MO FARAH, MO FUCKER.

Gros week-end pour Mohamed Farah. La superstar du demi-fond a donné tout ce qu’il avait, et pas seulement sur la piste.

Tout a commencé lorsque, quelques jours avant le meeting de Birmingham, son compatriote Andy Vernon, accessoirement vice champion d’Europe sur 5000m et 10000m à Zurich l’été dernier (derrière un certain Mo Farah), a décidé de lui lancer un tweetclash, 140 signes de provocation : « Je préfèrerais assister à une course plutôt qu’au one man show de Mo Farah ». Implicitement, Vernon critique la faible concurrence opposée à Farah quand il court en Grande-Bretagne.

farahvernon
Vernon dans le flou.

La réponse de Mo a été étonnamment agressive. Celui qui est toujours doux, posé et qui a pour habitude de faire des coeurs avec ses mains sur la tête ne s’est pas gêné pour envoyer chier son dauphin avec un hashtag de bâtard. « @AndyVernonGB Shame you didn’t make the line up….again #ComeBackWhenYouWinSomethingDecent ” que Nelson Monfort traduirait par « Dommage que tu ne sois pas au départ. Reviens quand tu auras gagné quelque chose de décent. » Bim !

Vénère, Momo ne l’était pas que derrière son clavier puisque, piqué dans son orgueil, il s’est adjugé la victoire à Birmingham mais également un joli record du monde sur la distance de 2 miles. En parcourant 3218 mètres en 8min03″40, Farah efface Kenenisa Bekele des tablettes et prouve à Vernon que quelle que soit la concurrence, c’est lui le patron.

Capture d’écran 2015-02-23 à 23.16.02

C’est une fois cet exploit réalisé que le champion s’est confié sur la vraie raison de sa colère. Né en Somalie et exilé en Angleterre depuis l’âge de 8 ans, Mohamed n’a jamais digéré ce que Vernon décrit comme une « blague » pour se défendre. Après le doublé britannique sur 10000m à Zurich, Andy Vernon balance qu’il devrait être champion d’Europe, laissant sous-entendre que Farah n’est pas vraiment européen… Une blessure profonde qui explique la réplique forte du champion olympique. Quelques heures plus tard, Mo regrettait déjà de s’être lancé dans une guerre des mots : « je n’aurais pas du réagir mais je n’ai pas réussi à me retenir ». Embrasser l’Union Jack sur son maillot avant de taper un record du monde fut sans conteste la plus élégante réponse qu’il pouvait donner. De son côté, Andy Vernon explique que ses propos sont mal interprétés. Son compte twitter affiche aujourd’hui un message de félicitations à l’égard de Farah pour son world record.

Capture d’écran 2015-02-23 à 23.48.45