qui faisaient de la musique. Ça nous cassait les oreilles. Et puis tout d’un coup, et bien ça a été moins marrant. Jérémie a commencé à avoir des crampes au km 19. Il l’a dit à Adrien alors qu’ils couraient ensemble. Et puis au km 21 il a dû s’arrêter car il ne pouvait plus bouger. Il était crucifié comme il aime bien dire. Il s’est étiré, mais il savait que ça ne passerait pas vraiment. Il a dû ensuite s’arrêter tous les 800m jusqu’à la fin de la course. Il avait envie de pleurer car ça lui faisait très mal. Et même que trois fois il était allongé par terre car ses jambes étaient complètement perclues de crampes, et des spectateurs qui étaient gentils l’ont aidé pour lui étirer les jambes. Ça l’a beaucoup énervé parce-qu’il voulait vraiment pouvoir courir jusqu’à la ligne d’arrivée. Il a terminé en 4h07 et il n’avait pas l’air d’avoir très bien compris le concept des photos parce-qu’au lieu de sourire il faisait des grimaces. Kevin lui il a dégusté aussi. Au km 20 ses genoux lui ont fait mal. Il a dû aller trop de fois chez Norauto car il disait qu’il avait le syndrome de l’essuie-glace. Ça a été un calvaire jusqu’à la fin de la course pour lui aussi. Mais on dirait qu’il a eu le temps de regarder le paysage car il a dit qu’il avait vu la mer depuis le sommet d’une montée. Et aussi il faut surtout pas lui proposer d’aller en vacances à la montagne car il a avoué qu’il en pouvait plus des montées et que les gens étaient cons de construire des routes comme ça qui grimpent pendant 20 km. Bon Adrien on ne peut pas trop se moquer de lui par contre. Tout  s’est passé comme prévu il paraît. Il s’est juste arrêté une fois après le premier kilomètre pour faire pipi sur le bord de la route, et quand Jérémie a eu des crampes, il a continué tout seul. Il a couru normalement, comme un grand, et est entré dans le stade panathénaïque avant ses copains. Il a couru pendant 3h50. Mais il était quand même fatigué à la fin. Il a battu son record de plus d’une demi-heure, c’est beaucoup.

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« La médaille se porte autour des couilles, pas autour du cou. »

Le marathon d’Athènes restera pour l’éternité le marathon originel. Le parcours immaculé suffit à la légende, magnifiée par l’arrivée dans le stade qui accueillait autrefois des courses de char, les premiers Jeux Olympiques, et les fans grecs venus célébrer la victoire de leur équipe nationale lors de l’Euro 2004. Mais il restera aussi extrêmement difficile avec ses 20 km de montée. Rien n’est plus beau que cette course pour faire son premier marathon. Mais on a retenu la leçon. Maintenant qu’on est dépucelé, la prochaine fois, on en choisira un plat. Déjà marre des formes.

 

About Jérémie Roturier

Sportshaolic & writing junkie.

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