« Vraiment ?? » c’est une nouvelle rubrique de Jolie Foulée où on arrête de tout applaudir par politesse et on peut enfin exploiter nos potentiels de gros grincheux. Le running est une communauté passionnée, parfois un peu trop complaisante. Une chaussure sort, c’est incroyable. Un event de marque, c’est génial. On like, on partage, on ne questionne pas trop. Chez Jolie Foulée, on questionne, on se confronte à quelqu’un qui y croit vraiment. Un débat de bonne foi, sans règlement de comptes, mais sans langue de bois. Pour ce premier épisode : Satisfy x adidas. Un lancement organisé en Arizona, entre désert et concert de hard rock, pour une poignée d’influenceurs et de journalistes triés sur le volet. Ce qu’on a vu passer sur les réseaux ne nous a pas convaincu. Ni l’événement, ni ce qu’il dit de l’approche running de la marque. On leur reconnaît tout : le savoir-faire, la cohérence, la capacité à fédérer une communauté passionnée. Mais dix ans de désert, de références rock et d’esthétique ultra-américaine, ça commence à peser. La recette est connue, le résultat prévisible et la communauté qui gravite autour est en train de se manger la queue : des milliers de coureurs habillés pareil, qui postent pareil, qui ne savent même pas que les étiquettes emblématiques sont faites pour être arrachées. Ce qui était un état d’esprit est devenu un uniforme. Satisfy est peut-être en train de devenir la victime de son propre succès. Alors j’ai demandé à Caroline, notre Caro internationale, qui était sur place, de nous défendre tout ça.
Caro, peux-tu te présenter rapidement pour ceux qui ne connaissent pas notre Caro internationale ?
Salut, moi c’est Caro. Je travaille chez Distance à Paris depuis plus de 4 ans en tant que vendeuse, et depuis quelques mois je m’occupe également des activations et de l’organisation d’événements au sein de la boutique parisienne. La course à pied a une grande place dans ma vie. Je cours pas mal avec le groupe Jolie Foulée depuis un peu plus d’un an, et j’ai co-créé un club qui s’appelle No Lap Club avec mes copines du club d’athlétisme d’Aulnay-sous-Bois depuis novembre 2025. Depuis 3 ans, je me suis spécialisée sur le track & field et notamment le 1 500 m, qui est ma distance favorite.
Tu reviens tout juste d’Arizona où tu as participé à l’événement Circle Pit pour le lancement de la collab Satisfy x adidas. Explique-nous dans quel cadre tu y étais, qui t’a invité et qui tu as retrouvé sur place ?
Effectivement, j’ai eu le privilège de faire partie de l’aventure pour le lancement de cette collab. J’ai été missionnée par Distance pour représenter fièrement le magasin pour ce lancement produit. On était une soixantaine de retailers, médias et créateurs de contenu axés running et lifestyle. Distance a été invité en tant que shop et running specialist. Sur place, je n’ai pas été trop dépaysée, puisque j’ai retrouvé pas mal de têtes familières qu’on a l’habitude de côtoyer durant les Fashion Weeks à Paris et les événements running internationaux en général. Sur la partie retailers européens, on n’était pas beaucoup. Il y avait une personne de chez DSM, les Belges de chez Handshake à Bruxelles et les Anglais de chez End. Ensuite c’était beaucoup de médias, comme Runlifestyle ou Office Magazine entre autres. Il y avait également des créateurs de contenu que je connaissais un peu moins, mais c’était génial de tous se retrouver dans un cadre unique. Le plus, c’était d’être avec leur team d’athlètes, dont Max Jolliffe (qui vient de terminer la fameuse Cocodona 250) et Molly Seidel, athlète américaine, marathonienne et olympienne de Paris 2024.
C’était quoi la promesse de l’événement ? Et est-ce que la réalité a été à la hauteur ?
En vrai, on était dans le mystère total jusqu’à notre arrivée à Tucson, en Arizona, la veille de l’événement. J’étais donc vraiment très excitée de faire partie du voyage (c’était ma toute première fois aux États-Unis). Je savais juste que c’était pour le lancement de l’Adios Pro 4 x Satisfy.
Décris-nous l’ambiance. Qu’est-ce qui t’a marquée, positivement ou non ?
Tout d’abord, le cadre était juste fou. Entre 35 et 39 degrés en pleine journée, un hôtel type resort vraiment cool et bien dans le délire Arizona. Seeding dans nos chambres avec les produits de leur nouvelle collection et bien évidemment la fameuse Adios Pro 4 (que j’ai eue en gris). Mais aussi quelques produits de la gamme Adizero d’adidas. On a vraiment été accueillis aux petits oignons par adidas et Satisfy. Le premier soir, on a fait un grand dîner avec tous les invités pour se familiariser, avec Brice en MC, il nous a sorti le costume et les santiags. C’était super chill et intimiste. Le lendemain, jour de course, on nous avait conviés à un shake out run à 7h (température oblige) de 5 km dans le quartier où on dormait. Puis direction la course à 16h, au Naranja Park. Un super spot avec une vue incroyable sur Tucson. Et là on a pu découvrir le setup à la sauce Satisfy : piste de skate avec du Satisfy et de l’adidas partout, une main stage pour les groupes de hard rock, un grand écran, une aid station avec des snacks, des boissons et du ravito Maurten. Ça faisait penser à un festival de musique. On a récupéré nos dossards et fait quelques tours d’échauffement sur la track, jusque-là on ne savait toujours rien du concept. Ce que j’ai ressenti, c’est qu’adidas a vraiment laissé carte blanche à Satisfy en termes de direction artistique. Tout était pensé dans les moindres détails : stand de merch comme dans un festival de hard rock, les snacks préférés de Brice, les boissons aux logos Satisfy x adidas, un staff incroyable. Bref, on était en pleine immersion dans l’univers Satisfy. Le concept : 3 heats (représentés par les couleurs de la chaussure : verte, marron et grise) qualificatifs pour une finale. Ils prenaient les 3 premières femmes et les 3 premiers hommes de chaque heat. J’ai fini 5e femme de la finale. Et la fin de la course était déclarée dès que chaque groupe souhaitait arrêter de jouer. C’était assez fou avec la chaleur, la musique à fond et le parcours atypique sur la piste de skate avec plein de bosses.
Avais-tu déjà été à un concert de hard rock ? Tu as été séduite ?
J’avoue que je n’y connaissais vraiment rien à cet univers. Mais ce que j’entendais des connaisseurs présents, c’est que c’était de vraies stars qui jouaient, notamment le groupe Drain, qui sont des pointures dans ce milieu. C’était intense pendant la course car tu courais devant la main stage avec la musique à fond, ce qui était assez euphorisant.
Concrètement : quel est le lien avec la course à pied dans tout ça ? Est-ce qu’on est en train de parler d’une marque plutôt lifestyle qui utilise le running comme toile de fond ?
Je dirais que justement le lien, c’est l’Adios Pro 4, pour faire la jonction entre le lifestyle du côté esthétique de Satisfy et le running du côté pointu et haute performance d’adidas. Je pense que c’était nécessaire pour Satisfy d’avoir une paire performance sur route pour gagner en crédibilité et devenir une vraie marque running, comme le sont Nike ou Asics. Je pense qu’ils commencent à y arriver, même si l’étiquette de marque fashion leur colle encore à la peau. C’est un processus qui prend du temps, mais ça reste dans leur ADN : aller vers des produits haute performance à leur image, pour une clientèle haut de gamme. Et puis c’est clairement avantageux pour eux de s’associer à adidas au vu des dernières performances de la marque allemande au marathon de Londres notamment.
Ça râle partout sur les réseaux, chez les coureurs, chez les fans de hard rock, des gens dans les deux communautés se sentent utilisés. Et pourtant tout le monde en parle, nous y compris. Est-ce que Satisfy n’a pas trouvé la formule parfaite : peu importe ce qu’on dit, du moment qu’on en parle ?
Je trouve que le choix de travailler avec adidas marche extrêmement bien pour Satisfy. C’est à l’image de l’Adizero Evo SL selon moi, une chaussure qui ne fait pas de chichi et qui se veut performante, comme ce que cherche à faire Satisfy depuis la genèse du projet. Ça ne m’étonnerait pas d’ailleurs qu’on voie une future collab entre les deux marques sur ce produit. C’est très fort de leur part, dans l’esthétique de cette collab et dans la manière de communiquer. La preuve, tout le monde en parle et j’en suis certaine, ça va être un carton. Honnêtement, je pense que Satisfy a une communauté tellement forte que quoi qu’il arrive, la marque va perdurer encore très longtemps malgré les critiques.
Cette capsule, concrètement, qu’est-ce qu’adidas apporte à Satisfy et inversement ? Et toi, au-delà de ça, qu’est-ce qui t’a tapé dans l’œil côté produits ?
Qu’on se le dise : à part le travail sur les coloris et le storytelling autour de la collab (quand Brice faisait du skate étant plus jeune, il avait toujours une paire d’une couleur différente à chaque pied, ce qui explique les deux chaussures asymétriques de cette collab), il n’y a pas de travail réel sur la technologie. Ça reste une Adios Pro 4, tout bêtement. Cela dit, je pense que c’est une vraie valeur ajoutée pour adidas : s’associer à une marque comme Satisfy rend la marque aux trois bandes plus désirable. Ce sera en quantité limitée et sold out très rapidement. C’est peut-être ce qu’il manquait à adidas.
Tu es arrivée habillée comment à cet event ? On sature du total look Satisfy, ce côté uniforme de la hype running. Toi tu en es où là-dessus ?
Comme je le disais, on a eu des seedings assez sympas : Space-O, casquette, singlet, Mothtech… plus quelques pièces running d’adidas. On avait le choix de se styliser comme on le souhaitait. Le jour de la course, c’était un peu le festival de la Fashion Week Satisfy. Ce n’est pas forcément ma direction artistique quand je cours, vu que je fais pratiquement que de la piste maintenant. Mais c’était intéressant de mixer les looks et les styles, même si la grande majorité était en full Satisfy. Pour ma part, j’ai essayé de jouer le jeu et de représenter au mieux les deux entités. Ce que j’ai aimé, c’est vraiment d’associer des pièces adidas — brassière, casquette ou short, avec des pièces Satisfy. J’aurais aimé voir plus de looks comme ça. Ce qui était marrant, c’était de voir que c’était surtout la partie retailers qui faisait comme moi, tandis que la partie médias et créateurs de contenu était quasi exclusivement en full Satisfy.
Est-ce que tu veux ajouter un mot pour défendre / convaincre nos lecteurs sur l’intérêt du concept ? Tu n’es pas obligée !
Il est vrai que le concept de la course était un peu original. Je pense qu’ils ont eu l’audace de le proposer, et en vrai je trouve ça cool de se renouveler de cette manière et de faire quelque chose de différent. Après, je comprends que ça ne plaise pas à tout le monde. En tout cas, de mon côté (et je ne suis pas non plus la plus grande fan de Satisfy) je me sens ultra chanceuse d’avoir vécu ça (merci Distance ❤️). C’était vraiment fun. Et j’ai hâte de voir le film récap de la course !
Pas trop morte ? On connaît ton style de vie tourné vers la course à pied, comment tu vas récupérer de ce voyage, et c’est quoi ta prochaine course ? Est-ce que tu vas la courir en Satisfy ?
Direct sortie de l’avion, je suis allée courir le 2e tour des interclubs sur 3 000 m avec mon club d’athlétisme, ce dimanche 17 mai. Je prépare surtout ma saison sur piste en espérant battre mon record sur 1 500 m. Et cet automne, je vais préparer un 10 km, pourquoi pas avec l’Adios Pro 4 x Satisfy. J’utilisais déjà la paire pour mes compétitions, donc je suis très contente de pouvoir la chausser aux couleurs Satisfy !















































































