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CORRIDA D’ISSY LES MOULINEAUX. ENTREZ DANS L’ARÈNE.

16 décembre 2013 par Jérémie Roturier

Pourquoi courir une corrida de Noël? 
Pour souiller le déguisement d’un gros alcoolique vêtu en rouge? Pour laver les excès de la veille? Pour faire tomber le chrono avant la dinde? Pour essayer d’en savoir un peu plus sur l’origine de cette course dans une arène? 
La team Jolie Foulée décide de s’aligner avec les trois derniers objectifs en tête. Tous ne seront pas remplis. À vous de deviner lesquels.

La course commence dès le samedi pour aller retirer les dossards. Le périple jusqu’à Issy-les-Moulineaux soude les troupes bien décidées à rattraper le temps perdu le dimanche sur la ligne de départ. Alors que nous nous attendions naïvement à courir au milieu de taureaux, nous tombons d’entrée de jeu sur une parade de milliers de Pères Noël pas très affutés. Choqués par cette publicité mensongère, nous allons nous plaindre auprès de l’organisation. Ni Corinne, ni Priscilla ne savent expliquer pourquoi la course est une Corrida où des Pères Noël remplacent les taureaux. Heureusement que l’enthousiasme du speaker est là pour nous redonner du baume au coeur. Les punchlines fusent. Micro au poing, Harry Bignon excelle pour nous transporter au fin-fond de la Franche-Comté. L’homme n’en manque pas une pour massacrer le bon-goût. « Oaiiiiii le soutien-gorge te va super bien! » « Vous êtes fatigués? On est pas fatigués! ». Porté par l’enthousiasme du peloton, rien ne l’arrête. Il n’a rien à envier au Comité des Fêtes de Saint-Etienne d’Albagnan derrière le comptoir un soir de fête du village.


















Quelques minutes plus tard, dossard épinglé et montre Tom-Tom Runner au poignet (encore un joli coup de Greg Runner qui a fait du lobbying pour que la montre s’appelle comme lui…), nous voilà prêts à en découdre. Ayant appris de nos erreurs, le confit de canard restera dans les placards cette fois-ci. Un pack de quatre yaourts pour bébé proche de la péremption (gentiment offert par l’organisation lors du retrait des dossards) englouti au petit-déjeuner permettra d’aborder la course en toute sérénité.
Le placement dans les SAS est une science. Si les théories divergent, la pratique est similaire au sein de la team Jolie Foulée. Orteils écrasés, lacets défaits, shorts baissés, pas de pitié pour bien se placer. La sono crache « Call Me Maybe » à tue-tête. Rod profite de ce moment fatidique pour se glisser aux avants-postes. Victor et Jérémie se font oublier dans le peloton pour mieux remonter. Avancer masqué ou masquer son avance, chacun fait son choix. Rod est sur les bases de son objectif en moins de 39′. Victor tel un picador est facile avec son maillot de l’Etoile Filante Ouzbèke, tandis que Jérémie double les aveugles qui ne le voient pas passer. Fidèle à sa devise « Se ravitailler c’est tricher », la team Jolie Foulée se joue du ravitaillement pour placer des banderilles aux coureurs assoiffés. 
Le parcours, très roulant, dans les rues d’une des villes les plus pauvres de France, constitue une opportunité rêvée pour les trois furieux d’améliorer leur record personnel. La fin de course s’apparente à une faena. La foulée est précise, les portes sont fermées, plus rien n’est laissé au hasard. Sous les hourras de l’afición, Rod clôt le combat de 10km en 38’27 » et s’octroie une prometteuse 241è place qui lui permet de couper une queue et deux oreilles. Victor arrive en 43’37 ». Deux oreilles viendront garnir sa collection. Jérémie ponctue le spectacle d’un 45’44 ». Il coupe une oreille et se rassure après sa déconvenue lors du Cross de Gujan-Mestras. Trois records battus, 122 bonnets de Père Noël braqués et des trophées à la pelle, la Corrida s’achève en triomphe.

















Une question reste toujours en suspens. Pourquoi cette foutue course s’appelle-t-elle la Corrida d’Issy-les-Moulineaux? Nous avons enquêté pour élucider ce mystère.
Alain a apporté une première piste d’explication: « Et bien, comme la course se court à Issy-les-Moulineaux elle s’appelle la Corrida d’Issy-les-Moulineaux ». Merci Alain. Nous nous tournons alors vers Jacques et Daniel pour recueillir des éléments un peu plus concrets. Les débats sont longs. Nous apprenons qu’il existe la Corrida d’Houilles. Nous apprenons aussi que « la Corrida c’est quelque chose qui vient d’Espagne avec des taureaux ». Il paraît que dans ce pays « les gens courent derrière les taureaux ». Selon Wikipédia, il paraît aussi que les taureaux courent derrière les gens, mais pas lors d’une corrida. Daniel en rajoute en disant que ça a un rapport « avec le fait que les gens courent ». Lucides, nous suggérons que le terme Corrida est un dérivé du verbe espagnol « correr », qui signifie « courir ». Victor ose une vanne : « corrida c’est pour dire qu’on est dans un couloir ». Les deux acolytes ne comprennent pas. Dix minutes plus tard, Jacques et Daniel finissent par conclure que « ça s’appelle Corrida, mais on ne sait pas pourquoi ». Peut-être que Greg Runner, lui, sait…

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