ON AIME LEER

Foulée élégante, babyface et moustache, cela fait des mois que notre team est fan de l’américain William Leer. On ne va pas mentir, bien que Will fasse parti des meilleurs athlètes mondiaux, ce ne sont pas ses performances qui nous ont fait nous intéresser à lui : Leer possède une dégaine, un charisme qui font de lui un athlète à part. Short flottant toujours bien ajusté, cheveux aux vents et pilosité travaillée, William est l’incarnation de l’esthétisme dans la course à pieds. Son équipement marqué du swoosh est comme fait sur mesure pour sa grande silhouette, Nike a vite compris qu’il pouvait transformer un 1500m en une danse sexy et qu’il n’existait pas meilleur ambassadeur en termes de style.
Mais attention, William n’est pas pour autant un rigolo une fois équipé d’une paire de pointes comme l’atteste la gueule de Bob Tahri sur la photo ci-dessus. Plusieurs fois sélectionné en équipe nationale des Etats-Unis d’Amérique, cet athlète de 29 ans a commencé à courir pour entretenir sa forme alors qu’il était un joueur de soccer à l’Université. Ses qualités naturelles d’endurance le font rapidement se tourner vers la piste et le cross, des disciplines où il se classe parmi les meilleurs jeunes du pays.
 
Ces bons résultats lui permettent de décrocher un contrat auprès de Nike et de poursuivre sa carrière en tant qu’athlète professionnel. C’est à cette époque qu’il prend la direction de l’Oregon. Marque à la virgule, Oregon, il est maintenant assez facile de faire le parallèle avec le regretté Steve Prefontaine. Athlète de haut niveau américain dans les années 70 élevé au statut de légende par Nike, il était entrainé par l’un de ses fondateurs, Bill Bowerman. Décédé dans un accident de voiture à 24 ans, son image est encore très souvent utilisée dans les campagnes de pub car « Pre » avait une vraie gueule. « Une course c’est une oeuvre d’art qui peut toucher les gens en fonctions de leur sensibilité. » disait le beau Steve. Une idée probablement partagée par Leer qui a décidé lui aussi d’arborer une épaisse moustache pour affirmer son style sur le tartan.
 

L’année 2013 marque un tournant pour Willy, après avoir raté la qualif pour les JO de Londres, il décide de retourner auprès des siens (son padre est atteint d’un cancer) et de s’entraîner loin de son groupe, en solo. L’entrainement seul requiert une énorme force de caractère pour s’infliger des séances toujours plus exigeantes et beaucoup de discipline. William progresse, décroche ses premiers titres nationaux en indoor sur 3000m et sur le mile. Papa Leer guérit.

William Leer aussi fort que John Rambo.

Il enchaîne en 2014, se classant 6ème des mondiaux indoor sur 1500m. Leer est définitivement devenu notre athlète favoris le mois dernier à Angers, en ce 30 août 2014, il chope la seconde place du 1500m derrière Mahiedine Mekhissi Benabbad dans un chrono assez médiocre de 4’10 » mais surtout il fait semblant d’enlever son maillot dans la dernière ligne droite, clin d’oeil taquin au vainqueur du jour et à sa mésaventure lors des championnats d’Europe de Zurich. Leer n’aura jamais le palmarès de Mo Farah, ni même celui de son compatriote Bernard Lagat, mais on lui souhaite beaucoup de réussite à venir et on espère le voir amener sa fraîcheur sur les pistes des championnats du monde ou des prochains JO.