Chaque année on se dit que ça va être différent. Chaque année. Le semi de Paris, ils le connaissent par cœur : le parcours, le froid du matin, les pièges du deuxième half. Et chaque année c’est la même chose : un manque d’entraînement criant, un investissement général qui laisse songeur et des excuses qui forcent le respect par leur créativité. Deux éléments tirent tant bien que mal cette classe vers le haut, on les reconnaîtra. Les autres se reconnaîtront aussi. La situation n’a pas été arrangée par l’intégration de nouvelles venues de Marseille et d’ailleurs, turbulentes, bruyantes et finalement assez représentatives du niveau général. On les a quand même bien aimées, ça se ressent dans les appréciations ci-dessous.
Nico 21/10 – 1:12:58. un roi dans sa ville, toujours aussi bourrin à l’entraînement malgré les années et les mioches qui s’accumulent, Nib a délivré ce qui peut s’apparenter à la course parfaite. Maîtrise de tous les paramètres, un negative split dont il devient le spécialiste avec probablement un RP sur 10K sur sa deuxième moitié de course. Dissiz du grand Nibrun.
Mathieu 10/10 – 1:07:34 : on dirait bien que c’est un nouveau record Jolie Foulée. 2ème semi en carrière et 2ème grande prestation pour Barbouz. Après avoir réalisé ce que personne ne sait faire chez les vieux de Jolie Foulée en battant Alassan sur le semi de Berlin l’année dernière, Barbey s’est sorti les doigts pour mettre Dorian Koh Lanta et Mustapha Salmi dans le rétro. Le tout en direct sur Runix. Notre influenceur à nous.
Hoka Cielo X1 3.0 8,5/10 : La bonne pioche du week-end. Plusieurs PB au compteur, elle n’est pas étrangère aux bonnes performances de la journée et elle donne clairement des ailes à ceux qui savent courir. C’est une fusée et comme toute fusée, il vaut mieux savoir piloter avant de monter à bord. Peu stable, elle récompense les bons coureurs autant qu’elle expose les autres. Pas une chaussure à éviter, une chaussure à mériter. Test complet par Mathieu ici.
Chloé, Kenza, Fanette = Always Running Club 8/10 : elles avaient promis de taper dans un maximum de mains et de kiffer leur semi de Paris. Foulard de gitanes sur la tête et tee-shirt Together Women Fly Higher sur les épaules, elles ont ramené le soleil marseillais et très rapidement adopté les codes Jolie Foulée jusqu’à soulager une envie pressante dans une poubelle plutôt prévue pour réceptionner des peaux de bananes. 300% untalented.
Yanis 7/10 : en forme et en tournée d’adieux dans les rues de Paris avant son départ pour Annecy, le populaire Yanicksystem a salué plus de monde que la controversée Rachida Dati quand elle est en campagne. En duo avec le vieux capitaine Fracture, il a saisi sa chance lorsque celui-ci l’a autorisé à s’envoler pour lui coller une dizaine de secondes, 1:20:12 sur la ligne d’arrivée. Inaakcceptable.

Susie 7/10 : invitée de dernière minute, la plus kényane des Londoniennes s’est vite acclimatée au groupe Jolie Foulée pour kiffer sa virée parisienne aux côtés de Caro. « Gotta love this sport. Made it to untalented. » comme elle dit et pas sûr que tout le monde dans l’équipe comprenne, alors voilà ce que dit une célèbre IA à qui on pose beaucoup de questions : après un semi-marathon, la phrase est plutôt ironique et auto-dérisoire. La personne se moque d’elle-même après sa performance.



Caro 6/10 : non qualifiée pour les France de cross, Caro s’est vengée sur le semi et les passagers encore mal réveillés de la péniche Hoka qui nous servait de (luxueux) camp de base en électrisant l’atmosphère grâce à sa voix de poissonnière dès 7h du matin. Un travail de pacing aux petits oignons pour Susie et ça fait 21 kilomètres de plus dans les jambes de notre Caroro, qui parlait déjà de sa prochaine semaine d’entraînement avec une clope au bec à l’after party.
Lionel Fracture 6,5/10 : bricoleur de l’entraînement à cause d’une blessure depuis bientôt 12 mois, Lionel reprend goût à la course à pied. Après une apparition furtive mais correcte sur semi en Afrique du Sud il y a 15 jours, il avait décidé de prendre du plaisir à Paris et laisser la Coros dans le slip pour profiter de l’ambiance. 1h20 et des bananes plus tard, Lionel n’a plus qu’à retourner s’entraîner pour rattraper Nibrun.
Pierre 6/10 : en pleine prépa marathon, Pierre a révisé ses gammes sur ce semi pour apprivoiser à nouveau l’allure sub 3 qu’il voudrait enfin valider dans un mois. Beau, drôle et ironique, celui qu’on pourrait appeler le Franck Dubosc de Jolie Foulée s’est emparé de la phrase clichée « On va partir sur [insérer un chrono] et on va voir si ça tient » pour la remettre à toutes les sauces. Dans un mois sur le marathon, il faudra vraiment voir si ça tient.
Kevin 5/10 : descendu de ses montagnes, Kevin a retrouvé le bitume parisien, lui qui est aujourd’hui plutôt adepte de trail running. Si celui que son profil LinkedIn décrit comme « Language Lead @jeuxolympiques chez Olympic Channel » n’était pas dans une forme olympique après Milan-Cortina, il s’est inspiré de la gagne de l’équipe de France de biathlon pour ramener une médaille à la maison et mettre Cédric et sa meuf dans le rétro quand même. L’important n’est pas que de participer.
Ced Gouffefrisée 4,5/10 : aussi un roi dans sa ville, toujours aussi relax à l’entraînement. Cédric ne s’affole jamais, encore moins sur une course. Beaucoup de créativité dans son débrief lorsqu’il nous explique avoir marché car « il a avalé son gel de travers ». À nouveau finisher du semi-marathon de Paris et c’est bien ça qui compte pour lui.
Saint-B 2/10 : tout allait bien jusqu’au retrait du dossard jusqu’à ce que le corps allume un voyant et que la tête dise sagement non. Quand même présent pour boire des bières avec son acolyte de l’infirmerie. Un bon camarade.
Alassan 1/10 : bursite protocole. Le prince reviendra plus fort.
















































