À la suite d’une expérience traumatisante au marathon d’Athènes fin Novembre, les Londoniens Jérémie et Adrien reviennent aux affaires après leur Brexit de la course à pied. Avides de nature et d’air pur, ils n’ont pas trop réfléchi avant de se jeter dans le vide à l’occasion d’un trail de pute : la Sussex CTS Endurancelife, en s’en tenant à son nom, mais aussi à la gueule du parcours.

Au choix, 55km, marathon, semi ou 10km, le long des célèbres Seven Sisters (les Sept Soeurs pour les chèvres en Anglais), falaises qui bordent la côte du pays d’adoption de Mo Farah. Un trail sale au milieu des moutons, un dénivelé de fumier, des chemins dans les champs plein de merde des troupeaux, et un vent glacial du genre à vous retourner en pleine face le mollard que vous venez de cracher. Le décor est planté. Pour se mesurer à ce défi beaucoup trop ambitieux par rapport à leur motivation actuelle pour aller courir, c’est une vraie équipe de spécialistes qui a été constituée. Gandalf, qui va courir son premier ultra trail après avoir bu au minimum deux pintes par soir 5 soirs sur 7 la semaine précédant la course. Boris, qui vient de débuter la course à pied depuis un mois et qui va s’aligner en pirate sur le 10km avec Lucile et Céline à ses côtés. Qui elles, n’en ont « strictement rien à foutre de la course à pied ». Marcus, qui, quand à lui, s’aligne sur le semi, reconnaît n’avoir aucune idée du dénivelé. Et parce qu’on n’est jamais trop aidés, du dénivelé on va s’en farcir 1150m après s’être levé à 4h30 du matin.

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Tandis que Gandalf prend le départ de l’ultra à 8h30 en presque toute sérénité, le reste de la troupe attend le coup de feu pour le semi. En short et tee-shirt léger à manches longues, les compagnons d’infortune démontrent que la météo n’est pas leur fort. C’est donc le plan grand froid* à une heure du départ. Bas de contention, des contentieux, pas de compte en Suisse. Dès le premier kilomètre, il est facile de comprendre la galère dans laquelle on s’est engagé. Ça souffle, et ça grimpe salement. Les mollets sont déjà crispés, les jambes font mal, et on est à peine en haut de la première côte. En revanche la vue vaut d’être vue. On serpente pendant quatre kilomètres le long des falaises taillées à vif par l’érosion, puis on bascule pour se retrouver au milieu de champs squattés par des centaines de moutons. On profite des parties à peu près plates pour allonger la foulée, on déroule dans les descentes, et on déguste dans les montées. Ça se joue au mental. Impossible de courir jusqu’au sommet des côtes, il faut alterner marche et course à pied. Tout est dans la gestion de l’effort et dans la capacité à avancer lorsque le dénivelé le permet. Le vent qui souffle de face atteint son apogée lors des trois derniers kilomètres, où on parvient à peine à progresser. Après 2h06’20, Jérémie franchit la ligne d’arrivée du semi le premier, et accroche une anonyme 158è place, suivi par Marcus en 2h17’08 », puis Adrien en 2h20’49 », pas mécontent d’avoir une nouvelle médaille à jeter à la poubelle après être allé courir trois fois en quatre mois. Pas de dossard, pas de chrono. C’est la dure loi à laquelle doivent se plier Céline, Lucile et Boris, les pirates du 10km. L’exploit de la journée, c’est à Gandalf qu’il faut le créditer. Il tord le cou de l’ultra trail en à peine 7h58’54 », et se classe 138è sur 145 finishers, sans compter les 40 fiottes qui ont abandonné. Les trailers ne sont jamais trop aidés.

* Contrepèterie

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