UTMB 2026 : l'ultra interview

Malgré une météo dégueulasse (et donc une excuse toute trouvée pour contre-performer cette année sur l'UTMB et la CCC), nos 3 ultras, Romain, Jeremy et Kévin sont allés au bout. Au bout d'eux mêmes. Déjouant tous les pronostics de DNF au sein de la rédaction. Bons perdants, nous leur avons laissé quelques jours pour savourer leurs exploits et réapprendre à marcher correctement avant de recueillir, à froid, leurs sensations, leurs galères et leurs retours d'expérience.
ROMAIN, finisher de l'UTMB en 37h11
Combien de temps et comment t’es-tu entraîné pour ce bourbier ?
Pendant un certain temps, un grand coureur (Jean Pourrat) avait comme bio Strava « je cours toujours mais je ne m’entraîne jamais ». C’était ma philosophie ces derniers mois. Je n’ai pas voulu de plan d’entraînement pour ne pas avoir la sensation d’être contraint ou de devoir quelque chose à quelqu’un. Je voulais avoir la liberté de juste aller courir et laisser mes sentiments décider de si j’en faisais trop ou pas assez. Le résultat, c’est que je n’ai jamais autant passé de temps dehors et dans les baskets. Pour faire court, je courais tous les midis pendant la pause dej et j’allais deux fois en montagne le week-end, selon l’humeur, la forme, la motivation. J’ai aussi arrêté de porter une montre et c’est super. Je la mets juste en course pour les rappels nutrition.
Au sein de la rédaction Jolie Foulée, on te surnomme La Teigne. Est-ce que tu penses que c’est ta ténacité qui t’a permis de finir du premier coup la distance reine de l’UTMB ?
Il doit forcément y avoir une part de persévérance pour aller au bout de ces distances, mais tout s’est tellement bien passé sur cette course que finir était une évidence.
Quel restera ton pire moment dans la course ?
La chiasse ! 6 fois entre le Mont Favre et La Fouly. J’ai encore le cul qui pique.
Qu’est-ce qui a été plus facile que tu ne le pensais ?
Rien n’a été facile, on ne va pas se mentir. Par contre, j’ai été super lucide, éveillé pendant toute la course. Peu de faux pas, jamais endormi et hyper discipliné sur la nutrition. Je ne me suis jamais battu avec ma frontale ou paniqué quand les pieds font mal. En mode force tranquille.
Si tu pouvais retourner dans le passé, qu’est-ce que tu ferais différemment ?
Je crois que j’ai trop voulu faire du jus avant la course. Je n’ai quasiment pas couru les 10 jours avant et c’était une mauvaise idée, car les sensations durant les 30 premiers kilomètres n’étaient pas les meilleures. Ça m’a pris un peu de temps à rentrer dedans.
Étant employé chez On, on sait déjà quelle est ta marque préférée, mais peux-tu nous dire quel est l’équipement que tu as trouvé particulièrement bon parmi tout ton matos ? Et pourquoi ?
Mon highlight matos, ça a été mes manchons de vélo. Je les ai pris en dernière minute en me disant que ça ne prendrait pas de place et que c’était facile à mettre/enlever, et je ne m’étais pas trompé. Avec une météo parfaite comme on a eue, c’était l’accessoire parfait pour être à bonne température la nuit.
Est-ce que tu as fait une sieste au cours de tes 37 heures de course ?
Non, aucune sieste et c’était le plan. J’ai la chance de ne pas souffrir de la fatigue, donc me forcer à dormir m’aurait enterré. Ça, je l’ai appris sur la TDS l’an passé, où j’ai dormi 15 minutes sur un tatami dans un gymnase bondé. C’était la pire idée. Par contre, j’ai vraiment pris mon temps aux ravitos avec assistance pour faire de gros Resets : manger, me changer. J’y ai passé plus de 2 h 30 en tout.
Tu as eu des hallucinations ?
Oui, la deuxième nuit, je voyais des visages de chats sur les cailloux. J’étais persuadé que c’était quelque chose qui avait été prévu par l’organisation pour nous distraire pendant la nuit.
À partir de quand tu t’es dit « c’est bon, je l’ai. Je vais être finisher de l’UTMB » ?
En repartant de Courmayeur, j’ai commencé à penser à l’arrivée, mais je me butais à refouler ces pensées parce que même si je me sentais bien, j'aurais pu encore tomber, me blesser et devoir m’arrêter. Mais comme j’ai couru la CCC en 2023, je connaissais exactement la route de Courmayeur jusqu’à Chamonix, donc c’était facile de se projeter. Le moment émotion, c’était la fin de la montée de la Flégère, en sortant de la forêt et en arrivant sur la piste de ski. Le soleil s’était levé, j’ai rangé la frontale et j’ai su que ça allait vraiment aller au bout.
D’après toi, qui chez Jolie Foulée sera le 2e à finir l’UTMB ?
Avant ça, il faudrait déjà un deuxième finisher de la TDS !
Tu saurais nous expliquer la différence entre courir la CCC et courir l’UTMB ? Hormis le fait que c’est plus long.
Le premier kilomètre dans Chamonix ! Un tunnel de hurlements, de regards, de pancartes où t’essayes à la fois de tout prendre, de vivre le truc à fond, et à la fois de ne pas trébucher sur le gars d’à côté tellement tout le monde est euphorique et est porté par le truc. C’est complètement fou !
Un conseil à donner à nous autres mortels si un jour on veut se lancer à l’assaut des 174 km de Chamonix ?
C’est très basique, mais pour moi, il faut arriver prêt physiquement et avoir ses quelques expériences sur d’autres courses. L’UTMB, c’est pas roulant et même si on s’est régalé au niveau de l’organisation, faut se le farcir.
Du coup, c’est quoi la suite pour toi ? Tu prends ta retraite ? La Diagonale des Fous ? Le tour du monde en courant ? Qu’est-ce qu’on te souhaite ?De rendre la pareille aux copains ! J’ai tellement hâte de pouvoir encourager et assister sur des ultras. Sinon, le mood est aux petites courses locales. Je suis content d’avoir fait tout ce chemin et c’est une chance d’avoir pu courir cet UTMB, mais mine de rien, c’est une grosse charge mentale.


JEREMY, finisher de la CCC en 21h48
Ça fait combien de temps que t'avais en tête de faire un 100K ? Et à quel moment tu t'es dit, le moment est venu ?
En vrai, jamais. Je n’avais pas du tout envie de faire ça. J’ai découvert cette distance en faisant le tout premier PC Course de l’histoire de Jolie Foulée pour le suivi de Jean et Kevin sur la CCC en 2022 avec coach Nibrun et Martin. Je me suis régalé tout comme Nougat face à ces paysages exceptionnels, et j’étais vraiment admiratif de leur capacité à courir 100 km, en y passant le jour et la nuit. Mais j’ai vite compris que ce ne serait pas pour moi et que je n’en serais jamais capable.
Depuis, j’ai fait la MCC, la OCC, le Trail du Somail pour la 68eme fois, et d’autres courses plus ou moins longues. Et comme c’était la suite logique, la CCC a commencé à hanter mes pensées. Pour ne plus avoir à y réfléchir, je me suis dit que j’allais m’inscrire au tirage au sort pour l’édition de 2026, et que de toute façon je ne serais pas sélectionné. Malheureusement, je l’ai été !
Et ça a été le début des emmerdes...
Pour leur première CCC, certains frisent le surentraînement, est-ce que toi tu n'es pas allé trop loin en voulant t'entraîner au rapatriement par hélicoptère ? Peux-tu nous raconter ton hélitreuillage en Corse ?
Ce que je n’aime pas dans ce sport, c’est qu’on a toujours l’impression de ne pas en faire assez. Pas assez de kilomètres, pas assez de D+… Coach Nib m’a fait un plan d’entraînement que j’ai suivi comme j’ai pu, c'est-à-dire un peu à la zeub. J’avais prévu un dernier gros bloc d’entraînement pendant mes vacances en Corse avec une sortie de 40 km suivie d’une de 30 le lendemain, et la première, même si elle avait bien commencé, ne s’est pas tout à fait terminée comme prévu. Après 5 h d’effort en plein cagnard dans le maquis, j’ai attaqué l’ascension du Capu Di à Veta (750 m de D+ en partant du niveau de la mer) en fin de matinée. J’ai commencé à être pris de vomissements, mes réserves d’eau pourtant pleines au début de l’ascension se sont peu à peu épuisées, je me suis évanoui sous un arbuste. Après le passage du col, dans la descente, les vomissements ont continué, et lorsque j’ai senti le sol se dérober sous mes pieds, je me suis réfugié sous un rocher et ai pris la décision d’appeler le 18, incapable de rejoindre la civilisation par mes propres moyens. Un hélicoptère du PGHM est venu me récupérer, et m’a hélitreuillé au-dessus de la baie de Calvi pour m’emmener à l’hôpital. Une vue magnifique, mais je peux te dire que ça te passe vite l’idée de faire le mariole. Je me suis senti un peu honteux d’avoir fait mobiliser un hélico par négligence, et je m’en suis beaucoup voulu d’avoir causé de l’inquiétude à ma famille. Mais ça m’a servi de leçon et je remercie chaleureusement le PGHM pour leur professionnalisme et gentillesse, ainsi que mon père qui est arrivé à la rescousse dans les plus brefs délais. Le maquis était plus fort que moi.
Suite à cette mésaventure, qu'est-ce que tu as mis en place sur la CCC pour ne pas que ça se reproduise ?
Déjà, j’ai arrêté de courir quelques jours, puis j'ai repris progressivement sur des itinéraires moins risqués. J’ai passé mes sorties en masqué sur Strava pour éviter toute pression inutile. Et pendant la course, je crois que j’étais ultra concentré sur chacune des petites décisions à prendre pour que la course se déroule du mieux possible et ne pas me mettre en danger.
100K, sans soucis ?
Bizarrement, j’ai presque trouvé que c’était facile. Il a fait une météo dantesque, mais je crois que je préfère ça à la chaleur. Habituellement, je suis à la ramasse dans les montées, mais là c’était l’inverse, je doublais pas mal de monde et j’arrivais à augmenter l’allure sans trop faire monter le cardio. Je n’ai pas compris ce qu’il s’est passé.
J’ai juste eu des ampoules qui m’ont dérangé, mais sinon je me suis vraiment senti bien du début à la fin. J’ai beaucoup moins souffert que sur des formats plus courts comme la MCC, l’OCC ou le 42 km de Verbier. J’étais en contrôle, c’était plutôt agréable.
Tu as eu des hallucinations ?
Aucune. J’ai juste halluciné quand Jean et Yanis m’ont dit à Trient que j’étais aux alentours de la 700e place alors que je pensais être dans le gruppetto.
Si tu pouvais retourner dans le passé, qu'est-ce que tu ferais différemment ?
J’éviterais de cliquer sur le bouton « valider l’inscription » au mois de janvier. Et sinon, pas grand-chose, à part peut-être enfiler mes gants dès le départ parce que passer 5 min en train de les mettre les doigts gelés en pleine tempête dans la montée de la Tête de la Tronche, je crois que j’aurais pu m’en passer.
Qu'est-ce que la CCC a de plus que le Trail du Somail (ta course préférée) n'a pas / n'aura jamais ?
Je peux te dire que la CCC n’aura jamais la daube de sanglier du Trail du Somail ! Niveau ravito, la CCC n’est pas au niveau non plus. Je ne veux pas faire de l’UTMB bashing comme c’est la mode, mais le riz froid à 3 h du mat que l’on doit manger mains nues dans notre gobelet de course, c’est pas ouf. Et leur eau gazeuse qui pétille une fois sur deux, ou l’infâme Coca Sodastream, franchement j’ai trouvé que c’était limite niveau service coureurs pour une course de ce standing. Ce n’est pas le genre de problèmes que l’on rencontrerait au Trail du Somail. À part ça, les paysages de la CCC sont exceptionnels, même si je n’en ai pas vu un seul comme on était dans les nuages et la pluie toute la journée. Et la trace reste mythique, donc quand même très content d’avoir bouclé cette affaire.
Tu vas donc courir l'UTMB l'année prochaine ?
Alors il faut que je fasse attention à ce que je réponde avant de dire une connerie. Mais disons que la course et la distance ne me font plus si peur que ça suite à cette belle expérience sur la CCC. Après un été de vacances au bord de la plage sans risque d’hélitreuillage, c’est pas mal non plus.
Des recommandations à nous faire sur le matos à avoir pour finir un ultra ?
Une bonne veste de pluie. Des affaires de rechange. Ses propres boissons gazeuses (San Pellegrino grenade et El Tony maté pour ma part) car celles des ravitos étaient absolument ignobles. Ah oui, et une bonne paire de couilles aussi quand même.



KEVIN, finisher de la CCC en 22h59
C'est comment une prépa CCC à Annecy par rapport à une prépa CCC à Paris ?
C’est tout bonnement incomparable. On a le Veyrier à côté de l’appartement, la moindre sortie était de 500m D+/- et dans un terrain assez technique. Et je ne te parle même pas des rando-trails de plusieurs heures le week-end.
Même si je n'ai appris que fin juin que je courrai la CCC, la prépa de cette année m’a fait réaliser qu’en 2022 j’étais vraiment arrivé comme un touriste.
Tu as pris comment le petit changement de tracé à J-1 du départ faisant passer la CCC de 99 km à 108 km ?
Étonnamment pas si mal ! En fait, je me mettais trop en tête de faire mieux qu’en 2022 (24 h 45), car je sentais que j’étais en capacité de courir plus longtemps. Le fait qu’on nous change à ce point le parcours avec 8km de plus, a rendu les 2 courses incomparables. Donc j'avais plus besoin de me mettre dans le crâne « j’aimerais bien mettre 5h de moins ».
Par contre, une fois de plus, je ne suis pas passé à la Flégère (comme l’année dernière sur l’OCC), je suis poissard… c’est vraiment iconique de l’UTMB pour moi, et je voulais vraiment regoûter à cette sensation de ranger les bâtons et descendre sur Chamonix.
Tu as couru sans sponsor (comme souvent ces dernières années). Parle-nous un peu de ton matos de choix pour ce 100K ?
On ne crachera jamais sur les sponsors évidemment, mais c’est bien aussi parfois de courir avec ce qu’on aime vraiment. Comme beaucoup d’Annéciens que je croise sur les sentiers, j’ai craqué pour un sac WISE et son carquois… Honnêtement il est incroyable. Le K-Way Compressport Thunderstorm a eu beaucoup de boulot, sans jamais me sentir dans une « cocotte-minute » dedans. Aux pieds, je suis passé sur ON Cloud Ultra Pro. Dynamique mais pas exigeante, hyper moelleuse, protection sous le pied… pour un terrain comme celui de l’UTMB, je pense avoir fait le meilleur choix pour moi.
Qu'est-ce que tu redoutais le plus sur cet ultra ?
Sur le parcours en lui-même, rien. Puis finalement quand ils ont annoncé la pluie, je savais que ça pouvait me flinguer la course, et clairement je n’ai pas été déçu de ce côté. On a pris énormément de pluie dès le début de la course et j’ai attrapé froid dans la première montée…
J’avais quand même peur de manquer de volume et de ne plus être en capacité de courir « tôt » dans la course, comme en 2022. Finalement les jambes ont lâché autour du 95ème kilo (en même temps que la tête, ça va souvent de pair). Si on était resté à 100 km j’aurais clairement mieux fini, savoir qu’il restait plus de 10km m’a achevé mentalement.
Si tu pouvais retourner dans le passé, qu'est-ce que tu ferais différemment ?
Je voulais garder mon pantalon de pluie sec pour la nuit, mais en fait j’aurais dû le mettre direct quand on se faisait arroser en début de course. J’ai vraiment eu froid, et ça m’a foudroyé le ventre pour le reste de la course. J’ai passé plus de 10h à aller de WC en WC à me vider comme un nourrisson. C’était pas cool du tout à vivre. Je courais avec la peur de me faire dessus...
Mais l'idée de DNF ne m'a pas traversée l'esprit une seule fois ! Il fallait respecter le dossard. Des gens du monde entier rêvent de venir faire la CCC, on est des privilégiés. Même si tout ne se passe pas comme prévu, faut aller au bout.
Tu as déjà bouclé une CCC en 2022, qu'elle a été pour toi les différences entre tes 2 tentatives réussies ?
Clairement la météo. Ça m’a fait réaliser qu’en 2022, on avait eu un temps idéal. Soleil, temps sec, nuit normale… et du coup des regrets, j’aurais adoré revivre cette course de 2022 avec mes jambes et mon expérience de 2026. C’est la montagne, c’est comme ça. Ce sont des paramètres qu’on ne peut pas contrôler.
On a tous vu les photos des finishers sous l'arche, visages émaciés, grands sourires et les yeux qui brillent. Mais qu'est-ce que ces photos ne montrent pas ?
On ne voit pas qu’on peut souffrir pendant de longues heures, qu’on passe par des phases si variables. Un moment tu as l’impression de voler, tu es dans le « flow » complet, et 20 minutes après tu te demandes pourquoi tu t’infliges tout ça.
Mais l’arrivée à Chamonix est si magique. Dans la dernière descente tu as l’impression d’avoir des clous dans tes chaussures et tu n’arrives plus à courir. Et une fois arrivé au niveau du tennis, à 1 km de l’arrivée, tu retrouves tes jambes comme si tu revenais d’un footing. Les gens t’encouragent comme si tu étais un élite, c’est une sensation qui procure énormément d’émotions.
Avec 108 km dans les jambes, tu as quand même trouvé la force de sortir du lit pour être à l'arrivée quand ta meuf à terminer l'UTMB. Est-ce que tu as hésité un instant à rester au chaud à l'hôtel ?
C’était le gros point négatif de faire la CCC, je n’ai pu voir Justine qu’à Vallorcine. J’aurais aimé la voir mais c’était logistiquement impossible.
Je suis super fier de ce qu’on a accompli cette semaine.
Pas de regret de ne pas l'avoir demandé en mariage à l'arrivée ? Pas sur qu'une telle occasion se représente...
Je crois qu’elle aurait trouvé ça encore pire que de lui faire ma demande au Parc des Princes dans le Virage Auteuil , c’est dire…
C'est quoi le prochain objectif après ça ? Des ambitions pour la fin de l'année ou pour 2027 ?
On range les chaussures de trail pour cette année, plus de dossard, juste le plaisir d’aller faire de la VMA avec le Annecy Athlétisme.
Pour 2027, l’idée de faire le Lavaredo 120K (si je suis tiré au sort) commence à germer. J’ai adoré le 50K cette année, Cortina est un lieu tout bonnement magnifique et cocher cette course serait une étape d’un projet : me mettre sur l’UTMB en 2029. Ça peut paraître loin, mais il faut respecter le mythe et prendre le temps de préparer le corps pour une telle distance. Sur les réseaux tout le monde veut faire l’UTMB au bout d’un an de trail, il ne faut pas oublier qu’il y a quelques années c’était un défi réservé à une bande de fous incompris. Et la distance n’a pas changé depuis…

