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LA COURSE À PIED, CE SALE SPORT

14 mai 2014 par Jérémie Roturier

Peu de sports sont aussi exigeants que la course à pied. Réaliser une performance de haut-rang à Oran exige de se battre contre soi-même, d’oublier ses douleurs et de surpasser ses limites. Il faut aussi faire face à de coriaces adversaires et s’employer à les dominer. Pour cela, deux courants s’affrontent. Certains mouvements idéologiques recommandent de vous entraîner plus souvent, plus longtemps et plus dur que vos concurrents. D’autres théoriciens, moins fair-play mais tout aussi pragmatiques, préconisent des méthodes plus discutables, bien que terriblement efficaces. Sans en faire l’éloge, nous tenons à vous faire découvrir dans cet article un florilège de coups tordus, qui ont marqué l’histoire de ce sport à part.
BAGARRE SUR LA PISTE
Finale du 10 000 mètres. La scène se déroule aux Championnats du Monde Juniors de Séoul en 1992. Les derniers mètres mettent aux prises un jeune Kényan et un Éthiopien prometteur, un certain Haile Gebrselassie. À l’amorce de la dernière ligne droite, Gebrselassie place une attaque que Josephat Machuka perçoit comme fatale. Plutôt que de se faire scotcher sur place par un coureur plus pauvre que lui, il assène un violent coup de poing dans le crâne de son bourreau. C’est que Monsieur a de la fierté à revendre. Mieux vaut être disqualifié et entrer dans la légende que finir deuxième et tomber dans l’oubli.

Les épisodes douteux, Haile Gebrselassie connaît. Ce coutumier des faits a subi un second coup fourré qui contribua à forger la légende, comme dirait Guy. Dans le finish du 10000m aux Championnats du Monde 1993 de Stuttgart, Moses Tanui le frêle Kényan mène l’allure devant l’Éthiopien. Comprimé comme un doliprane dans sa chaussure, celui qui se fait appeler “Momo”, décide dans un élan de lucidité de se débarrasser de cet attribut qui l’encombre. Le geste est rapide, fluide, maîtrisé. L’accélération qui en découle clouera Gebre sur place comme Jésus sur sa Croix quelques siècles avant-lui. Crucifié. Mais insuffisant pour remporter la victoire, Haile s’accrochant et dépassant l’audacieux quelques mètres avant la ligne.

Pour les Français aussi il est important d’être au coeur de l’actu. Mehdi Baala et Mahiedine Mekhissi ont choisi la Golden League et le meeting de Monaco pour occuper la tête de l’affiche. Piètres 5è et 7è à l’arrivée du 1500m, les deux coureurs dècidèrent d’assurer le spectacle une fois la ligne franchie. Les droites pleuvent jusqu’à l’arrêt du combat par l’intervention des officiels. Pas de K.O, le vainqueur sera désigné aux poings. Conscients du ridicule de la situation, chacun livrera sa version des faits. Pas là pour soulever la ceinture des maigres-légers, Mehdi déclara: “Je suis allé simplement le réconforter parce-que j’avais vu qu’il avait pas fait une course super. Il me dit mais si j’te dis pas bonjour c’est que j’ai mes raisons […] il met son front contre mon front en m’disant oai j’ai pas peur de toi. J’ai rêvé j’avais l’impression d’avoir 15 ans.” Comme tu dis.

DES MARATHONS DE 27 KM
Qu’on se le dise, faire un marathon c’est bien, mais courir 42km c’est franchement chiant. Même aux Jeux Olympiques. En 1904, à Saint-Louis, l’Américain Fred Lorz s’illustra par un coup de génie. Plutôt adepte d’un régime pinard-épinards, l’athlète vint à bout du marathon olympique en 3h13 et sous une canicule à faire pâlir Jean-François Mattei, Ministre de la Santé en 2003.
Avant la cérémonie de remise des médailles, la rumeur enfle que Lorz aurait grugé quelques kilomètres. Le filou. On apprendra peu de temps après qu’il en a en fait parcouru 15 confortablement installé dans le siège passager de la voiture de son entraîneur. Génie incompris ou misérable tricheur, chacun se fera son opinion. Le CIO choisira vite son camp en le bannissant à vie, malgré les déclarations de l’intéressé arguant qu’il avait simplement voulu faire une mauvaise blague.
Cette arnaque fit des émules dans le monde du marathon, qui connut un autre scandale, le plus célèbre de tous, en 1980 à Boston. Dans le microcosme de la course à pied, Rosie Ruiz est aussi connue que l’est son homonyme Olivia dans celui de la chanson. Elle y signa la troisième performance mondiale de tous les temps en 2h31’36”. Comédienne hors pair, elle simula l’épuisement une fois la ligne d’arrivée absorbée pour laisser son nom dans l’histoire. Son taux de masse graisseuse, bien trop élevé pour une marathonienne, jettera un premier doute sur la crédibilité de sa performance. Le témoignage de deux fayotes de Harvard, qui balancèrent l’avoir vue sortir de la foule de spectateurs pour rejoindre le peloton à quelques hectomètres de l’arrivée, finiront de la discréditer.
Pour une fois des flics ont réussi à pécho

























Terre de records du monde, le marathon de Berlin est un épilogue parfait. Le 29 Septembre 2013, le Kényan Wilson Kipsang ajouta son blaze au Guiness Book en 2h03’23”. Le temps est fulgurant, la performance extraordinaire, mais ce jour là le héros ce n’est pas lui. Un type surgit de nulle part juste devant sa gueule à quelques dizaines de mètres de l’arrivée pour lui pourrir son record du monde. Cet illustre inconnu lui vole l’instant de gloire qui lui était promis et se retrouvera en une de tous les journaux le lendemain. Si l’Allemand ne battra jamais de record du monde, il aura au moins pu le faire croire à sa grand-mère. Avec l’url d’un site porno allemand sur le tee-shirt. Génie.
La légende n’est pas celle qui se trouve sous la photo























Si vous ressentez l’envie de tester une de ces techniques, n’hésitez pas à nous le faire savoir, nous serons ravis de raconter votre histoire.
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About Jérémie Roturier

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