Une édition particulièrement agréable, avec du soleil, du sub3, le RP du marathonien le plus acharné chez nous et un monde de fou à notre after (merci !). C’est livré avec un peu de retard par le rédac chef de Pompier magazine et c’est ici et maintenant, le relevé de notes du marathon de Paris 2026.
Nibrun – TIGRE/ 10 – 2:34:15 (PB) : Bienvenue à bord de ce vol Brun Airlines. La température extérieure est d’environ 5/6 degrés en ce dimanche 12 avril 2026. Le temps de vol devrait être d’environ 2h34. Il avait un doux rêve, il l’a réalisé. Sûr de ses forces, notre coach s’est envolé vers les cieux, tout en maîtrise. Objectif : 2h34. Résultat : 2h34 et 15 secondes. 15 secondes, c’est le temps qu’il aurait pu prendre pour correctement faire son lacet. Arrivé au km 2, au milieu d’un peloton de frelons asiatiques, son lacet se fait la malle. Peloton dans lequel il faisait vraisemblablement bon vivre, puisqu’il a dû calmer les ardeurs de certains venus se mettre quelques coups de coudes. Par ailleurs, ses petits camarades du jour n’hésiteront pas à lui faire savoir que « faire ses lacets, c’est la base ! C’est une erreur de débutant, si on marche dessus, on tombe ». Perso, nous, à 3:38/km, on a autre chose à foutre que de discuter du prix du kilo de noix. En liberté conditionnelle pour la matinée, on déplorera son absence à l’after. Un coach se doit d’être exemplaire. Le nôtre l’est.
Saint-Bé x Pierre – À DEUX C’EST MIEUX/10 – 3:05:27 x 2:59:17 (PB) : Bienvenue dans ce nouvel épisode de « Mariés au premier marathon ». Une prépa en dents de scie à cause d’un tendon d’Achille défectueux pour Thibaud. Il troque donc la plupart du temps les souliers qui vont vite contre son home-trainer et sa passion pour la Guinness avec son ami Yanis. Côté Pierre, pas l’ombre d’une inquiétude jusqu’au jour J. Ces deux beaux éphèbes décident donc de courir main dans la main vers leur destinée. Comme un vieux couple qui s’avance vers l’église, ils se présentent devant le sas, déterminés. Résultat des courses : 2:59:17 pour Pierre et 3:05:27 pour Thibaud. C’est fort ! Un temps durant lequel ils auront pris du plaisir (on n’a pas d’infos sur la nature du plaisir). Un temps aussi qui a permis à Guinness de remercier Thibaut pour sa consommation en lui offrant des crampes et une ouverture du capot au 35e kilomètre. En guise de récompense ou de lune de miel, nos deux tourtereaux iront se délecter d’une petite soirée dansante place des Vosges. Y a-t-il eu rapprochement entre eux ? On ne sait pas. On revient vers vous dès qu’on a du nouveau. Retenez juste que l’important dans un couple, c’est de regarder dans la même direction.
Yanis – SOUPE À LA GRIMACE/10 : Fraîchement installé du côté d’Annecy, notre Basque bondissant revenait à Paris avec la ferme intention de prouver que la qualité de l’air est meilleure en bas. Jugez par vous-même. Kilomètre 5 : son genou commence à faire plus de bruit que la Toyota Yanis de papi Michel. TFL en Y(anis). S’installe alors au creux de ses lèvres le champ lexical de la douleur. Kilomètre 10 : cligno, warning, gilet, direction la bande d’arrêt d’urgence. Fin de course. Sans transition, 23h59 au Serpent à Plumes : le Y est en Y. Les chaussures qui dansent fonctionnent à merveille, les lunettes de vitesse aussi, les démons de minuit ont pris le dessus. Le reste appartient à l’histoire.
Cédric – 0,3 km/42 km : Les médisants aiment parfois dépeindre Ced comme un flemmard, un tire-au-flanc, un escroc. Mais ce dimanche, Cédric a bien entendu son réveil sonner, chaussé ses Adios Pro 4 neuves et s’est posté à Bastille pour attendre Thibaud et Pierre.
Il rentre dans le pack au 6e km avec son célèbre rire. Il se faufile pour se rapprocher de Pierre et lui lance un « ça va mon vieux ? ». Mais Pierre n’a pas le temps de répondre que Ced a déjà arrêté son effort. 300 mètres de pace irréprochable. Le sentiment du travail bien fait. Pas très à l’aise à l’allure pour casser les 3h, Cédric a en revanche bien cassé la voix pendant 3h au Serpent.
Martin – 19/20 : Un mois après avoir été accompagné par Yanis et Jean pendant 42,195 km au marathon de Barcelone, Martin débarque à Paris para correr con los amigos. Mais après seulement 3 km, l’essuie-glace de la Toyota Yanis est cassé.
Martin saute à bord du train sub-3 et s’empare des commandes de la locomotive sur 28 km. À son bord, Thibaud et Pierre qui vivent d’amour et d’eau (sans gobelet) fraîche. Alors que Pierre s’envole, chez Thibaud, les crampes prennent le dessus. Martin finit la matinée par un footing de décrassage aux côtés de Thibaud. Puis, au km 41, la sécurité constate son absence de dossard. L’ancien rugbyman reconverti dans la course à pied tente un cadrage-débordement, mais l’agent ne se laisse pas avoir. 36 km TTC. Un lièvre à la royale.
Adrien ft Clean P – 10/10 : On ne présente plus Clean P dans le milieu. Ce troubadour des temps modernes est ce soir associé en attaque avec… Adrien Besnard. Adrien qui, le temps d’une soirée, laisse sa place à Adrien-terminator du spectacle. De la charcuterie aux platines, il n’y a qu’un pas (de danse). Une ambiance des grands soirs. Ils ont cassé la baraque. Jul, Pitbull, David Guetta, une ratatouille musicale comme on les aime. Certains jouent du piano debout, eux mixent sans les mains. Ils passent plus de temps à ambiancer la foule avec leurs bras qu’à tripoter les platines. Mais la recette est payante. On a kiffé fort. Tellement fort que la boîte à troubadour a flambé. La soirée était en fond de 7 sur l’A7 quand on a franchi le mur du son. Plus de musique.
Une enquête est en cours pour déterminer les causes du sinistre. Mais en tout cas, merci messieurs !
Jean – NON NOTÉ CAR PAS UN FORMAT ULTRA : À force de faire don de son corps à la science du running, course après course, Jean décide ce dimanche de lever le pied. Il active le Pace Mode. Il prend donc place à bord du vol Brun Airlines. En première classe évidemment, épaulé par Renaud qui rôde non loin sur son vélo pour ravitailler Nico en kérosène. Premier ravitaillement en cours. Renaud passe la gourde à Jean, Jean la passe à Nico. Il fait le plein, la redonne à Jean qui, pour on ne sait quelle raison, la jette dans les roues du vélo de Renaud. Il n’y avait apparemment pas assez d’un soleil dans le ciel en ce beau dimanche… Plus de peur que de mal. La route se poursuit et il enverra sur orbite notre coach national. Enfin une bonne prestation Jeannot. Tu vois quand tu veux !
Lionel – 26/42 : Lionel était de retour sur le sol français la veille du marathon après un séjour américain chez Nike. Malgré un voyage en business où il a pu dormir comme un bébé, Lionel a connu quelques turbulences. Conditions de vol parfaites pour emmener Pierre sous les 3h pendant 20 bornes, mais les 6 km à 3’40 l’ont bien secoué. Mais félicitations pour son geste écologique : avec une empreinte carbone catastrophique lors de son aller-retour à Portland, il a couru sans chaussures carbone. Un geste remarquable pour la planète, contrairement à la pizza de viandard qu’il s’est enfilée post-course. Lionel : fracture du mental végétarien.
Idris – DNP (did not pace) : Éternels rivaux dans le manque de talent en course à pied, Idris et Cédric se sont une fois de plus affrontés dans une bataille de qui en fera le moins pour pacer. Et ils se sont tellement surpassés qu’il est bien difficile de désigner un vainqueur. Après avoir immortalisé ses 200m de pacing avec Nico grâce au Oakley Meta, Idris n’a pas pris très longtemps le bus sub3 de Pierre. Mais l’essentiel c’est bien d’être sur le bord de la route pour encourager les copains. Idris nous a même confié avoir attendu un troisième collègue… avant d’écourter son pacing aussi, mais cette fois parce qu’il le trouvait trop lent.
Guillaume – MÈCHE DE 10/10 : En détente, celui qui a tout plaqué pour aller respirer l’air de la campagne et taper du bois s’est rappelé aux bons souvenirs de ses années parisiennes. Reconversion menuiserie, oui, mais visiblement le moteur est resté réglé aux petits oignons. Une petite balade en 4:15, tranquille, comme si de rien n’était. Fiable, propre, sans bavure. Il a déroulé avec une aisance aérobie assez indécente et une vraie maîtrise du marathon pour remettre Pierre sur les rails d’un sub3 bien carré. Pas un accroc, pas un mot de trop, juste du travail bien fait. Du pacing Black & Decker : solide, précis, et ça ne tremble pas.
Renaud (écrit par Fracture) – VIRENQUE/20 : Les pompiers ont du cœur, et Renaud l’a encore prouvé tout au long de la matinée… et même du week-end. Il a bouclé sa prépa pour la Transaubrac en lime dans les rues de Paris. Présent à tous les étages de la course, il a régalé son monde en ravitos comme en bons mots, fidèle à lui-même. Peroxydé façon Richard Virenque croisé avec Eminem, c’est dopé à l’éthanol et à son sens de la fête de rugbyman qu’il a illuminé le Serpent à Plumes, telle une boule à facettes un peu jaunâtre, tout en faisant chier le voisinage avec sa voix d’arraché. L’homme qui monte en ce moment. Ne vous foutez pas en l’air s’il ne répond pas à votre lettre, Renaud va vous répondre.
Photos @stepanfilenko














































