C’est un gros chantier auquel s’attaquait Mizuno avec la Wave Rider 30. La Wave Rider, c’est la référence chez la marque japonaise, celle qui existe depuis plus de 30 ans et qui a toujours été la valeur refuge des marathoniens de l’âge de nos darons. Une paire adorée pour sa stabilité et sa rigidité, dans laquelle les fidèles de la marque ne pouvaient jamais vraiment se planter. Sauf que justement, cette fidélité avait un prix : la Wave Rider avait clairement un petit train de retard sur ses concurrentes, un look et un shape franchement rétro qui ne faisaient plus vraiment rêver. On a eu la chance d’être conviés au lancement de cette nouvelle version à Hambourg. Pourquoi Hambourg ? Mystère et boule de gomme, mais on n’allait pas cracher sur l’occasion de savourer une bonne mousse locale au passage.
Esthétique : c’est une vraie fracture avec le modèle précédent, et c’est le mot qui convient. Mizuno a osé un camouflage « effet vague » sur la semelle, histoire de bien faire sonner le pacemaker de leurs clients les plus fidèles. Le médio-pied est élargi de 14 mm par rapport à la 29, le drop passe de 10 à 8 mm, et la silhouette générale est clairement plus moderne. L’équipe R&D se vante d’avoir enchaîné dix itérations avant d’arriver ici, et ça se voit. La 30 n’a plus grand chose à voir avec la planche à pain de papa.
Confort : le gros morceau, c’est la mousse. Fini la semelle un peu sèche d’antan : la 30 empile maintenant deux couches, une ENERZY NXT gonflée à l’azote par-dessus et une plus dense en dessous. La fameuse plaque Wave, elle, ne se planque plus uniquement sous le talon et file désormais jusqu’aux orteils. Le résultat : une paire beaucoup moins rigide qu’avant, relativement confortable et même un poil dynamique. On se sent bien dedans.
Performance : soyons honnêtes, à part les feedbacks de cheb Idris, cofondateur de JF passé par les classes de Mizuno, personne chez les untalented n’avait jamais sérieusement testé la marque ces dernières années. Mais cette Wave Rider 30 a clairement la qualité pour faire de l’ombre à des références du marché comme la Vomero chez Nike ou la Novablast chez Asics. L’athlète français Benjamin Choquert, marathonien en 2h07 et sponsorisé par la marque, nous a confié avoir reçu la paire six mois plus tôt et l’avoir directement glissée dans sa rotation et qu’elle était tout à fait capable d’encaisser des séances avec un poil de rythme.
Résumé : Mizuno a réussi sa Wave Rider 30 en gardant ce qui faisait sa réputation de fiabilité tout en se débarrassant de ce qui la faisait vieillir. C’est une paire moins rigide, confortable, polyvalente, et qui n’a plus à rougir face à la concurrence. À 159,95 €, on se situe dans les mêmes eaux que ses rivales directes. Bon, on reste sur du Mizuno ce n’est pas la marque la plus trendy mais force est de constater que depuis trois ou quatre ans, les marques historiques sont obligées de prendre le train des nouvelles colorimétries, des nouvelles formes et des tendances comme l’hypercushioning pour suivre la cadence. Et nous, membres de JF qui approchons dangereusement la quarantaine, on est fiers de rocker aujourd’hui ces marques au storytelling authentique, celles qui ne jouent pas la carte de qui a le plus gros budget marketing.
Fiche Technique
Chaussure d’entraînement quotidien
Neutre
Drop 8 mm (contre 10 mm sur la 29)
282 g H / 219 g F
Stack : 42 mm au talon, 34 mm à l’avant-pied
Mousse : double densité, ENERZY NXT infusée azote au-dessus, couche plus ferme en dessous
Plaque : MIZUNO WAVE pleine longueur
Tige : maille tricot respirante, languette gousset, tirant au talon
Semelle : gomme carbone X10 sur les zones d’usure
Prix : 159,95 €
À noter : comme pour la plupart des tests que nous faisons, le produit est offert par la marque pour effectuer le test.











