MARATHON DE NUREMBERG : LE PLAN POUR TOUT NIQUER A ENCORE FONCTIONNÉ

On vous avait gentiment mis à disposition le plan marathon pour tout niquer concocté minutieusement par le coach Nibrun. Celui-ci devait être suivi par Jérémie pour le marathon de Paris 2020, faute de pangolin, impossible d’aller plus loin. Alassan avait prévu de bring the house down au marathon de Londres, faute de lockdown, fin de l’histoire.

Marathon de Nuremberg – Un marathon couru en solitaire !

Pour réussir à courir un marathon en cette période inédite, il fallait habiter du côté de l’Allemagne, et plus particulièrement à Nuremberg.
Pas de confinement imposé donc une véritable aubaine pour s’entraîner pour un marathon en respectant les distanciations sociales.
Et c’est bien ce qu’a réalisé notre ami Vincent, expatrié français qui vit depuis quelques années dans ce trou paumé allemand. Il devait prendre le départ du marathon de Copenhague, finalement il a pris celui de Nuremberg : 1 engagé, 1 participant, 1 finisher.

Résultat ? On vous laisse lire cette incroyable histoire.

Cette image est beaucoup trop saine*

Bonjour Vincent, est-ce que tu peux te présenter un peu ? Présente nous un peu ce projet qui te trottait dans la tête depuis l’annulation de ton marathon de printemps ?

Moi c’est Vincent, 32 ans. Originaire de Paris, je suis installé en Allemagne où je bosse pour adidas Originals. J’ai commencé la course à pied il y a un peu plus de 4 ans après avoir fait pas mal d’autres sports (foot, escalade, tennis). J’ai attrapé le virus et c’est comme dans pas mal de choses que j’entreprends. Je suis fasciné par ce sport : la diversité des efforts, le côté esthétique, que ce soit les tenues, les attitudes, les foulées aériennes ainsi que les grandes figures qui ont fait ce sport. 

 » Et pourquoi pas le courir à domicile ? « 

Pour Noël, j’avais offert à mon père un dossard pour le marathon de Copenhague. Il s’est mis à courir à 68 piges et depuis est devenu complètement accroc. Raté.
La prépa a commencé début mars, j’ai ensuite continué à m’entraîner pour garder la forme vu que c’était autorisé en Bavière. Il y a 2 semaines, après la dernière sortie longue, je me suis dit que c’était le moment.

Raconte nous comment on se prépare à un marathon non officiel ? Est-ce que tu en as Bavier ?

J’ai l’habitude de m’entraîner la plupart du temps tout seul et j’aime ça. Le côté méditatif du truc. Le plus dur, ça a été de suivre le plan marathon pour tout niquer ! Y a eu des séances vraiment difficiles où j’ai jeté l’éponge comme après ce fameux 8x1000m où je n’ai même pas réussi à en faire 3. Il y a un truc que pas mal d’athlètes (dont Julien Wanders) n’arrêtent pas de répéter et que j’ai appris à apprécier c’est « Trust the process ». Véridique.

TRUST THE PROCESS COMME DIRAIT L’AUTRE.

Comment s’est passée ta course ? Tu avais prévu un plan de course ? Et les ravitos, tu avais prévu des grandes chopes de Maurten ?

Je casse le suspense direct, c’était une course et une journée de rêve ! PB explosé de 11′, sub3h, negative split. Je suis encore sur un nuage.
Évidemment, j’avais tracé un parcours auparavant. Je connais bien le coin, je m’entraîne tout le temps ici.
J’ai commencé à parler de mon projet à quelques potes autour de moi 10 jours avant la course et certains étaient motivés pour être sur le parcours et m’encourager. De là, j’ai rendu le truc un peu plus sérieux, j’ai défini une heure de départ et j’ai communiqué sur des endroits de passage avec les chronos associés. Ma copine m’a suivi à vélo avec les ravitos et franchement ça fait la différence.

 » Parfois, je me croyais sur le Tour de France, je levais la main et elle venait se mettre à ma hauteur pour me ravitailler ! Le rêve quoi. « 

Cerise sur le gâteau, j’ai 2 potes qui sont venus m’accompagner sur le parcours, ils ont été exceptionnels.

Si tu devais donner un conseil à tous les fainéants comme nous qui manquons de motivation pour aller s’entraîner ?

Quand on a vécu une course comme moi hier, avec l’impression de voler sur la fin de la course, c’est juste un sentiment magique. T’as plein de mecs qui te parle du « runner’s high » ; on finit complètement défoncé ! Néanmoins cela passe par l’entraînement.

 » Franchement, on ne va pas se mentir, la course à pied c’est un sport ingrat ! « 

Mais c’est justement ce qui rend certains moments exceptionnels. Au delà de la course, ce que j’ai kiffé, c’est de partager cette expérience avec des potes. Et de me rendre compte, à mon humble niveau, que je peux inspirer les gens autour de moi et les motiver.
Non seulement cela ne me donne plus du tout envie de lâcher 100 balles pour un dossard mais plutôt d’organiser plus de projets comme celui-ci.
Pour répondre à ta question, mon conseil c’est celui d’Aimé Jacquet aux Bleus en 98 : « Fixez-vous des objectifs et venez pas m’emmerder ! »

Pour toi, c’est quoi une Jolie Foulée ?

Une Jolie Foulée c’est une foulée légère et silencieuse mais avant tout c’est une foulée puissante.

Et pour les fanatiques de data, direction Strava :
Négativ split ( 1h29’25 / 1h28’38)
2h58’03 – 11 minutes PB.
Segment Strava créé pour l’occasion.

Le sang de la veine