Non vraiment pas, c’est juste un titre putaclique. C’était une semaine intense, impressionnante, parfois déconcertante mais clairement une très belle semaine de sport, de course à pied et de trail en particulier. Il fut difficile de dégager un seul moment, le point culminant de la semaine Jolie Foulée a forcément été notre soirée « côte de Buff » avec nos amis de Buff et Rematch, cela fait plaisir d’installer un nouveau rendez-vous dans la semaine et de réunir autant de monde même à Chamonix. Hoka avait décidé de prendre soin de nos oreilles avec une liste de DJs pour nous régaler toute la semaine, on pense à nos amis Teki, Andy, Naomi, Simon, etc. Mais le départ et l’arrivée de l’UTMB (on parle de la course finale/principale) c’est quand même très costaud en émotions. Dhiman en mission, L’Hirondel tellement forte et tellement fébrile et notre pote Romain qui termine sur sa première tentative en 37 heures accueillis par ses proches au petit matin, pour lui et pour Blandine faut rester concentré pour pas que la larme coule trop fort. Côté matos, je ne sais pas si c’est une grosse innovation mais le shape et le coloris de la Tecton X 4 de Hoka sont complètement fous, envie de la porter dans Cham juste pour la dégaine. Car il faut dire que la dégaine c’est important sur l’UTMB, première fois qu’on voyait des photographes de street styles dans les rues de Cham, c’est un gros indicateur sur l’évolution du sport et la direction que donnent les grandes marques. ACG toujours assez généreux en créativité avec son Alpine Cornichon Group secret : c’était très bien réalisé comme expérience. Pour le reste, vraiment lassé des « community runs » et même des courses/contests /concours ajoutés dans la semaine. Laissons la place aux athlètes, aux courses officielles, aux perfs et aux contre performances. On se passerait bien aussi des personnages venus confirmer leurs ego/popularité/fan base dans la capitale du trail. Moins de Koh Lanta et compagnie, moins de total look Satisfy please. Et évidemment que c’est un événement qui pollue, comme tous les événements du monde, je pense que pour autant, il doit rassembler le public qui est le plus sensible à ces questions, sûrement pour ça que c’est un gros sujet. On voit que l’orga essaye de sensibiliser autant qu’elle peut, aux marques et à nous tous d’en faire autant et de tenter de minimiser notre impact. Le Mont-Blanc nous regarde. L’ambiance à Chamonix est quand même hyper détendue, on ne se sent pas rejetés par les chamoniards malgré le tag FUCK UTMB (belle photo à faire devant pour nos amis influenceurs), c’est quand même une sacrée fête du trail avec de grosses retombées pour les locaux et une ville hyper agréable à vivre, le paysage, la piste incroyable, les bons restaurants, etc. Les journées passent hyper vite alors l’année prochaine il faudra probablement encore plus alléger l’emploi du temps pour pouvoir vivre tout ça à fond et capter un max d’amis anciens ou nouveaux. Merci à Buff, Maurten, Hoka pour leur accueil et support sur cette édition, on a le privilège d’avoir des moyens pour partager notre passion et notre vision avec les gens à qui cela parle et c’est une très grande chance.

Voilà, ça c’était une vision mais on a aussi demandé à quelques personnes de différents horizons les leurs.

GUILLAUME, 35 ANS, CREATEUR DE CONTENUS, PARIS.

En un mot ou une phrase, comment tu résumes ta semaine à Chamonix ?
INTENSE.

Le moment le plus fort de ta semaine, sportif ou pas ?
J’ai eu une accred presse et j’ai eu la chance de suivre l’UTMB avec un guide, en plus de voir du pays, Suisse, Italie, France, j’ai eu la chance de voir 4 fois Ben Dhiman en mission.

Une innovation produit qui t’a marqué cette année (chaussure, gear, tech) ?
Franchement pas des masses, c’est peu tout le temps la même rengaine, plus de confort, plus de dynamisme. Après, on peut parler marketing, ACG était très en place et reconnaissable cette année, c’était assez fort. La Tecton a aussi pris pas mal de place, entre les placements produits et les adeptes, on avait l’impression que toute la ville était en Hoka. Après, j’ai pas eu le temps d’aller voir mais le nouveau proto de veste de Wise avait l’air plutôt zinzin.

L’activation de marque la plus réussie que t’as croisée, et celle que tu as trouvée éclatée ?
Je pense qu’il y en a 2. Une select, celle de ACG, avec un speak easy dans une fabrique de cornichon pour dévoiler sa nouvelle paire, mais je n’ai pas été invité haha et une beaucoup plus populaire, celle de Merrell, qui organisait une backyard en relais sur le tremplin de ski de Chamonix. C’était vraiment un event marquant. Les plus éclatés, c’est pas forcément une marque mais c’est un ensemble, les social runs pour tester une paire, j’en ai un peu marre. Tout le monde le fait et ça n’apporte pas grand chose, une paire doit être testée par un coureur à sa vitesse et lors de ses entraînements, pas dans un social run orchestré, ça n’apporte rien, les gens viennent juste pour les produits gratos…

T’as capté un truc sur l’impact écologique de la course cette année, en bien ou en mal ?
Je pense qu’il y a eu un mini effort de fait par l’organisation pour pas trop se faire tuer, sur les sponsors, la lampe rouge, les hélicos, etc… Le problème reste le même, les coureurs qui viennent en avion avec leurs proches, ou qui sont allés chercher des stones en avion dans l’année, et forcément toutes les marques qui cherchent à vendre tout et n’importe quoi dans un grand marché à ciel ouvert.

La fameuse tension avec les locaux : t’en as ressenti quelque chose sur place, ou c’est surtout un sujet TF1/BFM ?
Oui, j’en ai entendu beaucoup parler en étant proche de l’organisation, et j’ai échangé avec des guides qui ont fait part à plusieurs reprises de leurs mécontentements sur la baisse de leur chiffre d’affaires (tout en travaillant pour des marques sur place). J’ai aussi été plusieurs fois au resto où les serveurs semblaient excédés lors du service mais ça m’a pas beaucoup changé de Paris, lol… En revanche, dans les rues, j’ai vu une ferveur populaire, notamment à Saint-Gervais où c’était vraiment la fête jusqu’à minuit.

Quelle est la marque que tu as trouvée incontournable cette année ?
Asics et HOKA très forts, après dans mon microcosme, ça parlait surtout du chalet Satisfy, du proto de la veste Wise et des nouvelles Norda.

Du coup, comment décrirais-tu l’ambiance générale ?
C’est complexe. D’un point de vue business, c’est là où il faut être, j’ai rencontré du beau monde et ça annonce pas mal de belle collabs. Les courses, c’est incroyable, ça danse, ça chante toute la nuit et chaque coureur a son moment de gloire. Après la ville, c’est très étriqué, c’est très compliqué de se balader, c’est très étouffant, je suis ressorti de ma semaine sur les rotules, et on sent quand même un décalage avec la ville, j’ai l’habitude d’aller en montagne et je vais chercher du calme, de l’air pur, de la déconnexion, c’était tout l’inverse là.

Si tu devais refaire l’UTMB l’an prochain, tu changerais quoi dans ta propre organisation ?
Je dirais non à plus de marques pour participer à leurs events. Les marques attendent des retombées médiatiques de leur investissement et sont demandeuses en temps, en énergie et peuvent parfois mettre la pression pour du partage après une invitation. Personnellement, je suis plus dans le partage spontané et dans l’authenticité de mes contenus, donc c’était un peu dur à déblayer. Du coup, je n’ai pas pu voir tout ce que je voulais voir, j’ai couru bien trop de KM, j’ai reçu trop de produits dont je me servirai pas et je ressors avec parfois un sentiment amer de ces « invitations ».

La punchline finale : à qui tu dis merci, et à qui tu dis un peu « bon allez, ça suffit » ?
Je dis forcément merci à tous les gens que j’ai croisés dans la rue, qui m’ont donné de la force, c’était un peu mon « audience » à cet event et c’est vrai que je suis mes KPI mais je ne me rends pas compte que ce que je fais, ça intéresse vraiment des gens. Toutes les personnes qui m’ont invité à vivre des trucs de dingues mais surtout à l’agence 187 qui m’a hébergé alors que je m’étais mis un plan galère pour venir. Mon « allez, ça suffit » il y en a plusieurs. Les incivilités, ce n’est pas parce qu’il y a une foule que l’on peut se comporter comme ça. On doit respecter la ville, la montagne, les gens qui vivent sur place. Les goodies, le gifting, etc., arrêtons les produits gratuits à tout va. Mais aussi les faux débats, oui Chamonix c’est petit, oui pendant une semaine c’est compliqué pour les habitants, mais c’est le même cirque dans toutes les villes qui accueillent des grandes compétitions, je viens du Mans et au moment des 24h, la ville devient un concessionnaire à ciel ouvert, envahi d’anglais qui ne cherchent qu’à se mettre minable et il y a une odeur de pisse et de bière toute la semaine et personne n’en parle. Il faut légiférer sur tous les sports de la même manière. Concernant l’impact écologique, j’attends bien plus sur le plan politique que des mesures populaires d’interdire un UTMB ou un IRONMAN à Nice, ce n’est pas ça la priorité…

CHLOÉ, 31 ANS, CHEFFE D’ENTREPRISES, MARSEILLE.

Ma semaine à l’UTMB : dingue, vraiment, ça motive pour les 4 prochains mois à venir minimum ! Le moment le plus fort : Katharina et Clara qui me rattrapent au 5ème kilomètre de ma course (NDLR : ETC) et moi qui me demande si c’est une bonne idée d’essayer de les suivre car j’ai jamais fait ce que j’étais en train de faire mais en même temps je me disais que je pouvais y arriver mais en même temps c’est que le 5ème kilomètre donc j’avais peur de genre tuer toute mon énergie. J’ai pas lâché, je les ai silencieusement suivies dans les montées mdr et en criant de joie dans les descentes pour passer la ligne d’arrivée avec elles c’était exceptionnel. Innovations : je m’y connais pas assez mais les chaussures dans lesquelles j’ai couru (Hoka Tecton X 4) étaient incroyables vraiment je me sentais voler (sauf dans les montées mais ça n’a rien à voir avec les chaussures putain !). Activation: les customs flamme sur les Tecton, j’ai pas pu y participer mais j’adore (j’ai rien suivi des autres activations) à part une activation Kiprun zehma on met des foulards noirs si on cherche un coup d’un soir, rouge si on cherche genre « the love of your life » vraiment flemme, déjà j’aime pas les running clubs pour ça s’il vous plaît laissez l’UTMB en dehors de vos affaires. Pour l’impact écologique sachez que pendant ma course j’ai ramassé tous les déchets que je voyais, c’était surtout des capuchons de compotes, gels, quelques couvertures de survie ou papier de bonbon. Moi je trouve sincèrement qu’aucun record justifie de ne pas faire attention à où tu mets tes déchets dans ta ceinture ou ta veste. Si tu sors quelque chose de tes poches tu dois être a mon sens ultra vigilant et ne rien faire tomber QUITTE A T’ARRÊTER. Je suis de Marseille et je pense qu’on a les mêmes soucis avec le tourisme. C’est évident qu’on a besoin de ça comme Chamonix vit beaucoup de l’UTMB mais faut arrêter de prendre la nature pour de la merde pour des records de 3 minutes vraiment ton Strava s’en remettra alors que ça prendra des années à ton gel pour disparaître. La tension avec les locaux, dans la vraie vie rien du tout mais j’ai rencontré que des ultra bénéficiaires de l’UTMB donc c’est biaisé, sur les réseaux sociaux un petit peu au début mais j’ai pas mal communiqué sur ce que je comptais faire, comment j’abordais ma course et j’ai fini par recevoir que des encouragements. Marque incontournable: Hoka évidemment. Branding trop stylé, tu pouvais pas tourner la tête sans les voir, les gens qu’ils ont invités que j’ai trouvés absolument géniaux, gentils, everything vraiment une belle belle équipe. C’est encore biaisé car je passais la semaine avec eux mais j’ai vraiment trouvé que c’était du beau travail. Ambiance générale phénoménale, j’ai des amis qui ont participé à la plupart des courses, on avait toujours quelqu’un à aller encourager. C’est nouveau pour moi tout ça donc je regarde beaucoup avec des yeux d’enfant où tout est beau. J’ai cru comprendre que plus de femmes que l’année dernière s’étaient inscrites donc ça va clairement dans la bonne direction BUT faut faire plus attention à la nature vraiment dans ma propre organisation je changerai mon alimentation ptdr. Si Lew, Clara et Kathi m’avaient pas filé de quoi m’alimenter pour la course j’y allais les mains dans les poches car je me rendais pas compte de ce que c’était mais j’ai compris maintenant. Je vais apprendre à utiliser des bâtons aussi ça pourrait être cool car je jalousais vraiment tous ceux qui en avaient mais en même temps je suis gauchère flemme de planter quelqu’un car j’ai pointé une fleur avec. Merci à Chamonix, aux bénévoles, aux secouristes, aux gens à qui ça tient à cœur de vivre le moment en protégeant ce qui importe le plus, merci à Hoka et tous mes amis chez eux évidemment pour absolument tout. Pour le ça suffit franchement à part le run dating app mdrrr rien. Que ce soit mon délire ou non je pense que tout a un peu trouvé sa cible et tant que les gens sont contents, i’m ok. Nan sauf les gels dans la montagne vraiment calmez vous la vie de ma mère !

GUILLAUME, 37 ANS, CONSTRUCTEUR DE SKATEPARK, CHAMONIX.

En un mot ou une phrase, comment tu résumes ta semaine à Chamonix ?
Sociale.

Le moment le plus fort de ta semaine, sportif ou pas ?
La vision des orteils de mon pote après sa TDS et l’arrivée de Blandine L’Hirondel.

Une innovation produit qui t’a marqué cette année (chaussure, gear, tech) ?
Aucune idée, je suis pas trop matos et j’ai pas mis les pieds au village des marques

L’activation de marque la plus réussie que t’as croisée, et celle que tu as trouvée éclatée ?
Hoka avec Teki latex pour mettre en musique une semaine de trail. Hoka et leur social run avec 500 personnes. Horrible.

T’as capté un truc sur l’impact écologique de la course cette année, en bien ou en mal ?
Non à part de l’hypocrisie chez certains locaux La plupart des locaux se plaignent toute la semaine, ça occupe beaucoup les conversations. Mais globalement ils râlent aussi en hiver ou à chaque évènement qui vient perturber leur quotidien. C’est rarement constructif

Du coup, comment décrirais-tu l’ambiance générale ?
Je dirais chaleureux. Pas mal d’émotions pendant les courses sur la ligne d’arrivée. Le reste du temps c’est un peu la fourmilière

Si tu devais refaire l’UTMB l’an prochain, tu changerais quoi dans ta propre organisation ?
Je commence à être rodé, faut surtout anticiper les déplacements, stationnement, restos ou autres.

La punchline finale : à qui tu dis merci, et à qui tu dis un peu « bon allez, ça suffit » ?
Merci pour tout Julian ! Et bon allez ça suffit les clones moustache + casquette + mulet.

MAXIME, 33 ANS, RESPONSABLE MARKETING, BIARRITZ.

En un mot ou une phrase, comment tu résumes ta semaine à Chamonix ?
Tu ne peux pas tout faire. Et tu passeras quand même la semaine à essayer.

Le moment le plus fort de ta semaine, sportif ou pas ?
L’arrivée de Blandine sur l’UTMB, sans hésiter. Et juste derrière : les rues de Saint-Gervais au passage des coureurs de l’UTMB. Il y avait un gamin en masque de ski, avec une enceinte lumineuse plus grosse que lui et un taux d’alcool déraisonnable, il mettait une ambiance de dingue.

Une innovation produit qui t’a marqué cette année ?
Déjà, voir Goldwin sur le village, c’est cool de voir des marques comme ça ici. Ils présentaient leur veste Voxeloft : une hardshell avec une isolation par l’air, gonflable/dégonflable. Un peu comme ce qu’avait fait Nike pour les JO de Milan-Cortina, mais en japonais et le prix aussi, dans un autre genre (presque 1000€).

L’activation de marque la plus réussie que t’as croisée, et celle que tu as trouvée éclatée ?
La meilleure : Vibram et leur stand de ressemelage. Ils le font depuis des années, mais je trouve toujours ça excellent, tu prolonges la vie d’une paire, c’est gratuit, il suffit de s’inscrire à l’avance. Une activation qui rend service au lieu de faire du bruit. Et je crois aussi que la marque fêtait cette année ses 20 ans de collaborations avec l’UTMB, ils sont là depuis la début. La plus éclatée : les milliers de casquettes Brooks distribuées à tous les coins de rue, à qui voulait bien tendre la main. La quantité plutôt que la qualité. Casquette moche au demeurant.

T’as capté un truc sur l’impact écologique de la course cette année, en bien ou en mal ?
Oui, et plutôt en bien. L’orga a serré la vis sur les activations de marques : règles strictes, notamment sur les goodies à usage unique et sur la réutilisabilité des stands et du branding, ou sur les community run (certains ont même été annulés par la mairie). Ça oblige tout le monde à réfléchir avant de commander dix mille objets en plastique (ce qui, visiblement, n’allait pas encore de soi). Sur l’empreinte carbone : les coureurs qui s’engagent à venir en mobilité douce ont 30 % de chances en plus d’être tirés au sort pour les finales. C’est malin, parce que le gros de l’impact n’est pas la course, c’est le trajet jusqu’à Chamonix.

La fameuse tension avec les locaux : t’en as ressenti quelque chose sur place, ou c’est surtout un sujet TF1/BFM ?
Les médias adorent les problèmes, un peu moins les solutions. C’est perfectible, évidemment, mais des choses se mettent en place. Sur le terrain : dans le centre de Chamonix, tu ne sens rien. Notre logement était excentré, et là oui, quelques habitants nous ont fait comprendre qu’on n’était pas franchement attendus. Ça reste minoritaire et honnêtement, quand tu vis là toute l’année et que ta vallée déborde d’un coup, la réaction se comprend.

Quelle est la marque que tu as trouvée incontournable cette année ?
Si on met de côté les mastodontes (Hoka, Nike, Asics), Kailas Fuga se fait une vraie place sur le trail, avec une présence athlètes qui ne trompe pas et j’ai vu beaucoup de gens porter les paires. Et Naak : présence de dingue, nouvelle identité très réussie, et une gamme enfin lisible. J’ai trouvé qu’aucune autre marque de nutrition n’avait vraiment réussi à sortir son épingle du jeu. Naak est partenaire principal de la course, ça aide forcément, mais ça ne fait pas tout. Et j’ai hâte de la sortie du gel Boost tomme de Savoie.

Du coup, comment décrirais-tu l’ambiance générale ?
Excellente, franchement. Même si tout le monde sait, au fond, que c’est disproportionné par rapport à ce que la vallée et les sentiers peuvent encaisser. Pour l’instant le fun prend le dessus sur la culpabilité mais personne ne pense sérieusement que ça durera éternellement.

Si tu devais refaire l’UTMB l’an prochain, tu changerais quoi dans ta propre organisation ?
Perso : ne pas être en prépa marathon, déjà. Manger des légumes. Passer plus de temps sur les sentiers, en dehors de Chamonix, pour encourager les coureurs et les coureuses. Surtout la nuit. Pro : faire moins, mais mieux (phrase de marketeur de merde, mais j’ai pas mieux). J’ai l’impression que c’est le constat de beaucoup de marques cette année (sauf Brooks), et du côté de l’orga aussi. Le business se fait toute l’année : profitons de la semaine de Chamonix pour raconter des histoires et proposer de vraies expériences de marque, plutôt que d’offrir une paire de chaussures pour l’achat d’une paire de chaussettes.

La punchline finale : à qui tu dis merci, et à qui tu dis un peu « bon allez, ça suffit » ?
Merci à Chamonix et à ses habitants y compris ceux qui nous ont gentiment invités à rentrer chez nous. Ils nous prêtent leur vallée une semaine par an, on peut bien leur pardonner ça. Et un « bon allez, ça suffit » aux visiteurs du village de marque qui demandent à chaque stand s’ils ont des goodies.

FLORIAN, 25 ANS, CHARGÉ DE MARKETING TERRAIN, PARIS.

En un mot ou une phrase, comment tu résumes ta semaine à Chamonix ?
La semaine du trail réunissant le monde du running au sens large.

Le moment le plus fort de ta semaine, sportif ou pas ?
La visibilité d »ACG toute la semaine.

Une innovation produit qui t’a marqué cette année (chaussure, gear, tech) ?
Pas vraiment un produit en particulier, plutôt deux marques : Wise et Fuga, que je trouve beaucoup plus visibles qu’avant.

L’activation de marque la plus réussie que t’as croisée, et celle que tu as trouvée éclatée ?
En terme de visibilité ACG encore car certains jours il n’y avait qu’eux, et l’event Merrell très cool dans l’esprit trail ! Côté « nul » c’est dur j’en ai pas trouvé mais plus des choses redondantes comme un social run parmi 500.

T’as capté un truc sur l’impact écologique de la course cette année, en bien ou en mal ?
Honnêtement non, c’est plus un prétexte je trouve pour faire du business comme augmenter le prix des navettes pour se déplacer alors que ça devrait être l’inverse…

La fameuse tension avec les locaux : t’en as ressenti quelque chose sur place, ou c’est surtout un sujet TF1/BFM ?
Rien ressenti, plus une fermeté de la part de la mairie avec la réduction des events, moins de visibilité ou des events en dehors du centre.

Quelle est la marque que tu as trouvée incontournable cette année ?
ACG et la visibilité des marques comme Fuga que j’avais quasiment jamais vues avant.

Du coup, comment décrirais-tu l’ambiance générale ?
La fashion week du trail dans une ambiance festive autour du sport.

Si tu devais refaire l’UTMB l’an prochain, tu changerais quoi dans ta propre organisation ?
La gestion des déplacements qui est compliquée mais difficile de faire mieux.

La punchline finale : à qui tu dis merci, et à qui tu dis un peu « bon allez, ça suffit » ?
Merci à tout l’écosystème de façon générale pour rendre cet event unique. Et plus « ça suffit » aux restrictions qui n’ont pas de sens juste dans le but de donner la prio à Hoka sur la ville….

AURORE, 25 ANS, JOURNALISTE SPORTIVE, PARIS.

⁠En un mot ou une phrase, comment tu résumes ta semaine à Chamonix ?
Une expérience riche et intense.

⁠Le moment le plus fort de ta semaine, sportif ou pas ?
J’ai deux moments forts : sur l’entourage, les copains et les encouragements sur la MCC, je n’avais jamais vécu ça, ça porte de fou et ça donne beaucoup d’émotions. Et suivre la tête de course féminine sur l’UTMB, notamment Blandine L’Hirondel, c’était à la fois impressionnant et hyper inspirant, j’ai l’impression d’avoir beaucoup appris en suivant cette athlète. J’ai vécu de l’intérieur un moment fort du sport.

⁠Une innovation produit qui t’a marqué cette année (chaussure, gear, tech) ?
Le sac Wise d’itinérance ! Je trouve ça dingue de pouvoir courir des kilomètres, partir plusieurs jours avec seulement un sac parfaitement ajusté, équilibré, permettant de vivre le trail différemment. C’est une nouvelle manière d’explorer.

L’activation de marque la plus réussie que t’as croisée, et celle que tu as trouvée éclatée ?
J’en ai pas fait à part la soirée Jolie Foulée du coup. Je suis juste passée au camp Asics, trop beau avec les tapis mais je n’ai rien d’autre à dire quoi !

T’as capté un truc sur l’impact écologique de la course cette année, en bien ou en mal ?
C’est difficile de faire un parallèle avec les autres années étant donné que je ne suis jamais venue, mais j’ai vraiment eu l’impression qu’ils ont essayé de réduire au maximum les voitures dans la vallée, de protéger davantage les espèces avec les frontales rouges, etc. En mal niveau impact écologique : la surconsommation.

La fameuse tension avec les locaux : t’en as ressenti quelque chose sur place, ou c’est surtout un sujet TF1/BFM ?
Moi je trouve les locaux très accueillants, ils font leur max pour que cette semaine se passe au mieux, mais je comprends que des fois ils puissent être tendus si on ne respecte pas leur territoire, ou qu’on leur manque de respect. Je pense qu’en majorité, ils n’apprécient pas l’UTMB, car il y a énormément de monde qui n’est pas forcément là pour l’amour de la montagne. Après, personnellement je pense que c’est donnant-donnant : si on les respecte ainsi que leur territoire, ils respectent ceux qui viennent, etc. Je pense que ce qui les dérange avant tout, c’est que ça peut donner l’image d’une sorte de Fashion Week, au-delà de juste une pure course de trail.

Quelle est la marque que tu as trouvée incontournable cette année ?
En termes de vêtement, je trouve Raide Research très qualitatif et surtout tout est adapté aux morphos, notamment leur ceinture femme/homme. Je ne dirais pas incontournables pour le moment car encore peu sur le devant de la scène, mais Kailas Fuga arrive en force sur le marché européen avec des vraies bonnes chaussures que je trouve très abouties.

Du coup, comment décrirais-tu l’ambiance générale ?
J’ai trouvé l’ambiance générale bonne, festive et respectueuse ! Parfois un peu too much sur le « toujours + des marques » mais au moins il y en a pour tout le monde. Notre-Dame-de-la-Gorge reste assez fou niveau ambiance quand les coureurs passent, je n’avais jamais vu ça.

⁠Si tu devais refaire l’UTMB l’an prochain, tu changerais quoi dans ta propre organisation ?
MOINS DE TRAVAIL, plus de montagne.

La punchline finale : à qui tu dis merci, et à qui tu dis un peu « bon allez, ça suffit » ?
Merci Jolie Foulée. Bon allez, ça suffit les fashions.

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