Paul Anselmini fait partie de la nouvelle génération (très talentueuse pour le coup) de pistards français, dimanche dernier, il a couru la Diamond League de Paris dans un kit vintage Nike, fourni par son ami Alexandre Selles de Rematch. Un kit de 1997, notamment porté dans ses grandes années par l’ancien détenteur du record du monde du 800m, le kenyan Wilson Kipketer. On a voulu en savoir plus sur cette idée, sur ce 1500m couru à domicile, devant son public, avec un résultat qui méritait mieux que ce nouveau RP en 3:31:36.
















Tu peux te présenter en une phrase ?
Bonjour, Paul Anselmini, athlète convaincu que le look est le principal vecteur de performance.
Tu as couru la Diamond League dans un kit vintage Nike en partenariat avec Rematch. C’est toi qui les as contactés ou c’est l’inverse ? Et depuis quand vous aviez ça en tête ?
Courir la DL de Paris avec ce kit Rematch est apparu comme une évidence au début du projet. Alexandre, le fondateur, est un de mes amis les plus proches. Quand il me propose le projet en février, j’ai tout de suite été très réceptif. C’était important pour lui, comme pour moi, de marquer le coup chez nous, et dans cette manière un peu « en famille ».
Est-ce que cela a été facile à valider auprès de Nike, auprès de l’organisation du meeting ?
En tant qu’athlète Nike, on a des obligations assez cadrées sur nos tenues de compétition. À la manière d’aujourd’hui, le kit de 97 ne devait pas faire exception. Nike a rapidement été réceptif au projet et la suite en a été facilitée.
À quel point c’est important pour toi le style, la prestance, est-ce que cela peut être déterminant dans ta préparation mentale ?
J’ai toujours porté une attention particulière à mon style, que ce soit en compétition mais aussi à l’entraînement. Les athlètes sponsorisés reçoivent globalement les mêmes kits. Étant donné que j’aime bien me différencier de toutes les manières possibles, je suis toujours à la recherche de cette dernière pièce qui saura faire son petit effet. Plus spécifiquement pour la compétition, je trouve ça déterminant, que ce soit pour le confort mais surtout la prestance, ça impose quelque chose aux adversaires.
Sur la ligne de départ, comment les autres athlètes ont réagi en te voyant débarquer en kit vintage ?
En voyant le kit, les plus anciens ont tout de suite esquissé un sourire. C’était un moment de nostalgie, même chez certains athlètes de mon âge, c’était le kit de leur papa (Niels Laros). Je trouve que ça a été super bien reçu tant chez les athlètes que dans le public ou sur les réseaux. C’était un moment où on voulait montrer que les choses n’étaient pas figées, on voulait faire différemment.















Niveau technique, tu as couru forcément avec des produits un peu plus lourds, un peu moins évolués que ceux d’aujourd’hui. Quelles conséquences sur ta perf ?
C’est sûr que le kit paraît moins performant que celui d’aujourd’hui mais cela reste du Nike. Même en 97, la marque savait y faire et c’est pour ça que je suis chez eux. Ce qui m’a le plus dérangé en vérité c’est la technologie d’aujourd’hui, avec la puce dans le dossard qui a tendance à tirer tout le maillot vers l’avant. Ce n’est pas si dérangeant non plus, il faut être prêt quelles que soient les conditions.
Au final ça fait RP. C’est grâce à ça ? Ça aurait eu moins de gueule si tu avais fait un chrono dégueulasse non ?
C’était important pour moi de faire honneur à ce kit. À la maison avec une occasion si spéciale, on ne sait pas quand il nous sera rendu possible de réitérer. Je reste toutefois un peu insatisfait, j’aurais vraiment voulu rendre ça exceptionnel.
Tu connais l’histoire, l’époque de ce kit. Tu l’as choisi pour le look uniquement ou il y a autre chose ?
Je ne suis pas le plus pointilleux sur la culture track/running mais Rematch m’a beaucoup éduqué autour des légendes qui ont rendu ce kit iconique. Forcément, quand on sait que Kipketer a fait ses grosses perfs avec, on ne peut qu’aller vite. J’ai longuement hésité avec un autre kit, qu’on aura peut-être l’occasion de vous montrer, car c’était celui d’El Guerrouj. Je pense que cela répond à la question qu’on me pose souvent : 8 ou 15.












Tu vas remettre ça ? Tu as du stock dans ta garde-robe ?
Bien sûr, mais uniquement pour un grand soir comme dimanche dernier. Il faut rendre ça spécial. Du stock ? Rematch en a.
Merci pour ton temps. Qu’est-ce qu’on doit te souhaiter pour la fin de la saison ? Tu as préparé un kit vintage de l’équipe de France pour Birmingham ?
Paris était une étape sur mon chemin vers une médaille à Birmingham. J’ai toujours été un homme des championnats et repars rarement sans une médaille. il faut continuer ainsi. Pour voir si c’est le cas, il faudra être là. Merci à vous.
Crédits photos : Rematch.












