LE CROSS DU GORAFI


Le Cross du Figaro New Balance
Les voilà à peine sorti de Vertigo (l’ascension de la tour First et de ses 48 étages) que le doublé gagnant Lionel et Ben décide de se lever pour la deuxième fois cette année à 6h15 un dimanche. Ça pique. A noter qu’un article sera très prochainement dédié à cette performance. Si les gars ont décidé de se lever aux aurores, ce n’est pas pour aller cueillir des champignons mais bien pour participer à une course historique : Le Cross du Figaro New Balance. Historique car c’est la toute première course à laquelle la team Jolie Foulée a participé. Et comme on ne change pas une équipe qui ne gagne presque pas, nous revoilà réuni avec Lilian notre troisième comparse, déjà présent l’année passée.
Jolie Foulée et la Grande Cascade, patrimoine de la vie quotidienne.

 

Presque ponctuel au rendez-vous donné par New Balance, nous arrivons sur le stand presse avec le quart d’heure de politesse mais sans apporter le dessert. On nous autorise tout de même à retirer nos dossards, cœur sur eux. La petite collation d’avant course proposée se compose d’un mélimélo de viennoiseries, snacks, boissons chaudes, boissons fraiches. On est bien entre pro de la course à pied. Ne manque que le confit de canard pour équilibrer tout ça et que la préparation soit optimale. Nous ne tombons pas dans le piège et n’avalons pas plus de 3 pains au chocolat avant d’attaquer notre petit échauffement.

Deux trois étirements et un selfie plus tard, nous voilà décidés à rejoindre le sas élite afin que chacun puisse choisir son lièvre. Lionel et Lilian, chauds comme pas deux penchent pour Kevin Bagnis, vainqueur l’année passée tandis que Ben n’arrive pas à trouver Michel Jazy, 77 ans, vainqueur de la première édition en 1961.

Selfpipi.




Déçus de ne pas trouver nos accompagnateurs d’un jour, nous nous délectons de la présence d’un autre hôte de marque. T-Shirt rentré dans le jean, ceinturon bouclé jusqu’au nombril, Jean-Pierre Parrain, papin de cette nouvelle édition, se présente sur l’estrade aussi peu à l’aise qu’au Stade Olympique de Munich le 26 Mai 1993. Arborant fièrement sa dotation Adidas fournie par Nanard Tapie himself en 92, ses conseils en course à pied n’égalent pas ses acrobaties footballistiques. Le bougre a même réussi à prendre part aux festivités à sa manière en se faufilant en tête du cortège de la course féminine de 6KM. Malin.


Jean-Pierre Papin et ses Papinettes.





















Plus que quelques minutes avant le départ, le speaker essaye tant bien que mal de chauffer le peloton. Visiblement, les organisateurs de la course n’ont pas lu notre récap de l’année passée. Les cousins Slovènes de David Guetta ont réussi à faire jouer leur dernière playlist enregistrée au sommet du Triglav. On n’est pas encore parti que la douleur est déjà présente. Pour fuir cette calamité auditive on décide de se rapprocher de la ligne de départ et de se faufiler pour laisser derrière nous les femmes, les coureurs en slip et toutes les personnes portant un t-shirt « Courir ce n’est que du plaisir ».  Bref tous ceux susceptibles de nous ralentir.
Le départ est donné. La foule, souhaitant rapidement se diluer au fur et à mesure des mètres parcourus, montre des coureurs souriants et enchantés de courir sous un soleil qui domine le domaine de Saint Cloud. Heureux sont les ignorants ! Les premières minutes nous rappellent sympathiquement que le calvaire du périphérique parisien se vit également le dimanche matin, le pic de pollution en moins.


« Grouille toi je crois qu’il y a des abricots secs à l’arrivée »





Pressés de prendre de la distance avec leur groupe de départ, Lio, Lilian et Ben partent avec un objectif très clair en tête : battre leurs temps respectifs de l’année passée. Mais de la volonté à la capacité il existe un pont que peu d’entre eux traverseront. Sur les deux premiers kilomètres, les premiers dénivelés semblent annoncer la couleur, ça va faire mal. Lilian pourtant semble aussi à l’aise dans les bois que dans son bureau sans clim au Crédit Foncier de France. Et bien qu’il ne court pas avec Christine, sa collègue préférée, sa motivation semble aussi élevée que le cardio de Ben. Ce dernier tente tant bien que mal de suivre le rythme de ses deux compagnons mais force est de constater que son régime Tofu/Mister Cocktail une semaine avant la course n’est qu’une vaste supercherie. Sans alcool la course est décidément moins folle. 

Lionel de son côté semble afficher quelques signes de faiblesse et se laisse même doubler par un runner grisonnant et sournois. Malgré les tiraillements de la course Vertigo qui se font sentir dans ses petits mollets d’enfant, il continue de serrer les dents afin de rester dans la roue de Lilian qui s’envole. D’ailleurs, personne ne le reverra (avant l’arrivée). 

Passé entre le 4ème et le 5ème kilomètre, Lionel se fait rejoindre par Ben qui n’y croit pas lui-même. Outré par cet affront, notre Lio national décide d’arrêter sa course, D’ABANDONNER. Personne ne se laissera berner par sa version des faits, autour d’une pseudo blessure qu’il trainerait depuis quelques temps déjà… Il se présentera très prochainement en conseil de discipline et risque une radiation de la team.



Le reste de la course, « succession de passages intenses », se fera définitivement au mental. Les montées se ressemblent et s’accumulent à n’en plus finir. La partie de campagne annoncée se révèle être une véritable épreuve psychologique et seule la perspective d’être accueilli à l’arrivée par les cheerleaders de l’ASPTT Chaville nous maintient en vie. Les kilomètres suivants paraissent longuets et pas une seule fanfare bretonne pour nous redonner un peu de pep’s. Ben, Malgré le manque de folklore, est ravi de croiser un runner en pleine agonie sur le bas côté, symbole d’une fin de course de plus en plus proche. C’est sur une dernière accélération en phase ascendante que les membres de la team encore en course se délectent du dernier kilomètre.

1,2,3 Soleil !
Une fois passée la ligne d’arrivée, ce n’est plus que satisfaction, plaisir et fruits secs qui prédominent dans l’esprit de ces valeureux athlètes. C’est donc seul et victorieux que Lilian passera la ligne d’arrivée en 58min15sec, battant ainsi son PB. Ben, plus à l’écoute de son corps, terminera en 1h09min52sec, préférant ne pas améliorer son temps de référence pour mieux le battre l’année prochaine. Pour cette deuxième participation de la team Jolie Foulée, Lilian signe donc le doublé (on sait choisir nos poulains). Aussi expérimenté en course de sous-bois qu’en patrimoine immobilier, notre coéquipier n’aura pas volé son surnom de « Foncier ».