5 QUESTIONS À NIBRUN APRÈS SON 2:38:28 À VALENCIA !

Salut Nico, tu participais à ton 12ème marathon. Qu’as tu encore appris lors de la prépa ?

Salut à tous !
Déjà le 12e marathon, ça commence à faire. Le premier c’était en 2013 à Paris. Ça fait un peu plus de 1 par an, finalement c’est raisonnable ! Cette prépa a été riche d’enseignements. Tout d’abord j’avais coché ce marathon en décembre 2021, sans trop savoir si j’allais pouvoir le préparer comme il le faut (car j’allais être Papa en début d’année 2022). Finalement, et malgré un emploi du temps particulièrement chargé avec un nouveau job et une petite fille à la maison, j’ai réussi à tout faire rentrer. Il a fallu parfois faire des concessions (se lever à 5h15 du matin) mais j’étais plutôt content du travail réalisé à l’entraînement.
J’ai couru beaucoup plus de sorties à plusieurs (notamment le weekend) et c’est vraiment primordial pour ne pas subir le volume d’une préparation marathon. Malgré un petit coup d’arrêt en milieu de prépa suite à une grosse intoxication alimentaire, j’arrivais à Valence avec pas mal de certitudes sur mon état de forme. Contrairement aux précédents marathons, j’ai pris la préparation comme quelque chose de ludique qui faisait partie de mon quotidien, sans forcément me foutre une pression de malade comme l’objectif de l’année et je pense que cela a joué énormément sur mon mental. J’arrivais calme et serein à Valencia, il n’avait plus qu’à espérer que les planètes s’alignent !

Est-ce que tu as un secret, des conseils, une stratégie pour être aussi régulier dans l’allure ?

Alors je vais vous décevoir, mais il n’y a pas de recette magique, et surtout il n’y a pas de recette universelle. Après si je devais partager mon expérience, c’est surtout de visualiser la course la semaine précédente la compétition. Je me suis projeté mentalement plusieurs fois le marathon, en le segmentant par tranches de 5km. J’ai étudié les temps de passage que je devais réaliser sur chaque 5km, pour essayer d’être dans mon objectif de temps final !
Et puis, j’ai beaucoup répété l’allure pendant l’entraînement, donc je savais pertinemment quel était le tempo à tenir pour être sûr de respecter la feuille de route.
La stratégie de course c’était de passer au semi en 1h20’15 et d’essayer de finir fort en 1h19’15 pour faire 2h39’30 et passer sous les 2h40. Oui, je reste persuadé que courir un marathon en negative split est la chose la plus grisante qui existe en course à pied !

À partir de quel moment (s’il y en a un), tu sais que c’est gagné, que tu vas aller au bout et que le RP sera validé à l’arrivée ?

Déjà, j’étais excité comme jamais dès que je voyais des potes sur le bord de la route, j’hurlais en les voyant, je tapais dans les mains, j’envoyais des bisous, je me suis souvent dit « Non mais calme toi mon grand, c’est un marathon c’est pas une balade du dimanche ! » 
J’ai couru une bonne partie de la course avec Mathieu, avec qui j’ai beaucoup discuté. Quand je passe au semi en 1h20’05 sans avoir l’impression d’avoir dû m’employer, je me suis dis que ça pouvait donner quelque chose de bien.
Et puis dès le 32e kilomètre, j’ai décidé de commencer à produire un effort et là tout s’est emballé et je savais que le record allait tomber. Il a fallu attendre le 40e pour comprendre que le sub240 allait passer car demander à un marathonien de faire des calculs pendant une course c’est compliqué.

Qu’est-ce qui permet de mieux tricher, les AlphaFly ou le parcours de Valence ?

Pour moi, il a plusieurs facteurs inhérents à une performance et une bonne préparation, les voici : 

1/ La densité de coureurs, je finis 852e en faisant 2h38. Je fais 400e l’an dernier à Berlin en faisant 2h48. Tu es toujours dans des groupes de coureurs, jamais seul. C’est d’une aide incroyable.
2/ Le parcours, j’insiste mais c’est mon parcours préféré (bien loin devant Berlin que je déteste). Je suis persuadé que le record du monde tombera à Valence, fais gaffe à toi Eliud !

3/ La météo : courir un marathon par 10°c, sans vent, début décembre, soyons sérieux c’est une météo parfaite pour un marathonien. Faut pas me faire croire que 20°c à Copenhague en plein mois de mai c’est plus facile ! En tout cas, c’est décidé, plus jamais je ne cours de marathon entre mai et octobre, je suis nul sur cette période !
4/ Les AlphaFly c’est vraiment une paire pour les tricheurs, j’ai commencé à avoir « mal » aux jambes au 38e kilomètre. Je me souviens de marathon où la fatigue musculaire arrivait bien plus tôt dans la course. Il n’y a pas à dire, cette innovation technologique a changé la donne, mais vous le savez bien. Je préfère une Alpha à une Next pour un marathon. Pour les distances plus courtes c’est une autre histoire et beaucoup d’autres marques se tirent la bourre !

Des rumeurs évoquent une reconversion dans le trail, est-ce qu’on te reverra sur la distance qui t’as rendu célèbre ?


Deux sentiments m’animent, le premier c’est la satisfaction et le devoir accompli. Je suis remonté sur le podium JF sur la distance marathon, un peu plus d’une minute derrière Alass et une minute devant Jean. Je sais que Lionel va vouloir remonter sur la boite car son 2h42 ne suffit plus. Le second sentiment c’est surtout un besoin de fraîcheur, j’ai envie de passer plus de temps sur les chemins, j’ai trop adoré les sensations vécues au marathon du Mont-Blanc et sur l’assistance de la CCC. Et puis je suis un pur produit isérois, ça serait bête de se priver du terrain de jeu local qui s’offre à moi ! Je reviendrais certainement sur la distance reine, car il faut que je coche les 2 derniers majors qui me manquent : New-York & Tokyo ! Vous n’avez donc pas fini d’entendre parler de moi !

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