SEMI DU VENTOUX 2026 : LES NOTES

À Marvejols-Mende, une banderole prévient que « l’enfer commence ici ». Sur le mont Chauve, pas besoin de banderole : l’enfer ne s’arrête jamais. Le semi du Ventoux, c’est le semi le plus dur d’Europe, 21 kilomètres qui ne descendent jamais, un calvaire homologué. Et comme on aime se compliquer la vie, on avait eu la grande idée de repérer le parcours à vélo la veille, histoire de bien charger les cannes avant le jour J. Mais ça, c’est une autre histoire. Voici le relevé de notes.

Mathieu Barbey (dit Barbouz) – 3/10 : le désormais ex-triathlète nous a cassé les bonbons pour arriver tôt et s’échauffer dans les règles de l’art. Tout ça pour quoi ? Partir avec la tête de course, exploser en vol et finir avec Nibrun. Le triptyque classique. Comme il bascule sur sa saison trail, monsieur est ensuite redescendu à Bédoin en courant avec son binôme de course, l’air de rien. À noter que plus tôt dans la semaine, il avait couru un 1500 et un 800 pour conclure son été sur le tartan. La polyvalence, ou l’art de souffrir sur toutes les surfaces.

Nibrun – 5/10 : habitué des lieux, Nibrun connaît le Géant de Provence presque par cœur. Parti en gestion, cet amoureux des efforts longs est probablement celui qui a pris le plus de plaisir à monter tout là-haut. D’autant qu’il a ramassé Barbey à la petite cuillère en cours de route, avant de reprendre du dessert en se tapant la descente. Un corbeau gourmand.

Cédric – 4/10 : sûrement la première et dernière ascension de ce col mythique pour notre Gouffefrisee tout aussi mythique. Évidemment, aucune préparation spécifique. La préparation tout court était d’ailleurs plus que légère, ce qui propulse directement cette expérience dans son top 3 des moments de course à pied les plus durs de sa vie. Mais allez donc séparer Ced de sa bonne humeur. Malgré la souffrance, il a tout aimé : l’ambiance, la douceur des bénévoles, le goût des pastèques sur les ravitos et la possibilité de discuter avec la concurrence en marchant. Sa légendaire intelligence sociale a encore parlé.

Fracture – 2/10 : hors de forme, zéro motivation, il ne doit pas être loin du record du monde d’écart entre un RP sur semi et un chrono sur le semi du Ventoux. 2h43 pour venir à bout du calvaire, et peu de plaisir dans tout ça, si ce n’est d’avoir partagé quelques (longs) kilomètres avec Zian. Seule satisfaction du week-end : avoir terminé devant Nico sur la reconnaissance à vélo de la veille. Il vous a déjà raconté le jour où il avait battu Alassan ici même ?

Zian – 6/21 : que ce soit à vélo ou en course à pied, Zian a grimpé la majeure partie du Ventoux aux côtés de Lionel avant de systématiquement le déposer, l’abandonner, le larguer (appelez ça comme vous voulez) au niveau du Chalet Reynard, puis de se faire mal sur les 6 dernières bornes jusqu’au sommet. Avec toute l’insolence du monde, il a ensuite qualifié le pace de son aîné de « faux rythme qui le mettait dans le mal ». La course à pied elle a changé.

Flavien – SUR COURANT ALTERNATIF : venu principalement pour taper Barbey à vélo (mission accomplie), Flavien s’est ensuite mué tour à tour en assistant photo du Rems et en partenaire de Run & Bike sur le semi. Une descente façon trail plus tard, il se sent désormais prêt à finir l’été à Chamonix. La confiance est totale.

Remy – 10/10 : bien qu’assisté électriquement par son vélo et logistiquement par Flavien, Rems nous a sorti une maxi performance tout au long du week-end, conclue par une redescente du Ventoux en mode trail, l’appareil photo à la main. Pas rancunier des deux défaites infligées par Barbey sur 800 et 1500 plus tôt dans la semaine, il l’a immortalisé sous son plus beau jour, que ce soit sur le vélo ou en Hoka. Talentueux et généreux.

Hoka Clifton Pro – 10/10 : pas encore disponible en magasin, la Clifton Pro s’est déjà échappée pour courir le Ventoux. Partenaire idéale de nos untalented runners sans grandes ambitions, son confort (oui, c’est une Hoka, on ne vous apprend rien), sa stabilité et son dynamisme en ont fait l’une des rares satisfactions dans cet océan de souffrance. Côté polyvalence, notre Rems a même descendu les chemins techniques du mont Chauve avec. Last but not least : un coloris orange et jaune fluo parfaitement bien senti, vibe Solero maximale pour cet été. Elle, elle n’a pas explosé en vol.

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