LE RUNNING FAIT SON COME-BACK

Quand on évoque le rétro-running, deux solutions : soit on parle coquetterie vintage soit on s’adresse à ceux et celles qui ont décidé d’aller à contresens des conventions établies par la course à pied. Bien que nous soyons de fervents admirateurs de la mode 80’s et 90’s, on s’est demandé ce qui pouvait pousser des gens, emplis de bon sens, à courir à l’envers. Curieux, on a décidé d’offrir une tribune à ces olibrius qui ne font rien comme les autres.

Ne pas confondre Retro-Running et Retro-Running.















Rendons tout d’abord un hommage chaleureux à notre plus fervent représentant national, Christian Grollé, qui affirmait pouvoir boucler un 100m en 12’8sec dans un sens ou l’autre lorsqu’il était dans la fleur de l’âge. Malgré l’engouement de Christian, la mayonnaise ne prend pas auprès du grand public, ce qui lui vaudra cet autre manifeste « Les Français sont des cons ».

Attention cependant ! Soyons clairs dès le début, honte à ceux qui s’engouffreront dans le dénigrement en affirmant que ces zigotos en baskets ne ressemblent à rien et qu’ils commettent un acte perfide qui aurait été puni par une mise au cachot fissa à une époque reculée, heureusement révolue. Parce qu’on vous voit arriver, et de loin, avec vos gros sabots, arborant fièrement le drapeau de la critique facile, votre sourire en coin, moqueur de surcroit. 

Au contraire d’une course classique, les casse-cou qui courent la tête la première n’ont pas leur place ; on capitalisera sur une technique de course bien plus subtile, dont le style aisément reconnaissable se caractérise par un fessier bien tendu vers la ligne d’arrivée.  Encore une fois merci de garder vos quolibets pour vous d’autant que le « Backward Running » (prononcez  « Bakouorde Reunigne »)  n’en reste pas moins très bénéfique pour ses pratiquants.

Gary Gray, sorte de Bill Bowerman du rétro-running, mit à profit ses connaissances de thérapeute, d’éducateur mais également d’inventeur dans l’exploration de cette discipline. Avant de promouvoir la course à pied à reculons,  « Gégé » (comme le surnommait ses collègues de bureau) s’est tout d’abord appuyé sur cette pratique pour soigner les bobos de ses pensionnaires comme les douleurs au dos, au cou mais également aux chevilles. Au fur et à mesure que les recherches avancent, la discipline se développe. Selon le Professeur Bates, la pratique régulière de la course arrière renforce l’équilibre, la proprioception, l’activité neuro-musculaire et constitue un excellent exercice préventif contre de nombreuses blessures.

N’étant nous même pas des spécialistes de cette pratique singulière, on s’est dit que quelques conseils bien sentis pour une pratique (esthétique et agréable) du rétro-running pourraient être utiles à la communauté toujours avide de bon sens :

  • En plus du traditionnel cornichon-rillette de fin d’entraînement, bien penser à prendre avec soi un petit miroir de poche afin de repérer les obstacles à venir sur votre chemin. Pour les moins téméraires qui feront de la sécurité un facteur majeur, vous pouvez également récupérer discrètement le rétroviseur cassé de la Renault Chamade de votre voisin. Bien fixé à l’épaule, la course ne sera qu’une formalité.
  • Vous pourriez également être surpris par l’exigence physique de cette pratique. Les muscles du cou sont particulièrement sollicités à chaque prise d’information derrière vous (ou devant vous, c’est selon). Aussi, pour les moins initiés d’entre vous et dont les voisins ne sont pas des esthètes de l’automobile,  n’hésitez pas à chipper la minerve du petit frère qui est tombé de vélo la semaine passée. Celle-ci s’avérera forte utile lors de vos coups de moins bien au niveau du muscle sterno-cléido-mastoïdien (vous détournerez facilement son attention à l’aide de pépitos disséminés ici et là. S’il n’a pas faim, utiliser la technique du frontal. Bien placé il ne se relèvera pas de sitôt).
  • Ne faites pas de cette pratique un art de vivre. La marche à pied à reculons se doit d’être réalisée dans des lieux appropriés comme une piste fermée. N’imaginez pas débarquer chez votre boulangère préférée en lui tournant le dos, ce serait tout simplement malpoli. Elle risquerait dès lors de se formaliser et peut-être même vous refourguer une baguette trop cuite. Méfiez-vous des boulangères. Toujours.
  • La pratique du rétro-running peut vite devenir source de quiproquo. Exemple avec le fessier. Communément appelé le derrière par sa position naturelle, celui-ci sera désormais situé devant lors de votre course. Et vice-versa.  Attention donc aux malentendus, une erreur de compréhension pouvant vite vous mettre à mal physiquement. Gardez cela en tête durant votre course, plus encore s’il s’agit d’un relai et qu’un objet tiers nécessite d’être manipulé.

Garrett Doherty, fier Irlandais, n’est sûrement pas passé à côté de ces précieux conseils puisqu’il assure boucler un semi-marathon en 1h40. Ci-dessous à l’entrainement, s’exercant encore et encore afin de battre son record personnel sur 1 mile (1,6km), actuellement de 6’57min.

« Pourquoi Rambo porte-t-il un bandeau ? Parce que ca le rend beau. » Garrett Doherty
Précurseurs ? Rétrograde ? Appelez-les comme vous voulez mais sachez une chose ; ces hurluberlus qui font marche arrière finissent quand même par aller de l’avant.