Pierre se classe surement dans le top 3 de ceux qui détestent particulièrement la course à pied chez Jolie Foulée. Mais PC7 comme on le surnomme pour son amour de Ronaldo le protugais, n’a jamais désespéré d’entrer dans le club sélectif des moins de 3 heures sur marathon. Interview sub3 avec l’un des héros de notre week-end parisien. Avertissement : contenu sensible pour tous ceux qui pleurent autour du pacing sauvage.
Bon alors mon Pierrot, tu l’as eu ton sub3 comment tu te sens au lendemain de cette perf ?
Oui enfin ! Très fatigué, les jambes lourdes, mais aussi tellement heureux. C’est pas grand-chose, et c’est très loin des meilleurs, mais pour moi c’était une montagne ce marathon sous les 3h.
J’ai l’impression que c’est un sub3 collectif, en tous cas c’est comme ça que je l’ai vécu, entouré de mes potes pendant 3h. Je leur en suis éternellement reconnaissant parce-que sans eux je n’avais aucune chance d’y arriver.
Refais nous rapidement l’historique de tes précédents marathons et des chronos. Qu’est-ce que tu as pris dans la gueule à chaque fois ?
C’était mon 5ème marathon. Le premier c’était La Rochelle en 2015, j’avais dû faire 3h29 et je m’étais juré que c’était le dernier.
Puis en 2022, aux côtés de mon acolyte Thib St B, je fais mon 2ème marathon, à Paris, avec l’objectif de passer sous les 3h : premier échec (3h02), malgré une semaine à Iten avec les potes, et une prépa studieuse et chargée en km, concoctée par ce diable de coach Nibrun. Le passage dans Boulogne au 35ème a été terrible, mettant fin à mes espoirs de sub3.
Pensant que sur un parcours plus roulant ça pourrait passer, me voilà embarqué pour deux nouveaux échecs à Berlin (3h07), puis Valence (3h04). J’ai fait un peu n’importe quoi sur les deux prépa : des 30/30 quand l’envie me prenait, ou des sorties longues écourtées quand il faisait trop chaud.
J’ai ensuite fait une bonne pause avec le marathon, avant de me décider de tenter à nouveau ma chance à Paris cette année.
Qu’est ce que ça représente pour toi ce sub3 ? Qu’est-ce que ça nous dit sur toi ?
C’est ma ligue des champions à moi, après tant d’années, de galères et de combats… J’ai assez rapidement compris que c’était ma limite, compte tenu de mon niveau et de mon goût pour le running. Donc j’ai trouvé ça cool de me dire que si je réussissais un jour à le faire, je pourrais enfin raccrocher. J’ai longtemps pensé que je n’y arriverai jamais.
Quand est-ce que tu as su que c’était bon, que ça allait le faire ? Est-ce que tu as douté pendant la course ?
Je pense que c’est pendant la prépa, avec un plan sur mesure que m’a fait coach Thib, que j’ai pris conscience que ça pouvait passer : j’arrivais pour la première fois à passer les séances aux bonnes allures, voire même un peu plus rapides.
Ensuite le Jour J, avant le départ, j’étais confiant : bonnes sensations, météo idéale, 8 potes pour assurer les ravitaillements et l’allure… je ne pouvais pas rêver mieux.
Pendant la course en revanche j’ai douté jusqu’à 500 mètres de l’arrivée ! Peur de ne pas réussir et de devoir reprendre un dossard l’année suivante .
Qu’est-ce que tu n’avais pas fait, qu’est-ce que tu avais négligé dans tes précédentes prépa et qu’est ce que tu as changé pour celle-ci ?
J’ai changé 2 choses principalement. La première c’est le rythme de la préparation, avec des sorties plus fréquentes (entre 5 et 6 par semaines, au lieu de 4 ou 5), ce qui me permettait de faire moins de km lors de chaque sortie, et donc de moins me fatiguer, je pense. La deuxième, et c’est la principale, j’ai fait en sorte d’être très sérieux, en ne manquant presque aucune séance, contrairement aux années passées.
Si tu devais garder un seul truc qui t’a fait basculer sous les 3h, ce serait quoi ?
Le discours d’Emmanuel Grégoire juste avant le départ !
Et aussi, je pense, le fait de m’hydrater et de m’alimenter très régulièrement a été décisif. J’ai dû prendre 6 ou 7 gel (dont un dans le SAS, je n’avais jamais essayé avant), et grâce à mes pacers de luxe j’avais accès à un large choix de boissons pendant toute la course, dont le Maurten Mix qui est devenu ma boisson favorite à partir du 30ème km.
Pendant le marathon, un gars nous disait que c’était son premier marathon et toi tu lui as répondu « et ben moi c’est mon dernier ! ». Est-ce que c’est vraiment ton dernier et est-ce que ça aurait été ton dernier si tu n’avais pas accroché le sub3 ?
Haha oui je me souviens de ce moment avant d’arriver à Boulogne… j’espère qu’il est allé au bout notre ami !
C’était mon dernier marathon dans une démarche de faire un temps ou de battre un record, mais j’aime bien le rôle de pacer, et je me sens vraiment redevable, donc je ferai des morceaux de marathon pendant quelques années encore avec ceux qui le veulent.
Si je n’avais pas réussi à le faire, je ne sais pas… toutes les conditions étaient réunies, je ne vois pas ce que j’aurais pu changer pour faire mieux.
Tu te considères toujours comme untalented ?
Bien sûr ! Ca m’a pris plus de 4 ans pour gagner 3 minutes…
Le marathon c’est terminé peut-être mais la course à pied alors ? C’est quoi les prochains challenges ?
Des formats plus courts (10km et semi), et pourquoi pas un peu de trail. Tout sauf des marathons. Et la Sainté Lyon.
Qui maintenant chez Jolie Foulée doit te succéder dans cette quête du sub 3 ?
Ah c’est une bonne question. Je pense que celui qui aurait les capacités pour le faire s’il s’y remettait c’est sûrement Kévin, mais je pense que sa motivations et ses belles années sur route sont derrière lui. Mon rêve c’est de voir Tdrl un jour sur marathon.
Un dernier mot sur l’after, ça se fête comment un sub3 ?
Ca se fête en survêtement de marque allemande, un verre de Captain à la main, et Tonton du Bled dans les oreilles !




























