Hiver comme été, Chamonix résonne dans la tête des passionnés de sport outdoor comme une étape obligatoire. En cette fin du mois de juin, le cœur de la petite cité savoyarde bat au rythme du Marathon du Mont-Blanc. Un échauffement avant l’UTMB qui arrive fin août. Les dernières paires de skis et leurs bâtons disparaissent des rayons pour faire place aux paires de chaussures de trail (et leurs bâtons). C’est joliment dit non ?
Le mec qui écrit, c’est @renotarie. Fidèle serviteur de Jolie Foulée depuis moins d’un an, mon écurie m’offre l’opportunité de courir le 23 km du Marathon du Mont-Blanc by New Balance. L’occasion rêvée de montrer au monde du trail de quel bois je me chauffe. Mais aussi de poursuivre ma montée en puissance dans mon « Blanchard Project ». Pour vous la faire courte, l’idée c’est de devenir le Maradona du trail en 1 an (sans me taper toute la neige). Bref. Si vous avez des questions, mon standard est ouvert.
C’est donc équipé comme un moustique que je me présente dans la vallée oh oh, le dana lalala.
L’hôtel des Aiglons
New Balance y a mis les petits plats dans les grands. Le superbe hôtel des Aiglons est privatisé pour l’occasion. La marque y reçoit ses guests. Tout au long du séjour on peut profiter d’un shop temporaire, d’une piscine, d’un spa et de généreux buffets. Pour mon plus grand bonheur et celui de mon pèse-personne. Ce dernier hurlant de plus en plus fort à chaque fois que je le sollicite.
Vendredi
Je prends la température dans les rues de « Cham » (très important d’utiliser ce terme pour montrer que t’es dans le game). Il fait environ 30 degrés et on célèbre la Saint-Anthelme (et si tu connais quelqu’un qui a des parents qui lui ont offert ce prénom, envoie-lui toute ta force). Cham est sous trail, Cham est sous soleil. Les participants au format 90km se sont élancés à 04h00 du matin. Dans les rues, ça grouille. Les gens sont venus en nombre et n’ont qu’un seul mot à la bouche : « On a trop hâte de voir Renotarie s’élancer sur 23 km, c’est un crack, il va déjouer tous les pronostics ». J’essaye de ne pas trop écouter ce qu’il se dit. Ça pourrait nuire à ma performance. La dernière fois qu’il y avait autant de projecteurs braqués sur moi, c’était chez le dentiste lorsque l’on m’a retiré mes dents de sagesse. La petite souris n’est jamais passée. Je ne veux pas revivre ça.
À 15h00, je vais retirer mon dossard. Fier comme un coq, je pénètre dans le gymnase. « Bonjour monsieur, pour retirer le dossard il faudra me présenter le matériel obligatoire s’il vous plaît ». Malheureusement pour moi, la chemise à fleurs Guadeloupéenne et les brik ne font pas partie du matériel obligatoire. Me voilà bon pour retourner à l’hôtel. Moi qui optimise la moindre dépense énergétique avant la course. J’ai peur que cet aller-retour transforme mon trail en rando à la Gouffefrisée. 4 ans plus tôt, le crack de Bron a couru sur le 42 km. Paraît-il qu’il cherche encore l’arrivée.
À 17h30, direction le télécabine pour assister à l’arrivée du kilomètre vertical et dîner à Plan Praz. Là-haut, une vue imprenable sur le Mont-Blanc s’offre à nous. Le spot est incroyable. Et ce n’est pas le DJ qui mixe dos au toit de l’Europe qui va nous dire le contraire. Le son qui sort de ses enceintes vient généreusement caresser le pavillon de nos oreilles et celles des participants au KV. Ces derniers qui sont simplement en train de se dire « Pourquoi ?! ». À quel moment ces êtres humains ont-ils eu la finesse d’esprit de s’inscrire sur une course de 3,8 km avec 1000m de D+ ? À voir leurs têtes à quelques mètres de l’arrivée, je pense qu’ils ont trouvé la réponse sur le parcours. Perso je passe à table et je profite du coucher de soleil. J’ai rendez-vous avec Morphée ce soir pour écrire l’histoire demain.




Le jour J(ul)
Le réveil de 05h15 sonne le début d’une journée que j’attends depuis un petit moment. Toujours pas de stress à l’horizon. Ce n’est pas plus mal. Les affaires sont prêtes depuis la veille. Le sac de trail est plein. Matériel obligatoire, victuailles, PQ — rien n’est laissé au hasard. Je m’enfile quelques bananes pour éviter de faire une Yohann Diniz et en avant Guingamp. Il est 07h00. Je sors de l’hôtel, sous Hierro V9.
La Hierro V9. Parlons-en. C’est une chaussure au profil généreux comme mes formes. Ce qui n’est pas pour me déplaire. Pour les connaisseurs, je la compare un peu à une Speedgoat 7 avec plus de confort et une mousse plus moelleuse. Elle est agréable à enfiler (comme le maillot de l’OM), on retrouve un côté un peu chausson une fois à l’intérieur. Le confort est immédiat. La semelle Vibram et ses crampons de 6 mm sont tout aussi efficaces que les roues du tracteur de ton grand-père. Elle adhère très bien à toutes les surfaces que j’ai pu rencontrer. New Balance a, sur ce produit, privilégié le confort à la performance. Mes 98kg et moi-même avons pris du plaisir à courir avec cette paire. Je doute que ce soit réciproque.






Où en étais-je ? Ah oui.
Il est 07h00. Je sors de l’hôtel, sous Hierro V9. Je traverse Cham pour me rendre au départ. Je suis dans le SAS 6, dont le décollage est prévu à 07h50. L’objectif est de finir et de prendre du plaisir. 25km avec 1680m de D+. Une sortie longue comme les autres en vue de la MCC qui aura lieu fin août. Au fur et à mesure que je m’approche du départ, j’entends le speaker arranger ceux qui partent avant moi. C’est à ce moment-là qu’un semblant de pression fait son apparition. C’est un stress différent de celui que je peux connaître au rugby. On est loin des shooters de synthol et autres coups de casque entre collègues dans le vestiaire. Mais ça a tout de même son charme.
La course
« Partez ! » Le départ est donné. L’idée est de gérer le début. Deux murs vont s’offrir à moi par la suite. Ce serait dommage de se brûler les ailes. La première partie jusqu’à Montroc, c’est de la mise en bouche. Les jambes tournent bien, le cardio reste poli et je me prends presque à croire que ce trail va être une balade digestive. Quelle naïveté. La montagne me regarde avec le même sourire qu’un videur de boîte devant un mec en claquettes. Je coupe la playlist « Jul ft. zouk love » pour embrayer sur la playlist « techno sous le périph ». Oakley méta vissée sur le bocal. J’allume le truck puis vient la montée vers la Flégère. Une ascension qui te fait vieillir plus vite qu’un crédit immobilier. À chaque virage, je me dis que le sommet est là. À chaque virage, la montagne me répond que non. Alors j’avance. Un pas après l’autre. Avec la grâce d’un frigo qu’on hisse au sixième étage, mais j’avance. Et puis d’un coup, le paysage te gifle. Le massif du Mont-Blanc s’étale devant toi comme une carte postale. Pendant dix secondes, t’oublies même que tes cuisses sont en train de rédiger leur lettre de démission.










































Une fois la bascule passée, c’est l’heure de la descente. Enfin… « descente ». Une espèce de rodéo où chaque appui envoie une facture directement dans les quadriceps. Les kilomètres défilent pourtant. Je passe la ligne avec touché mais pas coulé. Objectif rempli. Mon corps convoque une réunion de crise sans même m’avoir mis dans la boucle. Les quadriceps se mettent en grève et se contractent. Je n’arrive plus à marcher. J’ai la fluidité d’un meuble IKEA. Une sacrée répétition avant la MCC. Et, contre toute logique, une furieuse envie de recommencer.
On devrait faire du Mont-Blanc plus souvent.
Merci à New Balance pour l’invitation !
Photos : Matthias Carpentier












