QUI ES-TU ALASSAN ?

Alassan, malgré son orthographe douteux, est probablement l’athlète le plus doué de l’équipe. Il peut vous en mettre plein la gueule autant sportivement que socialement mais il met toujours tout le monde d’accord à l’entrainement comme dans la société mondaine. Il a traversé cette interview comme un col sur son vélo ou un marathon sans prépa : en toute facilité.

Alassan, peux-tu te présenter rapidement, d’où viens-tu, quel âge tu-as, ce que tu fais dans la vie, le plat que tu cuisines pour séduire, etc. ?

Alass, 28 ans sur ma carte d’identité, 17 si on se fie à ma pilosité. Pur produit de Bron, ville de la banlieue lyonnaise qui a vu naître les plus grands comme Jeremstar, Lionel Fracture ou encore la star congolaise de Breakin5 Cédric Ganguia. Un amour pour le sport qui a démarré en foulant les mêmes terrains de football que le fumier Karim Benzema. 10 ans de football ont pris fin après avoir croisé un entraîneur hystérique frustré de pas avoir fait parti de l’aventure France 98. Mon plat fétiche pour séduire, le cassoulet sans aucun doute et mon petit secret c’est que j’adore bouffer des rillettes. C’est peut être pour ça que je suis un des rares de la bande toujours célibataire. 

Comment as-tu signé sous les couleurs de Jolie Foulée ? Raconte nous les débuts.

Tout s’est fait naturellement, à cette époque la je vivais sur Paris depuis pas longtemps et je passais mon temps à la salle de CrossFit. Je connaissais Jolie Foulée par Lionel que j’avais rencontré deux ans plus tôt durant une soirée pas très intelligente à Amsterdam. Cédric et moi y vivions, ce soir-là fut la première fois où je pus échanger mes premiers Jack-coca avec Lionel, Jérémie et Pierre. En mai 2017, Lionel possédait des dossards pour la première édition de la course du Grand Paris, manque de titulaires dans le team, un dossard me fut généreusement donné comme cadeau empoisonné pour mon dépucelage sur la discipline. Avant le départ de la course, je fis rencontre avec les personnes avec qui je continue de fouler le bitume Parisien comme Saint-Bernard et coach Nibrun. Je courus ce premier 10K sous les 40 minutes, il suffit de cette performance  pour que Lionel me laisse entrer un peu plus dans le cercle, à l’époque fermé, et vieillissant de Jolie Foulée. Ce qu’il faut savoir c’est qu’a cette époque, JF n’était pas composé de gars “rapides”, mais plutôt de vieux camtars usés. S’en suivit l’événement “Strava Mile”ou je fis la connaissance d’Idriss, Jean et la version poids lourd de Kalchogue et de ce qui s’apparentait au « Running Game » parisien de l’époque. À partir de là, j’avais des camarades pour commencer une soi-disant carrière de “joggeur influenceur” sans followers.

Est-ce que tu as des regrets d’avoir abandonné le cross-fit pour la course à pied sous la pression de Fracture ?

Non car je sais à quel point ça lui fait plaisir (Lionel) de se vanter que c’est grâce à lui que je suis sorti de ce merdier qu’était le CrossFit pour me transformer en un athlète non émérite de course à pieds. Par contre je dois avouer que ça me fait bien marrer maintenant de voir Lionel à son tour en nage enchaîner les séances de burpees et de squats dans son appartement durant le confinement. Pour  être honnête, ces deux sports se ressemblent de près, on ne ressent aucun plaisir à faire une séance spécifique, à la différence que le CrossFit ne façonne pas le corps comme un ficello, il suffit d’observer le corps de Lionel sur les plages d’Étretat pour s’en rendre compte. Il y a bien deux, trois membres de JF qui auraient dû se mettre CrossFit au lieu de se poignarder durant le confinement.

Tu es largement passé sous les 3 heures pour ton premier marathon, est-ce que tu connaissais tes qualités d’endurance ou c’était une découverte ?

Quand j’étais petit j’avais l’habitude de faire de bon résultats au cross des écoles, j’ai accroché une 3ème place départementale en CM1 avant d’échouer à la 6ème place en régional sans pratiquer d’athlé. Pareil au bac de sport j’avais eu 20 au 3×500. On va dire que je ne comprenais pas à l’époque les potentielles facilités que j’avais pour les sports d’endurance. à écouter cheb Idriss, ce serait grâce à mes origines sauf que lui serait le parfait contre-exemple de son hypothèse… Quant à mon marathon ça a été un peu une surprise pour moi, j’avais relativement confiance en moi pour tenir l’allure mais étant passé du 10K au 42,195km sans passer par aucune case intermédiaire, je ne savais pas vraiment dans quel pétrin je m’aventurais. Pour autant, j’étais aussi persuadé d’avoir des compétences de demi-fondeur en soirée. Mes qualités ne sont plus à démontrer.

Ton meilleur et ton pire souvenir depuis que tu es dans le team ?

Il y a tellement de souvenirs en 3ans à tirer la course à pieds vers le bas et la plupart ont été racontés par mes comparses mais je vais commencer par celui qui a peut-être été le premier, c’était le 10KM Paris Centre 2017. C’était la premiere fois où je courais sous l’étendard JF avec une bonne partie des gars, je découvrais pour la première fois l’adrénaline de courir une course en ayant suivi mon premier programme express (merci Nibrun). J’ai pu partager l’asphalt parisien pour la première et dernière fois avec la formule1 Benracer. Je finis par franchir la ligne avec Jean que je connaissais à peine en 36’37 ». Une vrai révélation sportive et sociale. Notre sponsor Tractolib nous avait donné des outfits pour l’occasion et Nike nous avait aussi bien régalé.

Alassan passant la ligne avec Jean et échangeant des mots doux avec Cédric en commentaires.

Pire souvenir je n’en ai pas vraiment. J’ai jamais vécu de véritable calvaire… Par contre une fois avec Idris, en bons camarades, nous voulions soutenir Cédric sur la seconde partie de son horrible marathon en 5h28. Résultat des “courses”, une rando de 19 bornes en plein cagnard dans Paris avec le privilège de contempler Ced après le 40ème poser une pêche trop mûre debout au beau milieu du bois de Boulogne, un chef d’œuvre.

Un jour Idris a dit très sérieusement à propos d’un de tes articles que c’était un « torche cul ». Est-ce que tu trouves que les journalistes comme toi ont de plus en plus de pression et que la liberté de la presse est menacée ?

Depuis cette réflexion, on notera pour le bien de nos lecteurs que je suis fichtrement moins actif en tant que pigiste et que je me cantonne à mon rôle de WebMaster. Ce que je constate, c’est qu’il y a de plus en plus d’articles polémiques ou en lien avec l’actualité hors-running sur le site et que notre ligne éditoriale a évolué. Critiqué pour la qualité  de mes papiers, je vais donc me limiter à écrire des Tops 10 pute à clic à la Running Heroes et faire ce que je fais de mieux chez JF, courir pour avoir des avantages en nature et fumer les records de mes aînés.

Peut-être que toi qui es féministe tu pourras répondre aux nombreuses personnes qui se demandent pourquoi il n’y a pas de fille dans l’équipe.

Il ne faut pas s’arrêter aux genres mais il y a plus de femmes qu’on le pense chez Jolie Foulee et je pense en faire partie. Ensuite, historiquement les filles qui ont rejoint JF n’ont pas toute connu de futurs très radieux. Il faut peut être aussi se rendre à l’evidence, les filles ne veulent pas postuler. Il faudrait poser cette question à Pierre et Kevin, ceux qui ont le plus benchmarké le sexe opposé .

Balance nous un secret sur un des gars de l’équipe.

En 2017, Nicolas et Lio ont eu la « chance » de courir le marathon de Boston. Tous les deux revinrent en France en portant fièrement la veste Adidas dédiée de l’édition qui était disponible au salon du running. Lionel rongé par les remords mis plusieurs mois à avouer à son pote qu’il l’avait lâchement volée pendant que son pote était à la caisse. 

Alassan

Kevin en 2h30 sur marathon, Idris au-dessus des 100kg sur la balance, ton mariage avec Saint-Bernard. Comment vois-tu l’avenir de la team ? 

C’est sur que la fin de l’année va être un tournant chez Jolie Foulée avec l’arrivée de trois bambins , il est possible qu’on arrive à la fin d’un cycle si on voit l’implication de Benracer après qu’il soit devenu parent. Dans la situation actuelle, il est difficile de prédire quoi que ce soit. Je vois bien quelque membres se reconvertir, Tdrl en politique, Adrien Besnard à la tête d’une ONG, Cédric lancer une marque de gel hydro-alcoolique, Jean mort en essayant la traversée de la Cordillère des Andes à cloche pied et Nicolas admis en asile après avoir transformé son domicile en nid d’oiseau. Une chose est sure, c’est que Saint-Bernard et moi, nous vivrons notre idylle dans une villa vers Ramatuelle.

Ta définition façon « torche cul » d’une Jolie Foulée.

Je pense qu’il faut aller voir du côté de mon homonyme Mo Farah, mon champs lexical de la course à pieds est trop limité pour arriver à décrire quoi que ce soit. J’ai eu la chance de le voir courir à Londres en 2018, et on ne fait clairement pas le même sport. Étant accoutumé à la foulée congolaise de Cedric, j’ai pris une cher grosse claque.

Mo Farah
Alassan « Gros » Farah