QUI ES-TU PIERRE CBD ?

Plus régulièrement convoqué par le sélectionneur depuis qu’il est venu habiter à Paris, Pierre CBD avait toutes les qualités requises pour faire sa place au sein de cette belle bande de prix Nobel qu’est Jolie Foulée. Un physique à la Roch Voisine, un style de jogger roumain et l’humour de Franck Dubosc, it’s a match !

Pierre, peux-tu te présenter rapidement, d’où viens-tu, quel âge tu-as, ce que tu fais dans la vie, mer ou montagne, ville ou campagne, etc. ?

Je suis né le 4 février 1988, comme la chanteuse Leslie (celle qui chante « Kore et Skalpe… Raï’n’b feveeeeeeeeeer »… au début de son featuring avec Amine). J’ai grandi à Rosny-Sous-Bois dans le 93, mais je suis né à Paris, ce qui facilite les démarches administratives. À l’âge de 10 ans, après les liesses de l’été 98, tout bascule et c’est l’exode rural : Maryse et Philippe, mes parents, décident d’émigrer dans le 69 à Lyon, une petite ville à côté de Bron. Aujourd’hui je bosse dans le e-commerce, je bois un bol de Nesquik tous les matins, et je suis contre faire barrage aux législatives. Côté sport, j’ai un faible pour le football et le ski, et je pense que la course à pied doit compléter le podium, sans que je puisse l’expliquer.

Tu es un peu dans l’ombre de Jolie Foulée mais jamais bien loin dans les bons moments (dossard gratuit, participer à Breakin5, se mettre des taules aux after, etc.). Comment vois-tu ton rôle de joker dans l’équipe ?

C’est vrai que je suis un peu comme Adil Rami lors de la précédente Coupe du Monde : l’équipe et le coach n’attendent rien de moi, en revanche dès qu’il s’agit de fêter le titre, ou d’apparaître sur la photo officielle, je ne me fais pas prier. Je n’ai pas les capacités physiques des vedettes de la team, je ne connais pas grand-chose au monde du running et je ne bosse pas dans la sape ou l’évènementiel sportif ; une place de titulaire semble donc difficile à obtenir. En revanche je connais depuis plusieurs années certains gars de JF, du temps des skyblogs et d’MSN : Idriss était maigre, Cédric et Lionel ne buvaient pas d’alcool, Jérémie n’avait pas son permis Tractolib, on parle d’une autre époque…

Mine de rien, tu es plutôt parmi les moins mauvais coureurs de l’équipe, sans t’entrainer beaucoup. Peux-tu nous donner tes records et tes objectifs ?

J’ai beaucoup moins de facilités que certains, je suis plutôt dans la catégorie des besogneux, des travailleurs sans talent, qui compensent par le mental. Ma plus grande fierté reste la 2ème place ex-aequo avec Lionel lors de la course Hello Birds à Étretat, il y a 2 ans, grâce à une étude préalable du parcours, qui laissait entrevoir un raccourci entre le 5ème et le 8ème km de course (gagner sans tricher, c’est pas vraiment gagner). Côté chronos, je cours toujours derrière un sub 40’ au 10km, mais rien à faire, j’ai vraiment trop la flemme de m’envoyer des fractionnés, je reste donc bloqué à 40’40, malgré un énième essai à Lyon avec Alassan en pacer l’année dernière. Je n’ai pour l’instant qu’un seul marathon à mon actif, en 2015 à La Rochelle, que j’ai terminé en 3h29, je vise donc 3h15 pour le prochain marathon, grâce au plan du coach Nibrun.

Tu as également à ton actif pas mal de participations aux Nuits Sonores ou à Hello Birds avec Jolie Foulée. Est-ce que l’équipe est aussi déterminée sur un festival que sur une course ?

Ah « LÀ ON PARLE ! » comme dirait Cédric. Ça va 5 minutes la course à pied, la seule véritable motivation c’est surtout les après courses et les soirées chez Jolie Foulée. Et de ce côté-là, le niveau est beaucoup plus homogène dans l’équipe, et les mecs sont toujours chauds comme des bols de pisse quand on évoque le prochain after. Il faut quand même préciser que ce n’est pas un métier facile, on se prépare toute une année pour faire 3 ou 4 jours de Nuits Sonores, ou un week-end Hello Birds à Étretat.

Quand vous étiez étudiants à Toulouse, tu as participé à quelques sessions d’entrainement dans le club de Lionel. Raconte nous cette époque. Ça t’a donné envie de courir ?

Quelles années ! On était tous les 3 en colocation avec Cédric et Lionel, dans la cité du Mirail à Toulouse. Une fois par semaine on accompagnait Lionel à ses entraînements d’athlétisme, j’y allait vraiment à reculons. J’entends encore la voix de son coach qui, après nous avoir foutu Cédric et moi dans le groupe le plus lent, nous précisait « les garçons pour le dernier 800 de la série, vous ferez 400 mètres uniquement ». La première fois, on s’est tous les deux dit « Mais qu’est-ce qu’il croit celui-là ?? On va les faire sans problèmes mon vieux tes 800m ! ». En fait pas du tout, il avait bien raison, malgré la faiblesse de notre groupe, on était de loin les plus mauvais, et on n’a jamais réussi à terminer son putain d’exercice ! Bon je dois l’avouer, Cédric a ensuite régulièrement esquivé cette sortie hebdomadaire, prétextant une pubalgie imaginaire, pour faire comme Benzema.

À l’époque Cédric était facilement devant toi. Aujourd’hui tu lui mets plus de 30 minutes dans la gueule sur marathon. Comment as-tu progressé et surtout pourquoi est-il devenu si nul ?

Haha c’est vrai, je me souviens encore de notre premier footing tous les trois dans un parc à côté de notre appartement toulousain. J’avais passé un été de débauche, quasiment sans faire de sport et au bout du 2ème jour de colocation, Cédric et Lionel me propose un « footing tranquille ». J’ai tenu 15 minutes, avant d’avoir des vertiges et le souffle coupé, sous un soleil de plomb. Je m’étais dit « ces enfoirés ils déconnent pas avec le running » et Cédric était affuté à ce moment-là, si si je vous jure. Je pense que Cédric a régressé quand il a découvert la boisson, les filles et les soirées à Toulouse. Tout ça ne fait pas bon ménage avec une vie d’athlète ! Mais je connais ses capacités physiques, et avec quelques kilos en moins, couplés à une préparation sérieuse, il peut aller chercher Jérémie sur marathon.

Ton meilleur et ton pire souvenir depuis que tu es dans le team ?

Meilleur souvenir sans hésiter Hello Birds à Étretat en 2018 : c’était clairement l’ambiance colonie de vacances dès les premières heures, alors que pour la plupart d’entre nous, c’était le premier week-end que l’on passait ensemble. C’est là-bas que j’ai appris à connaître Jeannot, Thib, Kévin, Tdrl, Adri et Romain. On a clôturé l’aventure avec une photo mémorable sur une plage de gars laids. La plus mauvaise expérience, ce n’est pas dans le cadre de Jolie Foulée, mais c’est avec Cédric, Jérémie et Lionel, lors de notre séminaire 2018 en Croatie, j’avais dû partager le lit avec Ced, après un pierre-feuille-ciseau bêtement perdu. Il faisait 45 degrés sous le toit ouvrant du camping-car, et la mitraillette congolaise a décidé de ronfler toute la nuit…

Pierre CBD

Tu as régulièrement une dégaine affreuse pour courir, maillots de foot vintage, mélange de toutes les marques possibles, k-way XXL. Comment définirais tu ton style ? Où puises-tu ton inspiration ?

Haha merci connard. C’est vrai que, ne bénéficiant pas de dotations régulières de la part des marques, je mixe avec d’anciennes fringues de foot, des t-shirt de courses et des cadeaux de l’équipe (en gros les affaires moches que personnes ne veut). On peut vraiment dire qu’il n’y a pas de recherche d’harmonie vestimentaire… Je m’inspire pas mal de mon père, qui a toujours considéré que partir faire un footing, c’est comme sortir les poubelles : les autres ne te verront que quelques secondes, alors pourquoi s’emmerder avec le style ?

Balance nous un secret sur un des gars de l’équipe.

Je pourrais écrire une encyclopédie sur Lionel et Cédric, et quelques dossiers sur Jerem, Alass ou Idriss… Au lycée, Lionel a écrit un poème à une fille en commençant par « Je t’aimais, j’étais con… » et Cédric invite les filles au resto avec sa carte Restopolitain, pour ne payer qu’un menu sur deux.

Ta définition d’une Jolie Foulée.

C’est comme pour une Jolie Fille, difficile de donner une définition, mais quand on en voit une, elle fait l’unanimité.

Pierre

Photo de couverture @Romainbourven, autres photos, collection personnelle de Maryse CBD.