Victoire en série, en demi et en finale. L’équipe Jolie Foulée composée d’Emma, Émilie, Zian et Flavien, a conquis le château de Montjuïc à Barcelone sans faire de prisonniers et repart avec un ticket pour la grande finale mondiale à LA en septembre.
Le format ? Aussi sauvage que le décor. Les séries se couraient sur les remparts, une boucle de 350m par coureur, nerveuse et exposée. Les demis et la finale descendaient dans le cloître du château, sur une boucle de 300m encore plus technique : des relances permanentes, des murs à éviter à pleine vitesse et des pièges pour les chevilles à chaque virage. Quatre coureurs, quatre boucles chacun, et un seul objectif : ramener la coupe à la maison.
Derrière cette perf, deux filles qui ont tout donné dans leurs CloudMonster 3 : Emma et Émilie. On les a interrogées au lendemain de leur triomphe.
Hello les filles, présentez-vous rapidement ?
Emma : Hello ! Je m’appelle Emma, j’ai 26 ans et je suis étudiante en sociologie des organisations, en plein stage de fin d’études chez Airbus. J’ai fait de l’athlétisme à haut niveau depuis toute jeune, sur 400 m puis sur 800 m. J’ai fait une sélection en équipe de France jeunes et j’ai un record de 2’04 au 800m quand j’avais 22 ans, qui m’a permis de partir en université américaine à l’University of Miami, une incroyable université de Division I. J’y ai passé deux ans. C’était une expérience de vie qui m’a fait relativiser mon rapport au haut niveau. De nombreuses blessures et galères sont arrivées sur mon chemin et, aujourd’hui, je me dis que sans ça, je n’aurais peut-être jamais découvert l’univers du running. Un univers qui me fait apprécier la course autrement.
Émilie : Moi c’est Émilie, j’ai 19 ans, je jongle actuellement entre la vie étudiante et la vie d’athlète de haut niveau. J’étudie l’architecture d’intérieur à Antibes et à côté de ça je m’entraîne tous les jours à Fréjus ! J’ai commencé l’athlé grâce aux cross du collège en 5eme, puis j’ai jamais lâché ça ! Mes rêves sportifs s’agrandissent au fur et à mesure que je les réalise et c’est vraiment ce qui me motive !
Comment vous vous êtes retrouvées à courir pour Jolie Foulée à Barcelone ?
Émilie : C’est très simple, un mercredi lorsque je partais sur mon footing, je reçois un message de Zian qui me demande si j’ai une compète de prévue le 30 mai. J’ai répondu que ça dépendait, et que j’étais encore en cours de réflexion pour savoir si j’y participais ou pas. Puis il m’a annoncé qu’il manquait une fille pour compléter l’équipe et m’a bien vendu la course en me parlant bien évidemment de la finale mondiale à LA. J’en ai quand même parlé à mon coach avant d’accepter, et puis 3h après, c’était bouclé ! Je faisais partie de l’équipe !
Emma : Grâce à Zian également qui est l’un de mes meilleurs amis, il m’a proposé d’intégrer l’équipe en sachant que je ne m’étais pas qualifiée avec la mienne. Aujourd’hui, je me dis que c’est la meilleure proposition qu’il m’ait jamais faite!!
Décrivez-nous le On Squad Race, c’est quoi cet événement et qu’est-ce qui vous a le plus marquées vous qui venez de l’athlé plutôt fédéral ?
Emma : C’était un événement de dingue, dans un environnement hors du commun : un château ! Cette course est totalement différente de ce qu’on peut connaître en athlétisme. D’abord parce qu’elle se court en équipe : on était tous soudés, même si je venais à peine de rencontrer deux de mes coéquipiers. Dans ce type d’événement, j’aime retrouver la pression des compétitions d’athlétisme, mais dans un cadre plus flexible et plus détendu. On court en musique, on n’a pas besoin de pointer puis de s’asseoir en chambre d’appel, et on n’est pas seul face à un chrono. Le rapport à la performance est totalement différent.
Émilie : La On Squad Race c’est une dinguerie, et je dis pas ça parce qu’on a gagné ! Ce genre de course nocturne organisée ça rassemble du monde et ça crée une ambiance de folie autour du running ! Tout le monde est content d’être là et ça se voit ! Ce qui m’a marquée c’est qu’à tout moment on pouvait se prendre un mur ou un poto et que c’était ok ! Mais en vrai c’est surtout l’ambiance générale de l’évent et l’esprit d’équipe qu’on ne retrouve pas forcément dans l’athlé fédéral.
On dit souvent que dans un relais mixte, le niveau des filles est déterminant pour la victoire, vous aviez conscience de ça, vous sentiez la pression ?
Émilie : Vu le format pas tellement, parce que l’ordre de passage était différent pour chaque team, et nous c’était les garçons qui commençaient et les filles qui terminaient, donc ils avaient le temps de prendre de l’avance s’ils tombaient contre des filles au début, avance qu’on réussissait à garder parce que sur une boucle d’environ 300m, les secondes sont difficiles à rattraper quand même. J’ai juste eu la pression quand pendant la finale, je me suis retrouvée face à 3 garçons pour terminer le relais et remporter la victoire !
Emma : Moi je sentais complètement la pression, tout en sachant qu’on ne pouvait pas choisir l’ordre des relayeurs. On savait que si les filles commençaient et qu’on se retrouvait face à des garçons, ça allait être plus difficile pour aller chercher la victoire. Le parcours était court avec beaucoup de virages, donc il était difficile de revenir sur la personne devant soi et de la dépasser. En plus, je n’avais aucune idée de mon niveau en « sprint » aujourd’hui. C’était stressant, car j’avais vraiment peur d’être le maillon faible ! Finalement, je me suis surprise… positivement!!
À quel moment vous vous êtes dit que la victoire et la qualif pour LA, c’était possible ?
Emma : Dès la qualification en séries. Nous avons gagné avec tellement d’avance que je me suis dit : « Ah oui, c’est vraiment, vraiment possible ! »
Émilie : Quand j’ai vu qu’en tant que dernière relayeuse j’ai pu relâcher l’effort à la moitié du tour pour nous qualifier en finale, les copains avaient fait le job en me donnant le témoin avec beaucoup d’avance sur cette demi-finale ! Là je me suis dit pourquoi pas !!! Et après, c’est quand j’ai vu que je suis partie avec un peu d’avance sur les autres équipes lors de la finale, je me suis dit « GO GIRL » et plus je me rapprochais de la fin, plus j’étais en train de me dire que ça allait être nous à LA !!! Sentiment complètement dingue !
C’était quoi l’arme secrète de cette équipe Jolie Foulée ?
Emma : La cohésion et l’humour… C’est dingue, mais j’ai l’impression de connaître cette équipe depuis toujours alors que je les ai rencontrés hier. Je ne sais pas si c’est dû au hasard, mais il a vraiment bien fait les choses.
Émilie : Sincèrement les survets fournis par Jolie Foulée ! On était les seuls à les avoir et c’est nous les gagnants ! Et je dirai aussi les départs de Flavien !!
En dehors de la piste, vous avez eu le temps de profiter de Barcelone ?
Émilie : Un petit peu en arrivant avant la course, on est allé manger en équipe dans un restaurant pas très loin ! Et un petit peu aussi après la course, on est allé fêter la victoire !!
Emma : Oui on a pris le temps avant la course de déjeuner ensemble au restaurant à Barcelone, et (bien sûr) on est allé boire un verre après la course pour fêter notre victoire !! De mon côté, j’ai pu profiter de Barcelone le lendemain avant de repartir en train. Originaire de Toulouse, je connais très bien cette ville et j’y ai toujours passé de super moments !

Un mot pour Zian et Flavien vos coéquipiers (essayez d’être sympas) ?
Émilie : Alors c’est très simple ! Zian un grand merciii de m’avoir proposé de rejoindre l’équipe ! Et Flav BG les départs de star ! En global merci les gars pour l’ambiance !
Emma : Restez comme vous êtes !!! Je connaissais déjà la folie de Zian et j’ai pu découvrir celle de Flavien. C’est une chance d’avoir été avec eux. Ils sont motivants, déterminés, ils font le show. Ils mettent en confiance et je sais qu’ils n’auraient jamais été culpabilisants si l’une de nous avait moins bien couru. Il faudra juste faire attention à ne pas perdre Zian en boîte de nuit à LA…
La devise de Jolie Foulée c’est « untalented runners », dans quel domaine vous êtes médiocres (pas forcément lié à la course à pied) ?
Émilie : Dans le domaine du rangement de ma chambre j’avoue que je suis pas la meilleure !
Emma : Je suis angoissée et pessimiste ! C’est une horreur. Avant le départ, j’étais persuadée qu’on n’y arriverait pas… mais cette peur est partie dès la demi-finale, promis. Un athlète complet est un coureur rempli de qualités physiques et de confiance. Malheureusement, je ne coche pas encore toutes les cases !
Quels sont vos objectifs d’ici la fin de saison ?
Emma : Je vais courir quelques 10 km, mais aussi quelques 1 500 m. J’ai repris l’entraînement difficilement en 2026 après une petite blessure et une grosse grippe.
Émilie : Faire mes RP sur 1500m et sur 3000m steeple et monter sur le podium lors des championnats de France U23 ! Et surtout continuer de me faire plaisir en allant chercher de belles choses d’un point de vue chronométrique !
LA ça représente quoi pour vous sportivement et au-delà ?
Émilie : Quand je pense à LA je pense forcément aux prochains JO ! Et puis moi c’était mon rêve d’aller un jour aux États-Unis ! LA c’est au moins à faire une fois dans sa vie ! C’est grandiose ! Et puis avoir l’opportunité d’allier le running et la découverte de la ville c’est encore plus magique !
Emma : Pour moi LA représente le début de la préparation 2027. Je me dis que c’est peut-être un signe pour rêver encore plus grand, cette fois-ci.
Merci aux filles pour leurs réponses à nos questions mais surtout d’avoir fait briller les couleurs de Jolie Foulée.
Photos : @on @runneralerts @louanne_hdrt @paolomichel_



















































